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Politique - Justice

Affaire Abou Omar : procès reporté sur fond de pourvoi en cassation et de demande de remise en liberté

Les audiences de la cour criminelle de Beyrouth reprendront après le prononcé des décisions sur les deux recours.

Affaire Abou Omar : procès reporté sur fond de pourvoi en cassation et de demande de remise en liberté

Le cheikh Khaldoun Oraymet accueillant des visiteurs chez lui, au Akkar, le 21 décembre 2025. Photo avec l’aimable autorisation de Michel Hallak

La cour criminelle de Beyrouth, présidée par Bilal Dennaoui, a reporté sine die l’audience dans l’affaire dite Abou Omar, qui était prévue mercredi. Le juge Dennaoui a en effet demandé au service de l’armée chargé de conduire les prévenus jusqu’au Palais de justice de ne pas les y transférer. Sont concernés Moustapha Hessiane, alias Abou Omar, un garagiste du Akkar (Liban-Nord) qui se serait fait passer pour un membre de la cour royale d’Arabie saoudite auprès de personnalités politiques et d’hommes d’affaires libanais, et Khaled Oraymet, un cheikh sunnite qui aurait joué un rôle-clé en facilitant les contacts entre l’imposteur et ses victimes présumées. Abou Omar et le cheikh Oraymet sont détenus depuis décembre dernier, tandis qu’un autre cheikh sunnite, Khaled Sabsabi, accusé de faux témoignage, a été maintenu libre sous caution d’élection de domicile. Il aurait affirmé devant le parquet avoir lui-même présenté « Abou Omar » au cheikh Oraymet, avant de se rétracter en expliquant qu’il voulait protéger ce dernier et éviter que la justice lui impute l’escroquerie dont il est accusé.

Le report de cette audience est motivé par le fait que la cour criminelle a dû transmettre le dossier à la chambre de la Cour de cassation présidée par Souheir Haraké. Ce transfert a eu lieu à la suite d’un pourvoi formé il y a quelques jours par le cheikh Sabsabi contre l’acte d’accusation prononcé, à son encontre en mai dernier, par la chambre d’accusation présidée par Kamal Nassar. Celle-ci avait renvoyé le cheikh Sabsabi devant la cour criminelle pour « faux témoignage », dans ce qu’elle avait décrit comme le « crime d’exposer le Liban au risque d’actes hostiles, troublant ses relations avec un État étranger », en l’occurrence l’Arabie saoudite. Cette accusation avait été prise à la majorité des membres, le juge Nassar s’étant démarqué de ses deux assesseurs, car il considérait que les relations entre le Liban et l’Arabie saoudite n’avaient subi aucune atteinte et que, par conséquent, les éléments constitutifs de l’infraction de faux témoignage n’étaient pas réunis en l’espèce.

Selon une source judiciaire interrogée par L’Orient-Le Jour, la Cour de cassation n’a pas encore statué sur le pourvoi du cheikh Sabsabi. Entre-temps, le cheikh Oraymet a présenté une demande de remise en liberté au parquet, qui l’a rejetée. Sachant que c’est à la cour criminelle de trancher cette requête, le dossier lui a été retourné provisoirement. D’après nos informations, celle-ci devrait se prononcer la semaine prochaine, avant de renvoyer le dossier à la Cour de cassation. Il appartiendra alors à cette dernière de se prononcer sur le pourvoi du cheikh Sabsabi, en décidant s’il y a lieu ou non de retenir contre lui le chef de faux témoignage. Ce n’est qu’une fois cette décision rendue que le dossier reviendra devant la cour criminelle, qui pourra tenir des audiences consacrées, notamment, à l’audition des témoins et aux plaidoiries des avocats de la défense.

La cour criminelle de Beyrouth, présidée par Bilal Dennaoui, a reporté sine die l’audience dans l’affaire dite Abou Omar, qui était prévue mercredi. Le juge Dennaoui a en effet demandé au service de l’armée chargé de conduire les prévenus jusqu’au Palais de justice de ne pas les y transférer. Sont concernés Moustapha Hessiane, alias Abou Omar, un garagiste du Akkar (Liban-Nord) qui se serait fait passer pour un membre de la cour royale d’Arabie saoudite auprès de personnalités politiques et d’hommes d’affaires libanais, et Khaled Oraymet, un cheikh sunnite qui aurait joué un rôle-clé en facilitant les contacts entre l’imposteur et ses victimes présumées. Abou Omar et le cheikh Oraymet sont détenus depuis décembre dernier, tandis qu’un autre cheikh sunnite, Khaled Sabsabi, accusé de faux témoignage,...
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