À mon mari, tu quittes, à 30 ans, et pour la première fois, ton Liban chéri.
À tous les jeunes Libanais, nous ne partons pas pour fuir, mais pour revenir. Revenir plus utiles, plus équipés, plus préparés.
Revenir ici, là où tout commence, avec tout ce qu’on aura appris au fil des années.
Ce texte sera notre promesse à nous, nous reviendrons dans notre pays.
Un jour peut-être, on n’aura plus du tout besoin de connaître quelqu’un… pour avoir le droit de travailler à Beyrouth. Tu pourras exercer librement ta médecine, ton sacerdoce. Je pourrai appliquer mes recettes, ces recettes que tu aimes tant, tu sais, on ne les réussit vraiment que chez nous.
Tu vois, on ne quitte pas seulement la patrie, mais aussi tous les détails, parfois si banals, qui forgent notre petite vie quotidienne libanaise.
Au zaatar baladi de ta man’ouché, dévorée trop vite en se prenant les bouchons matinaux en montant vers
l’Hôtel-Dieu.
À l’expresso, bu à la corniche, face à la mer agitée d’avril, sans raison particulière.
Aux déjeuners du dimanche, trop bruyants et longs, avec ceux qui font… qu’on est chez nous.
Nous les retrouverons.
En 2019, à l’époque de mon premier pas à l’étranger, je passais devant le bureau de Rima Abdul Malak à l’Élysée, en tant que stagiaire.
Aujourd’hui, elle dirige L’Orient-Le Jour. Et moi, je repars.
Je ne pense pas que ce soit un hasard, c’est sûrement un signe.
Un signe qu’on part… pour mieux revenir.
« Parce qu’un pays ne se visite pas quand il vous habite. »
On ne voudra pas revenir seulement en tant « qu’invités » pour des mariages ou autres occasions annuelles.
Je laisse ce courrier ouvert, chacun de nous écrira la suite, en espérant concrétiser cette promesse écrite.
Qui sait quand on publiera le tome 2, Le Retour. Dans un an, cinq ans ou dix ans, le Liban restera, l’Orient restera et un jour, je l’espère, on reviendra.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.


Vous avez, tous les deux, des ailes pour oser vous envoler et de bonnes racines pour nous revenir. on vous attend, on fait pause au temps, pause aux sentiments . " il faut parfois changer de ciel pour apprendre a mieux regarder la lumière" disait le poète. une force silencieuse vous dirigera : votre identité encrée au plus profond de l'âme.
21 h 50, le 20 avril 2026