Un manifestant brandit une photo du cheikh Ahmad el-Assir, le 10 février 2026, au Liban-Nord. Photo relayée par Michel Hallak
Le tribunal militaire, présidé par le juge Wassim Fayad, a entendu jeudi l’ancien chef islamiste Ahmad Assir comme témoin dans l’affaire des affrontements entre islamistes et l'armée libanaise à Abra (caza de Saïda) en 2013, qui avaient fait 29 morts, dont 18 soldats. Déjà condamné à mort dans cette affaire, il a été entendu en tant que témoin et affirmé que le chanteur libanais Fadl Chaker, converti au salafisme, n’avait « aucun lien avec les événements de Abra » et ne faisait « pas partie des brigades » qu’il dirigeait.
La séance s’est déroulée à huis clos, à la demande de l’avocate de Fadl Chaker, Me Amata Moubarak, alors que les audiences du tribunal militaire sont normalement publiques. L'avocat du cheikh Assir n'a pas assisté à l'audition vu son statut de témoin.
Fadl Chaker, disciple d’Assir, avait été condamné par contumace en 2020 à 22 ans de prison pour avoir soutenu et financé le groupe du prédicateur. Il s’était rendu aux autorités le 5 octobre 2025, après avoir été en cavale dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, au Liban-Sud. Selon des informations de presse, l’avocate de Fadl Chaker compte déposer une demande de libération pour son client.
Assir, emprisonné et condamné à mort, a profité de l'audience pour dénoncer ce qu’il considère comme une injustice, estimant avoir été condamné à l’époque alors que le tribunal militaire « recevait les ordres de l’Iran et du Hezbollah ».
L’audience a été reportée au 24 mars.


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