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Société - Liban-Sud

Les Israéliens plantent leur drapeau sur la citadelle de Doubieh, tollé de la municipalité de Chaqra

Le commandant en chef de l’armée s’est rendu à Zaoutar el-Gharbiyé, où la troupe se déploie. Une délégation des Forces libanaises a effectué une tourné à Marjeyoun et Hasbaya.

Les Israéliens plantent leur drapeau sur la citadelle de Doubieh, tollé de la municipalité de Chaqra

Cette photo, prise en Haute Galilée, dans le nord d'Israël, montre un char israélien prenant position le long de la frontière avec le sud du Liban le 22 juillet 2026. Le Liban œuvre à un retrait israélien complet des zones occupées, a déclaré mercredi le Premier ministre Nawaf Salam lors d'une visite dans un village récemment déployé par l'armée libanaise. Photo Jalaa MAREY / AFP

L’armée israélienne a pris le contrôle de la citadelle médiévale de Doubieh, dans le village de Chaqra (Nabatiyé), et y a planté son drapeau, a rapporté notre correspondant Mountasser Abdallah jeudi. Cette nouvelle occupation intervient au lendemain de la visite du Premier ministre Nawaf Salam à Zaoutar el-Gharbiyé (Nabatiyé), l’une des zones pilotes où l’armée libanaise se déploie, pour y arborer le drapeau national. Le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, a effectué dans la journée une tournée dans la même zone.

Selon notre correspondant, la municipalité de Chaqra « a dénoncé cette agression contre la souveraineté libanaise, un empiétement sur un site historique et archéologique qui fait partie intégrante du patrimoine humain et qui devrait être protégé à ce titre ». Le communiqué du la municipalité souligne que « toute atteinte au patrimoine historique est une atteinte à la mémoire nationale et une violation des lois internationales qui garantissent la protection des biens culturels au cours des conflits ». La municipalité a demandé aux autorités compétentes, notamment la Direction des Antiquités du ministère de la Culture, ainsi qu’à l’Unesco, l'organisation internationale pour la culture, de suivre de près cette agression et de prendre les mesures nécessaires pour préserver le site. Elle a également rappelé qu'elle a adressé un message, après la précédente escalade de 2024, au ministère de la Culture pour classer ce monument sur la liste de patrimoine national, et œuvrer à la classer sur la liste de patrimoine mondial de l’Unesco.

Ce n’est pas la première fois que l’armée israélienne s’en prend à un monument historique. Elle s’est déjà emparée du château de Beaufort, dans les hauteurs de Nabatiyé, il y a quelques semaines, menaçant d’y détruire des tunnels creusés en contrebas. Le ministère libanais de la Culture a demandé, récemment, l’inclusion de plusieurs monuments de la région dite du Jabal Amel, dans le sud libanais, sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco.

Le ministre de la Culture Ghassan Salamé n’a pas tardé à réagir lui aussi, sur son compte X : « Le drapeau israélien a été hissé aujourd’hui sur la citadelle de Doubieh tout comme il l’avait été précédemment sur les châteaux de Chamah et de Beaufort. C’est une agression provocatrice qui mérite d’être dénoncée et rejetée. Les citadelles du Jabal Amel sont une partie intégrante du Liban, dont nous sommes fiers. Nous n’épargnerons aucun effort pour recouvrer notre souveraineté sur ces sites, et faire en sorte que le monde reconnaisse cette souveraineté. »

Tournées au sud

Jeudi, le commandant en chef de l'armée est arrivé dans un convoi au village de Zaoutar el-Gharbiyé, où l'armée se déploie depuis quelques jours, rapporte notre correspondant. Il a inspecté les unités militaires déployées et passé en revue les mesures prises ainsi que les missions menées malgré les diverses difficultés, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Cette localité fait partie des « zones pilotes » prévues dans l’accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël, où l’armée libanaise doit se déployer et démanteler les infrastructures du Hezbollah, une condition préalable au retrait israélien. Les unités de l’armée libanaise ont commencé mardi matin à s'y déployer. Le même jour, la troupe a affirmé que des soldats israéliens avaient tiré à proximité de ses troupes, alors qu’elles entamaient leur mission dans le cadre de l’accord. Dans ce contexte, le général américain Joseph Clearfield, qui dirige le comité dit du « Mécanisme » - chargé de surveiller l'application du cessez-le-feu de novembre 2024 mais transformé en comité tripartite (américano-libano-israélien) opérant sous le nom de MCG4L - devrait se rendre à Beyrouth prochainement.

Durant la journée également, une délégation du bloc parlementaire des Forces libanaises (FL) a effectué une tournée à Marjeyoun et Hasbaya, insistant sur la nécessité de renforcer le rôle de l'État au Liban-Sud. « Le Sud ne doit plus rester un terrain de règlement des comptes des autres », a déclaré le député Georges Okais, tandis que son collègue Pierre Bou Assi a assuré qu'« il n'y a ni stabilité ni développement sans État ».

Ouvrier syrien blessé

Entre-temps, les agressions israéliennes se sont poursuivies durant la nuit de mercredi à jeudi et en matinée. Selon notre correspondant, après 6h30, des tirs d’artillerie israéliens ont visé Beit Yahoun et Baraachit (Bint Jbeil). Vers 22h, l’armée israélienne a ratissé aux mitrailleuses moyennes la région aux alentours de Khiam (Marjeyoun), le site de Roueissat el-Alam vers Kfarchouba (Hasbaya) et Mansouri (Tyr).

Après 23h30, les tirs d’artilleries israéliens ont atteint les hauteurs de la colline de Ali el-Taher (Nabatiyé), et les bombardements ont ciblé des zones situées entre Nabatiyé el-Faouqa et Kfartebnit, et entre Mayfadoun et Nabatiyé el-Faouqa, durant plus d’une heure. Vers la même heure, des bombes éclairantes ont été lancées sur Zaoutar el-Charqiyé (Nabatiyé), et un drone israélien a largué six bombes sonores sur Majdel Zoun (Tyr).

Par ailleurs, un ouvrier syrien a été touché par des balles israéliennes à Ebel es-Saqi (Marjeyoun), ce qui a nécessité son hospitalisation. Un autre ouvrier agricole est décédé de ses blessures après avoir été atteint d’un obus dans sa voiture vers 5h30, sur la route de Kfarremane, Nabatiyé. Plus tard en journée, l’homme tué par une frappe israélienne sur son véhicule à 5h30, sur la route de Kfarremane (Nabatiyé), a été identifié comme Haïtham Mohammad al-Daoud, un saisonnier agricole habitant le quartier de Charifa à Habbouche (Nabatiyé). Tout au long de la journée, l’armée israélienne a opéré des dynamitages dans plusieurs régions du Sud, notamment à Haddatha, Kounine et Serbine (Bint Jbeil), et a incendié des maisons à Qoussair (Marjeyoun), ainsi qu’à Kfar Tebnit (Nabatiyé).

En début d'après-midi, l’homme tué par une frappe israélienne sur son véhicule à 5h30, sur la route de Kfarremane (Nabatiyé), a été identifié comme Haïtham Mohammad al-Daoud, un saisonnier agricole habitant le quartier de Charifa à Habbouche (Nabatiyé). Par ailleurs, un drone israélien a largué une grenade assourdissante sur la ville de Mansouri (Tyr), près du quartier résidentiel d'al-Sayyad. L'armée israélienne a procédé à une explosion à Tayr Harfa (Bint Jbeil). Des tirs israéliens sporadiques ont touché le quartier du Sérail, dans la ville de Nabatiyé. Une balle a atteint l'immeuble Hamdani, situé dans le marché, brisant la vitre d'un appartement. Une autre a atterri dans une boucherie et une troisième a touché une voiture dans le même quartier.

En début de soirée, deux secouristes du Comité sanitaire islamique, affilié au Hezbollah, ont été légèrement blessés dans une frappe israélienne de drone ayant visé les environs de leur intervention à Nabatiyé el-Faouqa, a indiqué l'organisation dans un communiqué. Dans son dernier bilan officiel, le ministère de la Santé a indiqué avoir recensé un mort et un blessé au cours des dernières 24 heures, portant à 4 329 le nombre de morts et à 12 233 celui des blessés dans les attaques israéliennes depuis que le Hezbollah a relancé la guerre le 2 mars dernier.

Des corps retrouvés à Zaoutar el-Gharbiyé

Toujours dans le Sud, le Hezbollah a organisé les funérailles de deux de ses miliciens à Tayr Debba dans le caza de Tyr. Au moins trois corps de plusieurs personnes tuées ont été retrouvés à Zaoutar el-Gharbiyé, après l'entrée dans le village d'équipes de la Croix-Rouge libanaise, du service médical de l'Association des scouts al-Rissala, affiliée au mouvement chiite Amal, ainsi que du Comité sanitaire islamique, rapporte notre correspondant dans le Sud.

Concernant le retrait de Zaoutar el-Gharbiyé, Le Premier ministre Nawaf Salam a tenu jeudi une réunion au Grand sérail pour discuter des moyens de faciliter le retour des habitants du Liban-Sud chez eux, avec le secrétaire général du Haut-comité de secours Bassam Naboulsi, le président du Conseil du sud Hachem Haïdar et le président de l’Unité de gestion des catastrophes de la présidence du conseil des ministres, Zahi Chahine. Plus d’un million de personnes ont été déplacées du Sud depuis le 2 mars. Selon M. Salam, à la suite du déploiement de l’armée libanaise, les routes et les services basiques seront restaurés, avec des habitations temporaires pour la population en attendant la reconstruction.

Fadlallah et les « zones pilotes »

Deux jours après la rencontre entre les présidents Joseph Aoun et Donald Trump dans le Bureau ovale, le Hezbollah a poursuivi ses critiques contre une visite qu’il juge sans résultat, alors que de nombreux élus et ministres ont salué la démarche du chef de l’État à Washington. Le bloc parlementaire du parti pro-iranien, « Fidélité à la Résistance », a accusé les autorités libanaises d’engager le pays « dans une voie sans issue » marquée par « des concessions successives portant atteinte à la souveraineté de l’État (...) et révélant sa dépendance et sa soumission à la tutelle étrangère ».

De son côté, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a déclaré que les « zones pilotes » convenues dans l'accord-cadre conclu entre le Liban et Israël sont des parties du Liban-Sud que l'armée israélienne « n'a pas réussi à occuper ». Il a estimé que ce qui s'est passé dans celle de Zaoutar el-Gharbiyé « ne constitue en rien un retrait israélien ». « Ce qui s'est produit consiste uniquement en un renforcement du déploiement de l'armée libanaise dans des villages et localités libérés que l'ennemi n'a pas réussi à occuper grâce au sang de nos martyrs et aux sacrifices de nos combattants », a insisté le député dans une allocution à Hadath, dans la banlieue sud de Beyrouth. Il a aussi accusé les autorités libanaises de présenter cet épisode comme « un accomplissement fictif », dénonçant « une danse sur le sang des martyrs » et « un mépris envers les sacrifices » des miliciens du Hezbollah.

L’armée israélienne a pris le contrôle de la citadelle médiévale de Doubieh, dans le village de Chaqra (Nabatiyé), et y a planté son drapeau, a rapporté notre correspondant Mountasser Abdallah jeudi. Cette nouvelle occupation intervient au lendemain de la visite du Premier ministre Nawaf Salam à Zaoutar el-Gharbiyé (Nabatiyé), l’une des zones pilotes où l’armée libanaise se déploie, pour y arborer le drapeau national. Le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, a effectué dans la journée une tournée dans la même zone.Selon notre correspondant, la municipalité de Chaqra « a dénoncé cette agression contre la souveraineté libanaise, un empiétement sur un site historique et archéologique qui fait partie intégrante du patrimoine humain et qui devrait être protégé à ce titre ». Le...
commentaires (2)

La milice maudite disait vouloir libérer gaza et la galilée. Résultat elle a reçu la bonne raclée, et le voisin a conquis nos terres, comme d’habitude. Plutôt que d’implorer le pardon des Libanais, elle se permet de juger leurs efforts pour sauver ce qui reste. Cette sale graine ne changera jamais.

NG

08 h 20, le 24 juillet 2026

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Commentaires (2)

  • La milice maudite disait vouloir libérer gaza et la galilée. Résultat elle a reçu la bonne raclée, et le voisin a conquis nos terres, comme d’habitude. Plutôt que d’implorer le pardon des Libanais, elle se permet de juger leurs efforts pour sauver ce qui reste. Cette sale graine ne changera jamais.

    NG

    08 h 20, le 24 juillet 2026

  • Grâce au fameux accord-cadre, israel plante son drapeau là où ça lui chante en territoire libanais, tandis que Dalam peut à peine le planter timidement sous un pylone electrique en bordire d'un village même pas 'libéré ' par l'armee mais juste là où israel a permis au liban de le faire. Bravo. Fiers de notre souveraineté retrouvée.

    MeK

    16 h 02, le 23 juillet 2026

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