La zone industrielles de Kfarchima le 11 mars 2026. Phjoto d'illustration Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient-Le Jour
Le président de l’Association des industriels libanais (AIL), Salim Zeenny, a alerté mardi sur la triple pression subie par le secteur dans le contexte de la guerre régionale que se livrent l’Iran et les États-Unis, avec leurs alliés et proxys, notamment Israël et le Hezbollah.
Faisant état de pertes « liées à la guerre menée par Israël, ainsi qu’au recul de la consommation locale et des exportations », l’association affirme que les industriels « ne sont plus en mesure d'endurer de nouvelles charges, dans un contexte où l’État recourt de plus en plus à l’imposition de taxes pour financer ses dépenses ».
Selon l’Association, « le nombre d’usines totalement détruites pendant la guerre reste limité, tandis que la majorité des dégâts concerne des dommages partiels ou des fermetures forcées ». Elle ajoute qu’il reste « difficile d’évaluer précisément les pertes financières, qui incluent la hausse des coûts de l’énergie, l’augmentation des frais de transport et la flambée des prix des matières premières ». L’AIL précise aussi que les exportations industrielles vers les pays du Golfe, « principal marché d’exportation du Liban et qui compensaient traditionnellement la baisse de la demande intérieure, sont quasiment à l’arrêt ».
L’AIL conteste notamment le maintien en l’état des taxes supplémentaires mises en place par le gouvernement en février dernier pour financer les augmentations accordées aux fonctionnaires. Ces mesures incluent des droits d’accises équivalant à 3,5 dollars sur les carburants, une majoration d'un point de la TVA — qui doit être votée pour être applicable — et l’ajout de taxes sur les conteneurs entrant au port.
Or, la semaine dernière, le ministre des Finances Yassine Jaber a d’abord déclaré au quotidien al-Akhbar qu’il était favorable à un gel de cette augmentation avant de nuancer ses propos dimanche, après une levée de boucliers des syndicats. Il a affirmé que l’État « a pris une décision claire et responsable : assurer la continuité des services publics et des infrastructures essentielles, tout en préservant intégralement les droits des salariés du secteur public ».
Il avait également déclaré, selon les propos rapportés par son service de presse, que « le ministère des Finances travaille à gérer cette phase difficile avec une logique d’État soucieuse de la bonne gestion des finances publiques, et non dans une logique de réactions émotionnelles », soulignant que « la véritable responsabilité ne consiste pas à prendre la décision la plus facile et la moins réfléchie, mais celle qui garantit la stabilité économique et sociale ».
L’AIL a averti de son côté que « le secteur industriel ne peut plus endurer l’accumulation des charges dans un contexte de recours répété à la fiscalité pour financer les dépenses publiques », soulignant qu’il fournit des emplois à quelque 250 000 familles.



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