Rechercher
Rechercher

Société - Justice

Au tribunal, des officiers contestent toute implication de Fadl Chaker dans la bataille de Abra

L’avocate du chanteur salafiste ayant demandé l’audition d’autres témoins, le président du tribunal militaire a fixé la prochaine audience au 23 juin.

Au tribunal, des officiers contestent toute implication de Fadl Chaker dans la bataille de Abra

Le chanteur Fadl Chaker. Photo Instagram/@FadelChaker

Lors d’une audience tenue mardi par le tribunal militaire présidé par Wassim Fayad, trois anciens officiers de l’armée convoqués comme témoins ont affirmé que le chanteur converti au salafisme Fadl Chaker n’a joué aucun rôle dans les affrontements de Abra (près de Saïda, au Liban-Sud). En juin 2013, la bataille pour laquelle Ahmad el-Assir, cheikh et prédicateur salafiste, a été condamné à mort et purge une peine de prison, avait coûté la vie à 18 militaires et blessé des dizaines d’autres.

Condamné par contumace en 2020 pour avoir soutenu le cheikh Assir, Fadl Chaker s’était rendu, en octobre 2025, aux services de renseignements de l’armée à l’entrée du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, près de Saïda, où il vivait en cavale depuis douze ans.

Interrogé en février dernier par le tribunal militaire, le cheikh Assir a nié tout lien de M. Chaker avec ces événements sanglants.

Au début de l’audience, mardi, le crooner a été appelé à la barre avant que soient entendus successivement Ali Chahrour, chef du service des renseignements de l’armée au Liban-Sud à l’époque des faits, Mohammad Husseini, ancien chef du bureau de l’ex-commandant en chef de l’armée, Jean Kahwagi, et Mamdouh Saab, ex-chef du bureau de la sécurité de Saïda au sein du service des renseignements de l’armée au Liban-Sud. Vêtu d’un jeans bleu et d’une chemise blanche, M. Chaker portait des lunettes noires qu’il a retirées devant la Cour. Le regard droit, il a indiqué, d’une voix assurée, s’être réuni, « un mois avant la bataille de Abra », avec les généraux précités dans un restaurant qu’il possédait à Saïda. Selon lui, la rencontre visait un arrangement qui prévoyait la remise d’armes détenues par un groupe chargé de sa protection, dirigé par son neveu, Abdel Rahman Chmandar (tué lors de la bataille de Abra), et relevant d’Ahmad el-Assir. En échange de cette remise d’armes, l’accord stipulait une aide lui permettant de quitter le périmètre sécuritaire contrôlé par Ahmad el-Assir, à Abra, où il s’était réfugié quelques mois auparavant, après avoir subi « des provocations et des menaces de mort » dans la région où il résidait, à Haret Saïda. « Des dizaines d’éléments armés avaient investi ma villa, et j’avais appris que j’allais être la cible d’un attentat à la voiture piégée », a-t-il soutenu devant le tribunal, soulignant que son neveu lui avait proposé d’assurer sa protection. Fadl Chaker a ajouté que les événements de Abra ont interrompu l’exécution de cet accord.

« Pas de rôle militaire, sécuritaire ou financier »

Les déclarations du crooner ont paru concordantes avec celles des trois généraux précités, qui ont à tour de rôle confirmé qu’il avait l’intention de remettre ses armes et de quitter Abra.

Ali Chahrour a indiqué que, quelques jours après la réunion tenue avant les affrontements, M. Chaker avait remis des munitions, la remise des armes devant suivre avant que la bataille de Abra ne stoppe le processus. Il a aussi affirmé que M. Chaker ne jouait aucun rôle militaire ou sécuritaire dans ce groupe armé dirigé par Abdel Rahman Chmandar. Quant à un éventuel rôle financier, Ali Chahrour a reconnu avoir eu connaissance de rumeurs selon lesquelles le crooner a financé la formation d’Ahmad el-Assir, précisant toutefois qu’il ne détient aucune preuve à ce sujet. Interrogé par le procureur près le tribunal militaire, Nidal Chaër, sur un éventuel rôle de supervision ou de commandement durant les combats, Ali Chahrour a indiqué que M. Chaker s’était « caché » sous les escaliers de l’immeuble « Moustaqbal », dans le périmètre d’Assir, selon le témoignage d’une habitante.

Pour sa part, Mohammad Husseini a indiqué avoir été chargé par le commandant en chef de l’armée de l’époque, Jean Kahwagi, d’approcher Fadl Chaker pour le pousser à se désengager d’Ahmad el-Assir. Selon lui, M. Chaker aurait exprimé son intention de formaliser ce retrait dans la presse, mais la bataille l’en aurait empêché. M. Husseini a indiqué qu’en tout état de cause, des responsables militaires lui avaient affirmé que Fadl Chaker « n’a pas participé aux combats ».

Mamdouh Saab a confirmé ces éléments. Il a précisé que, bien que résidant dans le même périmètre qu’Assir, les deux hommes ne se parlaient pas. L’ex-responsable des renseignements de l’armée à Saïda a également indiqué que M. Chaker s’était caché pendant la bataille avant de sortir après sa fin, et échangeait peu avec le cheikh Assir, avec qui il était brouillé. Ce dernier a, lui, fui ensuite avec des combattants armés. M. Saab a également soutenu que Fadl Chaker ne finançait pas les activités militaires de la formation, attribuant ces financements à des bailleurs de fonds appartenant à Fateh el-islam, un groupe armé islamiste radical.

En fin de séance, l’avocate de l’ex-crooner, Amata Moubarak, a demandé un délai pour l’audition de nouveaux témoins. Le tribunal a fixé la prochaine audience au 23 juin.




Lors d’une audience tenue mardi par le tribunal militaire présidé par Wassim Fayad, trois anciens officiers de l’armée convoqués comme témoins ont affirmé que le chanteur converti au salafisme Fadl Chaker n’a joué aucun rôle dans les affrontements de Abra (près de Saïda, au Liban-Sud). En juin 2013, la bataille pour laquelle Ahmad el-Assir, cheikh et prédicateur salafiste, a été condamné à mort et purge une peine de prison, avait coûté la vie à 18 militaires et blessé des dizaines d’autres.Condamné par contumace en 2020 pour avoir soutenu le cheikh Assir, Fadl Chaker s’était rendu, en octobre 2025, aux services de renseignements de l’armée à l’entrée du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, près de Saïda, où il vivait en cavale depuis douze ans.Interrogé en février dernier par le...
commentaires (2)

En ce temps là, l’extrémisme sectaire était un monopole , uniquement réservé à la milice des barbus. Pour éviter tous nos maux, on devrait être tous contre les extrémismes sectaires, et tous ceux qui les pratiquent doivent être dûrement sanctionnés. Mais tous… pas seulement au choix.

NG

06 h 17, le 28 mai 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • En ce temps là, l’extrémisme sectaire était un monopole , uniquement réservé à la milice des barbus. Pour éviter tous nos maux, on devrait être tous contre les extrémismes sectaires, et tous ceux qui les pratiquent doivent être dûrement sanctionnés. Mais tous… pas seulement au choix.

    NG

    06 h 17, le 28 mai 2026

  • Toute l'affaire Ahmad al Assir pue la mise en scene et la provocation. Il est bien dommage que la justice et l'armee se pretent a cette mascarade qui a quand meme coute la vie a de courageux soldats de l'armee nationale.

    Michel Trad

    00 h 02, le 28 mai 2026

Retour en haut