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Nos lecteurs ont la parole

Depuis ma chambre, mon pays brûle

L’homme est une espèce perdue, égoïste. La guerre au Liban éclate au début du mois de mars de l’année 2026. Comment puis-je poursuivre une vie normale alors que mon Liban crie à l’aide ? Mon pays souffre, son peuple souffre.

Ce Liban, riche d’histoire, de cultures et de beaux paysages, saigne.

Quant à moi, assis paisiblement dans ma chambre, je ne fais qu’écouter de la musique, étouffant ainsi le bruit sourd des avions de guerre, tout en essayant de me préoccuper de mes examens, de mon futur.

Lors des bruits indescriptibles des bombes, j’essaie de redonner le sourire à ma mère, anxieuse et en pleurs, malgré l’angoisse que j’enfouis également dans mon cœur.

C’est peut-être cela la nature humaine d’un Libanais : une résilience comique et parfois presque ironique.

Et c’est ainsi que, comme des poupées russes, la vie se dés-emboîte.

L’homme, pensant être le centre du monde, la première poupée, essaie de contrôler sa vie en vain, sans savoir que le jour vient où, submergé par une ombre effrayante, il est englouti, réduit au silence, invisible, fébrile, sans aucune possibilité de maîtriser son propre destin. À une période où les astronautes de la mission Artemis II découvrent le côté caché de la Lune.

À voir les images de notre Terre, ce point bleuâtre situé au milieu du néant, je ne peux que me rappeler l’importance de l’existence humaine.

L’improbabilité divine de la vie dans ce jardin suspendu, illuminé par le sourire nocturne de son astre lunaire, que nous ne connaissions jusqu’à présent que de face.

Je contemple cette tache bleue rayonnante dans l’Univers et, en la regardant d’aussi loin, ma propre situation me semble soudainement insignifiante.

Comment peut-on oublier l’importance de l’existence humaine ?

Comme une goutte d’eau dans un océan, comment pouvons-nous oublier que nous faisons tous partie de la même Terre ? Certes, diverse en langues, en cultures, en couleurs de peau et en religions, mais autrefois berceau d’une seule masse rocheuse que l’on appelle la Pangée.

L’homme est un être perdu, égoïste qui se croit au centre du monde, oubliant qu’il n’est lui-même qu’une fraction de vie dans le vide, entouré d’un système planétaire complexe et d’un univers inconnu à l’œil humain.

Il est temps qu’il apprenne à célébrer la vie plutôt qu’à prendre victoire sur la mort des autres.

Il est temps que l’homme redescende sur terre et réalise la chance qu’il a de vivre… là même où il oublie qu’il existe déjà.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

L’homme est une espèce perdue, égoïste. La guerre au Liban éclate au début du mois de mars de l’année 2026. Comment puis-je poursuivre une vie normale alors que mon Liban crie à l’aide ? Mon pays souffre, son peuple souffre.Ce Liban, riche d’histoire, de cultures et de beaux paysages, saigne.Quant à moi, assis paisiblement dans ma chambre, je ne fais qu’écouter de la musique, étouffant ainsi le bruit sourd des avions de guerre, tout en essayant de me préoccuper de mes examens, de mon futur.Lors des bruits indescriptibles des bombes, j’essaie de redonner le sourire à ma mère, anxieuse et en pleurs, malgré l’angoisse que j’enfouis également dans mon cœur.C’est peut-être cela la nature humaine d’un Libanais : une résilience comique et parfois presque ironique.Et c’est ainsi que, comme des...
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