Noir,
comme le voile qui m’enveloppe
et serre mon cœur.
Noir,
comme la nuit qui tombe sur les consciences
et conduit certains vers l’aveuglement.
Violence indicible.
Sauvagerie qui dévaste.
Les droits piétinés,
la dignité humaine blessée.
Puis revient le souvenir du vendredi saint.
Ce jour où les hommes T’ont livré.
Ils ont posé sur Ta tête une couronne d’épines,
et Tu as porté la croix
jusqu’à la colline du Golgotha.
« À partir de la sixième heure,
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.
Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte :
« Eli, Eli, lema sabactani ? »
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
(Matthieu, 27)
Et voici que, vers cette même heure,
la barbarie s’abattit sur le Liban.
En quelques minutes seulement,
le monde bascula dans une scène d’apocalypse.
Des vies brisées.
Des centaines de morts,
Des milliers de blessés,
Et des familles plongées dans la nuit.
Alors, comme un écho venu de la croix,
ces Libanais – crucifiés depuis cinquante ans –
ont crié eux aussi : « Pourquoi ? »
Et pourtant, sur la croix,
lorsqu’un soldat romain perça Ton côté,
il en sortit du sang et de l’eau.
L’eau – source de vie.
Le sang – signe de l’amour donné jusqu’au bout.
Car l’amour est plus fort que la mort.
C’est de cette blessure ouverte
que jaillit notre espérance.
Une espérance fragile peut-être,
mais indestructible.
Une espérance qui murmure au cœur de la nuit
qu’un jour, au-delà des ténèbres,
un avenir nouveau reste possible.
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