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Politique - cessez le feu au liban 2026

La journaliste Amal Khalil tuée dans une frappe israélienne au Liban-Sud

Sa collègue Zeinab Faraj a été blessée et hospitalisée.

La journaliste Amal Khalil tuée dans une frappe israélienne au Liban-Sud

Amal Khalil, journaliste d'al-Akhbar, tuée à Tiri, le 22 avril 2026, dans une frappe israélienne. Photo diffusée sur les réseaux sociaux,

À 23h18, heure de Beyrouth, le quotidien al-Akhbar l’a annoncé : « Décès de notre collègue Amal Khalil ». La journaliste se trouvait à Tiri, dans le caza de Bint Jbeil, au Liban-Sud, lorsqu’une frappe israélienne a eu lieu dans l’après-midi, suivie d’une seconde, qui l’a ensevelie sous les décombres d’une maison. Ce n’est qu’après de longues heures que les secours ont fini par extraire sa dépouille.

Durant la journée de mercredi, malgré la trêve que Beyrouth devrait demander de prolonger d’un mois jeudi, l’armée israélienne a mené plusieurs attaques meurtrières au Liban-Sud, tout en poursuivant ses opérations de démolition dans la zone frontalière qu’elle cherche à transformer en « zone tampon ». Amal Khalil couvrait le conflit à Tiri avec sa collègue photographe Zeinab Faraj lorsqu’elles ont été prises au piège sous les bombardements israéliens.

Après une frappe ayant visé un véhicule et fait deux morts, Amal Khalil et Zeinab Faraj n’ont pas pu être évacuées. Dans la foulée, l’armée israélienne a interdit l’accès de la zone aux ambulances, à la Croix-Rouge et à l’armée libanaise. Les deux journalistes ont assisté à plusieurs tentatives de secours successives. Une première équipe de la Croix-Rouge a pu récupérer les corps des victimes. Une seconde tentative d’évacuation des journalistes a ensuite été interrompue par une frappe de drone israélien.

L’armée israélienne a « poursuivi » les deux journalistes

Selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, Zeinab Faraj a été légèrement blessée à la tête et souffre d’une fracture à la jambe. Le véhicule de la Croix-Rouge qui la transportait vers l’hôpital public de Tebnine, où elle a été admise au bloc opératoire, a été visé par des tirs israéliens, des impacts de balles étant visibles, selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). La Croix-Rouge est ensuite revenue sur les lieux, accompagnée d’une pelleteuse, pour déblayer les décombres et extraire la dépouille d’Amal Khalil.

Dans un communiqué, le ministère libanais de la Santé a affirmé que l’armée israélienne a « poursuivi » les deux journalistes après la première frappe, en visant la maison où elles s’étaient réfugiées. Il a également accusé Israël d’avoir entravé la mission de la Croix-Rouge, en lançant « une grenade assourdissante sur l’ambulance et en la prenant pour cible par des tirs », empêchant ainsi l’extraction d’Amal Khalil. Le ministère a appelé les « instances onusiennes et internationales à mettre fin à cette violation inhumaine par l’ennemi israélien, qui devra tôt ou tard rendre des comptes ».

L'armée israélienne a de son côté affirmé avoir frappé dans le secteur de Tiri un véhicule quittant une « structure militaire » du Hezbollah, « après avoir identifié des individus violant les arrangements de cessez-le-feu », puis avoir frappé la « structure ». La porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Ella Waweya, a affirmé que l’armée de l’air a « frappé l’un des véhicules, puis un bâtiment où les individus s’étaient réfugiés ». Elle a aussi souligné que « l’armée israélienne ne cible pas les journalistes » et cherche à « réduire autant que possible tout dommage à leur encontre, tout en assurant la sécurité de ses forces ».

Menacée de mort en 2024

Sur le plan politique, les autorités libanaises ont multiplié les contacts. Le président Joseph Aoun a suivi le dossier et a demandé la mobilisation de la Croix-Rouge en coordination avec l’armée et la Finul, appelant à la protection des journalistes. Le Premier ministre Nawaf Salam s’est entretenu avec le commandement de la Finul, tandis que le ministre de l’Information, Paul Morcos, a évoqué des « contacts intensifs et urgents ». Le Syndicat de la presse libanaise a dénoncé une « violation flagrante du droit international » et une tentative d’intimidation des médias. De son côté, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) s’est dit « indigné » et a rappelé que la journaliste Amal Khalil avait reçu en septembre 2024 une menace de mort attribuée à l’armée israélienne, « ce qui soulève de sérieuses préoccupations quant à un possible ciblage délibéré ». En effet, elle avait révélé à l'époque, avoir « reçu une menace de mort israélienne, l'avertissant de quitter le sud et menaçant de détruire sa maison et de la décapiter ».

Après l'annonce de la mort de la journaliste, le ministre libanais de l'Information, Paul Morcos, a fait part sur X de sa « profonde tristesse », affirmant qu'elle a été « prise pour cible par l’armée israélienne alors qu'elle accomplissait son devoir professionnel ». « Le ciblage des journalistes est un crime grave et une violation flagrante du droit international humanitaire, face auxquels nous ne resterons pas silencieux », a-t-il ajouté, à la veille de la nouvelle session de discussions prévue entre les deux pays, au niveau des ambassadeurs sous l'égide des Etats-Unis.

Adhérer au Statut de Rome

« Aujourd’hui, je suis devenue orpheline… depuis ce matin tu n’as fait que t’inquiéter pour moi, tu me disais que tu avais peur pour moi. Lors de notre dernier appel depuis Tiri, tu m’as dit que tu allais bien… mais maintenant, plus aucun de nous ne va bien… plus aucun », a réagi sur les réseaux sociaux la journaliste Carmen Joukhadar. Le 13 octobre 2023, une frappe aux abords du village d’Alma el-Chaab avait tué le vidéaste de l’agence Reuters Issam Abdallah et blessé six autres reporters, dont Carmen Joukhadar. Des enquêtes indépendantes, dont l’une menée par l’AFP, ont conclu à l’utilisation d’un obus de char de 120 mm d’origine israélienne. Israël a démenti avoir visé des journalistes.

La députée Paula Yacoubian a, elle, dénoncé sur X un « crime de guerre » et appelé le Liban à adhérer au Statut de Rome. « Le ciblage de la journaliste Amal Khalil est un crime de guerre qui s’ajoute au lourd bilan d’Israël en matière de mise à mort de journalistes », a-t-elle écrit. Elle a rappelé avoir réclamé l’adhésion du Liban au Statut de Rome et la reconnaissance de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) : « Depuis des semaines, nous demandons une décision immédiate. Aujourd’hui, le même sang coule à nouveau sans aucune reddition de comptes. Jusqu’à quand ? » « Tout retard dans cette décision revient à consolider l’impunité. L’urgence est claire : adhérer au Statut de Rome et permettre à la Cour d’examiner les crimes commis depuis 2002 jusqu’à aujourd’hui », poursuit-elle.

Le Liban et Israël n’ont pas adhéré à la CPI créée en 2002 par le Statut de Rome (contrairement à l’Autorité palestinienne, qui y a adhéré en 2015, NDLR). En l’absence d’adhésion, le procureur de la CPI ne peut pas ouvrir d’enquête pouvant conduire à des poursuites ou à l’émission de mandats d’arrêt. En revanche, le gouvernement libanais peut mettre en place une commission chargée de recenser les violations graves, comme il l’a fait lors de la guerre de 2024, en vue de documenter les faits et d’établir des rapports.

Une trêve de dix jours, qui expire dimanche, est entrée en vigueur le 17 avril après une première rencontre entre les ambassadeurs du Liban et d’Israël, deux pays toujours en état de guerre. Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans le conflit régional aux côtés de l’Iran le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, s’oppose à ces discussions. Depuis cette date, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 2.454 morts et plus d’un million de déplacés, selon le dernier bilan officiel.

À 23h18, heure de Beyrouth, le quotidien al-Akhbar l’a annoncé : « Décès de notre collègue Amal Khalil ». La journaliste se trouvait à Tiri, dans le caza de Bint Jbeil, au Liban-Sud, lorsqu’une frappe israélienne a eu lieu dans l’après-midi, suivie d’une seconde, qui l’a ensevelie sous les décombres d’une maison. Ce n’est qu’après de longues heures que les secours ont fini par extraire sa dépouille.Durant la journée de mercredi, malgré la trêve que Beyrouth devrait demander de prolonger d’un mois jeudi, l’armée israélienne a mené plusieurs attaques meurtrières au Liban-Sud, tout en poursuivant ses opérations de démolition dans la zone frontalière qu’elle cherche à transformer en « zone tampon ». Amal Khalil couvrait le conflit à Tiri avec sa collègue photographe Zeinab Faraj...
commentaires (2)

Un crime lâchement et froidement commis. Les journalistes quelles que soient leurs opinions, sont des civils non armés, qui ne participent pas aux combats. Dénoncer ce crime ne va malheureusement pas changer les choses, natenyahu a bien été condamné par la cour pénale internationale et pourtant il poursuit ses « bonnes » activités en toute liberté. Dans la jungle actuelle, le Droit n’a pas de griffes pour être craint.

NG

05 h 48, le 23 avril 2026

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Commentaires (2)

  • Un crime lâchement et froidement commis. Les journalistes quelles que soient leurs opinions, sont des civils non armés, qui ne participent pas aux combats. Dénoncer ce crime ne va malheureusement pas changer les choses, natenyahu a bien été condamné par la cour pénale internationale et pourtant il poursuit ses « bonnes » activités en toute liberté. Dans la jungle actuelle, le Droit n’a pas de griffes pour être craint.

    NG

    05 h 48, le 23 avril 2026

  • L'arrogance de ces criminels n'a plus de limites!!Après tous les morts occasionnés par ces criminels sionistes, ils ont l'arrogance de dire qu'une réponse des Libanais est une violation flagrante du cessez le feu!! Ces criminels sont incapables de respecter un cessez le feu!! Ils ne respectent rien, ils ne savent que tuer détruire, et mentir. Comment leur faire confiance? Il faut exiger leur départ de tout le Liban avant toute négociation!!

    Hélène SOMMA

    04 h 19, le 23 avril 2026

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