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Économie - guerre au liban 2026

L'Institut de la finance internationale voit le PIB libanais s'effondrer de façon spectaculaire en 2026

« Malgré ces défis, le Liban conserve certaines moteurs de résilience », soulignent néanmoins les auteurs du rapport.

L'Institut de la finance internationale voit le PIB libanais s'effondrer de façon spectaculaire en 2026

Des clients dans un café de Hamra à Beyrouth, le 28 mars 2026. Photo d'illustration Ségolène Ragu/L'Orient-Le Jour

La facture de la guerre entre Israël et le Hezbollah qui a repris dans le sillage du conflit régional opposant Washington et Tel Aviv à Téhéran devrait être tellement lourde pour une économie libanaise qui avançait au ralenti depuis six ans qu’elle pourrait réduire le PIB du pays dans des proportions allant de 12 % à 16 %, selon un nouveau rapport dirigé par l’économiste en chef de l’Institute of International Finance (IIF) pour la zone MENA, Garbis Iradian. L’IIF est une association internationale regroupant de grands acteurs financiers mondiaux.

« La fourchette donnée dépend de la durée du conflit », précisent les auteurs du rapport, sans livrer de scénarios précis pour l’une des premières projections macroéconomiques publiées par une organisation internationale depuis le début du conflit, fin février.

Cette dégringolade serait la plus importante depuis 2020, année où l’économie libanaise s’était contractée de près de 25 % dans le sillage de la crise financière de 2019, qui avait également contribué à la paralysie du secteur bancaire, au gel de dizaines de milliards de dollars de dépôts et au défaut de paiement d’une ardoise tout aussi salée contractée par le gouvernement libanais par ses obligations en dollars, les Eurobonds.

La chute est d’autant plus brutale que l'IIF ou même la Banque mondiale voyaient le Liban enregistrer une croissance assez significative en 2025. L’estimation officielle la plus récente du PIB a été publiée l’année dernière par la Banque du Liban et table sur 28 milliards de dollars en 2024 – celle de 2025 était attendue en ce début d’année avant que la guerre n’éclate.

La fonte des revenus du tourisme est citée comme l’un des facteurs les plus importants de ce déclin, devant les secteurs productifs et leur capacité à exporter — bien que l’Association des industriels libanais ait assuré mardi que le secteur fonctionnait « avec une grande efficience » malgré la guerre et la hausse des coûts de l’énergie, et qu’il continue d’alimenter le marché libanais.

Le secteur agricole doit composer avec le fait que plus d’un cinquième des surfaces cultivées a été endommagé par les bombardements israéliens — dont certains ont délibérément visé à détruire des champs —, selon un récent rapport officiel. Tous les secteurs productifs sont également affectés par la mobilité réduite de la main-d’œuvre, note le rapport de l’IIF. Ses auteurs soulignent également les dommages importants sur les infrastructures, alors que le Liban avait déjà besoin d’au moins 12 milliards de dollars pour financer la reconstruction après la précédente guerre, qui a pris fin avec le cessez-le-feu fragile de novembre 2024.

Le rapport met également en avant une amplification du choc en raison des conséquences sociales et sectorielles, citant « le déplacement de plus d’un million de personnes, qui accroît la pression sur le logement, les services publics et le marché du travail, aggravant les vulnérabilités existantes ». Il souligne ensuite le risque de hausse du déficit de la balance courante du pays — la différence entre les revenus et les dépenses avec l’étranger — qui devrait passer de 14 % en 2025 à 17 % en 2026, notamment sous l'effet de la hausse des prix du carburant. Il juge aussi que les transferts de la diaspora ne suffiront pas à eux seuls à combler le vide, surtout qu'une partie des expatriés réside dans le Golfe et est directement affectée par le conflit régional.

Sur le plan budgétaire, les revenus du gouvernement se retrouveront amputés d’un manque à gagner conséquent, tandis que la récente baisse des cours de l’or « a mis en évidence les vulnérabilités du bilan de la banque centrale ». Une baisse du prix de l’or — passant d’environ 5 300 à 4 400 dollars l’once — a entraîné une perte de valorisation estimée à 8 milliards de dollars, affaiblissant les réserves financières de la Banque du Liban, estime encore l'IIF.

« Malgré ces défis, le Liban conserve certains moteurs de résilience », soulignent néanmoins les auteurs du rapport. « Les transferts de fonds de la diaspora continuent de constituer un tampon extérieur crucial (même s'ils ont diminué, NDLR) et le secteur privé a démontré sa capacité à s’adapter à des chocs répétés », enchaînent-ils. « Si le conflit reste de courte durée, les activités de reconstruction et une normalisation partielle pourraient soutenir une reprise économique partielle en 2027 et 2028, la vigueur de cette reprise dépendant de la reconstruction et du financement de la communauté internationale. Cependant, la possibilité d’une présence militaire israélienne prolongée dans une partie du Liban-Sud « représente un risque négatif important ».

L'ampleur du choc attendu

Le rapport relève en outre que les prix des Eurobonds n'ont que légèrement diminué, « passant d’un pic de 32 cents pour un dollar avant la guerre à 26 cents pour un dollar au 27 mars 2026 ». « Cela reflète les attentes selon lesquelles le conflit restera contenu et que les valeurs de reprise à long terme — liées à la restructuration et au soutien extérieur — détermineront finalement les résultats », analysent Garbis Iradian et son équipe.

Sur le plan politique, les auteurs du rapport anticipent que « le paysage politique du Liban après la guerre restera fragile mais contenu », et que le Hezbollah — soutenu par l’Iran — devrait conserver une influence significative, en particulier au sein de la communauté chiite, et rester central pour la sécurité et la gouvernance.

Il est difficile de quantifier le montant exact du PIB libanais, étant donné que l’administration centrale des statistiques n’a pas encore mis ses données à jour et doit même réviser une partie de ses anciennes données, selon nos informations. Mais le déclin anticipé par l’IIF, qui emploie des méthodologies de calcul cohérentes depuis plusieurs années et restait généralement proche des estimations faites par d’autres organisations internationales avant 2019, donne malgré tout une idée de l’ampleur du choc attendu.

La facture de la guerre entre Israël et le Hezbollah qui a repris dans le sillage du conflit régional opposant Washington et Tel Aviv à Téhéran devrait être tellement lourde pour une économie libanaise qui avançait au ralenti depuis six ans qu’elle pourrait réduire le PIB du pays dans des proportions allant de 12 % à 16 %, selon un nouveau rapport dirigé par l’économiste en chef de l’Institute of International Finance (IIF) pour la zone MENA, Garbis Iradian. L’IIF est une association internationale regroupant de grands acteurs financiers mondiaux.« La fourchette donnée dépend de la durée du conflit », précisent les auteurs du rapport, sans livrer de scénarios précis pour l’une des premières projections macroéconomiques publiées par une organisation internationale depuis le début du conflit, fin...
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TIENS TIENS ! on ne s'y attendrait pas !!!!

L’acidulé

11 h 02, le 01 avril 2026

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Commentaires (1)

  • TIENS TIENS ! on ne s'y attendrait pas !!!!

    L’acidulé

    11 h 02, le 01 avril 2026

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