Les membres de la chorale du Hezbollah récitent des versets du Coran alors que des personnes se rassemblent pour rendre hommage au défunt guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février dans des frappes israéliennes et américaines, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 8 juillet 2026. REUTERS/Mohamed Azakir
Deux jours après la rencontre entre les présidents Joseph Aoun et Donald Trump dans le Bureau ovale, le Hezbollah a poursuivi jeudi ses critiques contre une visite qu’il juge sans résultat, alors que de nombreux élus et ministres ont salué la démarche du chef de l’État à Washington. Son bloc parlementaire, « Fidélité à la Résistance », a accusé les autorités libanaises d’engager le pays « dans une voie sans issue » marquée par « des concessions successives portant atteinte à la souveraineté de l’État (...) et révélant sa dépendance et sa soumission à la tutelle étrangère ».
Dans un communiqué, le bloc de la formation pro-iranienne a accusé les autorités libanaises de « continuer à aggraver l'impasse dans laquelle se trouve le Liban », en l'engageant « dans une voie sans issue marquée par des concessions successives qui portent atteinte à la souveraineté de l'État, à la dignité de la patrie et de son peuple, tout en révélant l'ampleur de sa dépendance et de sa soumission à la tutelle étrangère ».
Selon le Hezbollah, cette situation a été « clairement illustrée par la visite » de Joseph Aoun à Washington, qui « n'a mis fin ni aux crimes, ni aux bombardements, ni aux destructions que l'ennemi continue de commettre », et n'a permis « ni le retour des déplacés ni le lancement d'un chantier de reconstruction ». Le bloc a parlementaire également estimé que « les opérations de communication mises en scène par le pouvoir ne trompent pas les Libanais » et constituent « une tentative manifeste de capitaliser sur une illusion ».
Revenant sur les « zones pilotes » convenues dans l'accord-cadre conclu entre le Liban et Israël, le bloc parlementaire a soutenu que l'armée libanaise « était déjà présente parmi sa population » et qu'elle avait renforcé son déploiement dans des zones « que l'ennemi n'a pas pu occuper grâce aux sacrifices des combattants de la résistance ». Le Hezbollah a en outre affirmé que l'armée israélienne « ne s'est retirée d'aucune des zones qu'elle occupe ».
Sur les« zones pilotes »
Plus tôt dans la journée, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah avait tenu des propos similaires, affirmant que ces « zones pilotes » correspondent à des parties du Liban-Sud que l'armée israélienne « n'a pas réussi à occuper ». Il a estimé que ce qui s'est passé à Zaoutar el-Gharbiyé « ne constitue en rien un retrait israélien ». L'armée libanaise y a débuté son déploiement mardi et doit démanteler les infrastructures du Hezbollah, une condition préalable au retrait israélien.
« Ce qui s'est produit consiste uniquement en un renforcement du déploiement de l'armée libanaise dans des villages et localités libérés que l'ennemi n'a pas réussi à occuper grâce au sang de nos martyrs et aux sacrifices de nos combattants », a insisté le député dans une allocution à Hadath, dans la banlieue sud de Beyrouth. Il a dénoncé « l’arrogance » de l'armée israélienne, qui avait ouvert le feu, au premier jour du déploiement, sur l'armée libanaise, prétextant que cette dernière avait progressé de 100 mètres, alors qu'elle se trouvait « sur un territoire libanais ».
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Ce retrait israélien de deux premières zones pilotes, suivi d’un déploiement de l’armée libanaise, figure dans l’accord-cadre signé par les délégations israélienne et libanaise, dans le cadre des négociations directes, à Washington en juin. Les détails avaient été discutés à Rome début juillet. Le Hezbollah et son allié le mouvement chiite Amal continuent de rejeter ces négociations directes. Mardi matin, le Premier ministre Nawaf Salam s’est rendu à Zaoutar el-Gharbiyé où l’armée libanaise s’est déployée, pour y planter le drapeau libanais, au lendemain de la rencontre Trump-Aoun à la Maison-Blanche. Le chef de l'État avait réaffirmé la volonté de l’Etat libanais de réaliser le monopole des armes et insistait sur le retrait israélien du Liban-Sud.
Le député du Hezbollah a aussi accusé les autorités libanaises de présenter cet épisode comme « un accomplissement fictif », dénonçant « une danse sur le sang des martyrs » et « un mépris des sacrifices » des miliciens du Hezbollah.
Selon lui, Israël « n'a pas réussi à désarmer la résistance par la force des armes », et les responsables libanais n'y parviendront pas davantage. « Notre résistance est une nécessité nationale et nous y resterons attachés jusqu'à la libération de notre terre, la protection de notre pays et la préservation du sang de nos martyrs », a-t-il ajouté.

Ah et eux ?! Insoumis??!
19 h 27, le 24 juillet 2026