Une femme en pleurs sur une tombe d'un membre du Hezbollah, dans un cimetière temporaire à Choueifate, au sud de Beyrouth, le 29 mars 2026. Photo d'archives Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Après l’arrêt de la guerre avec Israël, le Hezbollah a entamé des opérations de recherche des dépouilles de ses combattants dans les zones les plus touchées, ont affirmé à L'Orient-Le Jour deux sources affiliées au parti chiite. En raison du retard pris pour les récupérer, notamment dans les zones massivement bombardées ou occupées par l'armée israélienne, les corps se sont désagrégés, ce qui a compliqué leur identification. Le parti a donc lancé, « il y a quelque temps », une vaste opération de reconnaissance des dépouilles via des tests ADN, sans toutefois préciser leur nombre et celui des tests déjà réalisés.
« C'est une procédure routinière. Israël a eu recours à des armes très puissantes. Lorsque les habitants sont rentrés dans leurs villages après la guerre, ils n’ont pas reconnu certains corps. Certaines dépouilles ont été retrouvées complètement décomposées. Des tests ADN sont donc menés afin d'identifier les personnes avant les funérailles », explique à notre publication un porte-parole du Hezbollah. Il précise également que les corps qui « ne sont pas très abîmés » ne font pas l'objet de ces tests.
Accès aux régions bombardées
Une source au sein du Comité sanitaire islamique, affilié au Hezbollah, confirme que les opérations de récupération et d’identification des corps sont en cours. « Avec l'arrêt de la guerre, nous avons pu accéder à des régions auxquelles nous n'avions pas accès en raison des bombardements israéliens, comme Nabatiyé et ses environs, Mayfadoun ou encore Choukine (Nabatiyé). Nous déblayons les routes et retirons les dépouilles », explique-t-elle en soulignant que ces opérations sont menées avec plusieurs laboratoires, en coordination avec le ministère de la Santé. Selon cette source, les analyses ADN sont réalisées lorsque l'état des dépouilles ne permet pas une identification visuelle avant leur restitution aux familles et leur inhumation.
Contacté par L'Orient-Le Jour, le ministère de la Santé n'était pas joignable dans l'immédiat.
Les opérations d'identification s'inscrivent dans la poursuite des recherches menées depuis l'entrée en vigueur du cessez-le feu avec Israël, qui continue cependant de le violer au quotidien. Au cours des derniers jours, le Hezbollah a enterré chaque jour des dizaines de ses miliciens.
Ce n’est pas première fois que le Hezbollah recourt à des tests ADN. Après la guerre de 2024 contre Israël, le parti chiite avait lancé une vaste opération de récupération et d'identification des dépouilles de ses membres. Faute d'accès à de nombreuses zones bombardées pendant les combats, de nombreux corps étaient restés sous les décombres pendant des semaines, rendant leur identification impossible sans analyses génétiques. Plus d'un millier de tests ADN avaient ainsi été réalisés afin d'identifier les corps ou les restes humains retrouvés, selon le quotidien al-Akhbar.



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18 h 23, le 09 juillet 2026