La zone portuaire de Beyrouth, qui porte encore les stigmates de l’explosion du 4 août 2020, le 6 mai 2026. Photo Philippe HAGE BOUTROS / L’Orient-Le Jour
L’indice des directeurs d’achats (PMI), qui mesure le moral du secteur privé libanais, avait logiquement accusé le coup en mars en descendant pour la première fois depuis plusieurs mois sous les 50 points, seuil d’équilibre entre les valeurs qui reflètent une hausse de l’activité et celles qui traduisent au contraire une baisse. Une baisse imputée à la guerre que se livrent depuis le 2 mars le Hezbollah et Israël, et qui a été marquée à la mi-avril par un cessez-le-feu temporaire devant ouvrir la voie à une résolution plus large mais aussi très incertaine du conflit, qui évolue en parallèle de celui déclenché par Israël et les États-Unis contre l’Iran.
Mais au lieu de poursuivre son effondrement, cet indicateur, publié chaque début de mois par Blominvest Bank, a repris quelques dixièmes en avril, passant ainsi de 47,4 à 48,2 points, reflétant ainsi une contraction de l’activité moins prononcée qu’attendu, alors que les entreprises libanaises subissent en plus le contrecoup de la guerre régionale sur leurs exportations — un point soulevé fin avril par l'association des industriels libanais.
Selon les résultats de l’indice mis en avant par le directeur général de Blominvest Bank, Fadi Osseiran, le sous-indice mesurant les nouvelles commandes à l’exportation a atteint son plus bas niveau en six ans, à 30 points.
« La guerre au Liban est généralement suffisamment grave pour faire entrer l’indice PMI du Liban (BLOM) en zone de contraction. Alors que dire lorsqu’elle est couplée à une guerre dans la région ? » a-t-il encore commenté dans le communiqué publié avec le rapport du PMI d’avril. Il souligne cependant que le mois a été en partie sauvé par « une reprise partielle des commandes dans le pays, qui ont compensé une partie de la baisse et qui ont été soutenues par une légère respiration de l’économie en avril en raison du cessez-le-feu (bien qu’incomplet) ». Ainsi, « le rythme de contraction de la production a été moins prononcé », a-t-il constaté.
Le sous-indice mesurant la production a en effet repris quelques points, passant de 44,9 à 47,4 points. Celui des nouvelles commandes a suivi une trajectoire similaire, de 44,9 à 46,5 points, tandis que celui des nouvelles commandes à l’exportation a décroché de plus de 10 points, de 41,8 à 30 points. Il n’est pour l’instant pas possible de mesurer l’ampleur du recul, le site des douanes n’ayant pour l’instant publié que les données des deux premiers mois sur son site.
« Mais si la guerre se prolonge, son impact risque malheureusement de s’aggraver : la contraction de la production se traduira par des réductions importantes de l’emploi (le sous-indice correspondant est passé de 49,9 à 49,6 points entre mars et avril- et une hausse encore plus forte des prix (+17,26 % en rythme annuel à fin mars, selon l'Administration centrale des statistiques, Ndlr). C’est pourquoi l’arrêt de la guerre et la neutralisation du pays par rapport aux tensions régionales constituent une nécessité », a encore plaidé Fadi Osseiran.
Symbole du pessimisme ambiant, le sous-indice mesurant les attentes sur les 12 prochains mois a continué de s'effondrer, passant de 25,2 à 19,22 points en un mois.
Le PMI est réalisé via des enquêtes auprès des directeurs d’achat de 400 entreprises locales. Un PMI en dessous de 50 points reflète une contraction de l’activité et, inversement, un PMI supérieur à 50 points traduit une expansion. Plus la valeur du PMI augmente ou diminue d’un mois sur l’autre, plus la croissance ou la contraction qu’il reflète est forte.
Plusieurs économistes estiment déjà que la guerre devrait contracter le PIB dans une fourchette allant de 12 % à 16 % de pourcentage, un pronostic partagé par l’Institut de la finance internationale.



Je ne sais pas comment l'indice est calculé : Demandes de pricing (quote)?, Commandes réelles (PO)? et quid des payements?
11 h 46, le 07 mai 2026