Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah lors d'une allocution a la banlieue-sud de Beyrouth, le 23 juillet 2026. Photo ANI
Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a déclaré jeudi que les « zones pilotes » convenues dans l'accord-cadre conclu entre le Liban et Israël sont des parties du Liban-Sud que l'armée israélienne « n'a pas réussi à occuper ». Il a estimé que ce qui s'est passé dans la localité de Zaoutar el-Gharbiyé « ne constitue en rien un retrait israélien ».
L'armée libanaise y a débuté son déploiement mardi et doit démanteler les infrastructures du Hezbollah, une condition préalable au retrait israélien.
« Ce qui s'est produit consiste uniquement en un renforcement du déploiement de l'armée libanaise dans des villages et localités libérés que l'ennemi n'a pas réussi à occuper grâce au sang de nos martyrs et aux sacrifices de nos combattants », a insisté le député dans une allocution à Hadath, dans la banlieue sud de Beyrouth. Il a dénoncé « l’arrogance » de l'armée israélienne, qui avait ouvert le feu, au premier jour du déploiement, sur l'armée libanaise, prétextant que cette dernière avait progressé de 100 mètres, alors qu'elle se trouvait « sur un territoire libanais ».
Ce retrait israélien de deux premières zones pilotes, suivi d’un déploiement de l’armée libanaise, figure dans l’accord-cadre signé par les délégations israélienne et libanaise, dans le cadre des négociations directes, à Washington en juin. Les détails avaient été discutés à Rome début juillet. Le Hezbollah et son allié Amal continuent de rejeter ces négociations directes. Mardi matin, le Premier ministre Nawaf Salam s’est rendu à Zaoutar el-Gharbiyé où l’armée libanaise s’est déployée pour y planter le drapeau libanais, au lendemain de la rencontre entre le président de la République Joseph Aoun et le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche. Le chef de l'Etat avait réaffirmé la volonté de l’Etat libanais de réaliser le monopole des armes et insistait sur le retrait israélien du Liban-Sud.
Le député du Hezbollah a aussi accusé les autorités libanaises de présenter cet épisode comme « un accomplissement fictif », dénonçant « une danse sur le sang des martyrs » et « un mépris des sacrifices » des combattants du Hezbollah.
Selon lui, Israël « n'a pas réussi à désarmer la résistance par la force des armes », et les responsables libanais n'y parviendront pas davantage. « Notre résistance est une nécessité nationale et nous y resterons attachés jusqu'à la libération de notre terre, la protection de notre pays et la préservation du sang de nos martyrs », a-t-il ajouté.
Hani prévoit « un retrait israélien plus important »
A contre-pied de la déclaration de Hassan Fadlallah, le ministre de l’Agriculture Nizar Hani a estimé que « l’atmosphère positive qui a accompagné la visite du président de la République aux Etats-Unis devrait se traduire sur le terrain au Liban dans la période à venir », affirmant que « la priorité va à un retrait israélien plus vaste et à l'arrêt des actes de destruction continus ».
Dans un entretien à La Voix de tout le Liban, M. Hani s’est félicité « des premiers signes positifs, notamment le retrait de certains villages ». Il a assuré que « toutes les négociations à l’avenir devraient insister sur le retrait ».

