Des avions de Kuwait Airways et de Qatar Airways sont visibles à travers le hublot d’un appareil de Middle East Airlines à l’aéroport international du Caire, en Égypte, alors que le conflit entre les États‑Unis, Israël et l’Iran se poursuit, le 31 mars 2026. Photo Amr Abdallah Dalsh /Reuters
Bien qu'encore fragile et menacée par les bombardements israéliens au Liban, la trêve de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran est « positive » pour l’industrie aérienne, a déclaré Willie Walsh, chef de l'Association du transport aérien international (IATA), tandis que l'Irak a annoncé la réouverture de son espace aérien, qui était fermé depuis le début du conflit, et que Qatar Airways prévoit de reprendre ses vols entre Doha et Beyrouth.
« Même deux semaines, c’est positif, car nous verrons un certain retour des flux de pétrole » avec la réouverture du détroit d’Ormuz, a affirmé M. Walsh dans une interview à Bloomberg Television. Le patron de l’organisme mondial représentant le transport aérien a estimé toutefois qu’il faudra du temps pour que l’approvisionnement en kérosène retrouve un niveau normal et permette aux compagnies aériennes de baisser leurs prix.
« L’industrie a été affectée par les perturbations de l’approvisionnement en brut et en produits raffinés, notamment en raison de la Chine, qui a mis fin à ses exportations de produits pétroliers raffinés. Avec la trêve et la réouverture du détroit d’Ormuz, nous devrions voir la Chine reprendre ses exportations », a-t-il ajouté.
« Cependant, comme certaines raffineries ont été détruites, l’enjeu est de savoir quelle part des capacités pourra être remise en service rapidement. D’autres pays, comme la Corée du Sud, sont également d’importants exportateurs. La Corée du Sud n’a pas arrêté ses exportations pendant la guerre, mais a mis en place des quotas. Le Nigeria et l’Inde disposent aussi de capacités importantes qui pourront contribuer à alimenter le marché », a encore expliqué le directeur général de l'IATA.
« Ce n’est pas comparable à la période de la pandémie de Covid-19, (pendant laquelle) la capacité a chuté de 95 % en raison de la fermeture des frontières. Nous en sommes loin. » La situation est davantage comparable à d’autres chocs, comme les ralentissements de 2008-2009 ou les conséquences des attentats du 11 septembre, a-t-il ajouté. « Après le 11-Septembre, la reprise a pris environ quatre mois. En 2008-2009, elle a probablement duré entre 10 et 12 mois », a-t-il précisé.
Premier effet immédiat de l'annonce de la trêve : les actions des grandes compagnies aériennes européennes - Air France, Lufthansa ou encore EasyJet - étaient en forte hausse mercredi peu après l'ouverture des principales Bourses. Mais plus tard dans la journée, alors qu’Israël poursuivait ses frappes au Liban et mettait en péril la trêve, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a déclaré au journal allemand Süddeutsche Zeitung que des perturbations du trafic aérien européen pourraient survenir à partir de la mi-mai en raison de pénuries de carburant pour avions si le détroit d’Ormuz n’était pas entièrement rouvert.
14 vols par semaine dès le 1er mai
La guerre déclenchée le 28 février par Israël et les États-Unis contre l’Iran a provoqué d’importantes perturbations du trafic aérien mondial. Celles-ci ont été d’abord causées par la fermeture de plusieurs espaces aériens au Moyen-Orient et dans le Golfe, la hausse des prix du pétrole liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, le bombardement de plusieurs infrastructures spécialisées dans la production d’hydrocarbures, ainsi que le ralentissement des exportations de brut du Golfe, suite à la fermeture du détroit par l’Iran.
La reprise de l'activité des compagnies aériennes et la réouverture des couloirs dans le ciel entre la Méditérranée et l'Asie centrale est le second enjeu de cette trêve. La situation est pour l'instant incertaine, surtout au Liban où Israël affirme que le cessez-le-feu conclu mercredi n'inclut pas le pays où l'armée israélienne tente de créer une zone tampon depuis la reprise de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars. À part la Middle East Airlines (MEA) et dans une moindre mesure Royal Jordanian, aucune compagnie aérienne n'a pour l'instant décidé de revenir sur sa décision de suspendre ses liaisons avec Beyrouth, selon une agence de voyage travaillant entre l'Europe et le Liban. Mardi, Air France-KLM a même prolongé l'arrêt de ses vols Paris-Beyrouth jusqu'au 3 mai.
La situation pourrait cependant vite évoluer. L'Irak a ainsi prévu de rouvrir son espace aérien dès mercredi, débloquant ainsi une partie du ciel de la région, selon l'AFP. « L'Autorité de l'aviation civile annonce la réouverture de l'espace aérien irakien au trafic (...) à partir d'aujourd'hui, à la suite de la stabilisation de la situation et du retour à des conditions normales », a annoncé cet organe dans un communiqué, précisant que « tous les vols civils sont autorisés à reprendre (...) dans les aéroports » du pays. Le Qatar et les Émirats arabes devraient cependant maintenir leurs restrictions selon une source au sein d'un organisme de contrôle au Moyen-Orient contactée par l'agence russe TASS. Leurs espaces aériens étaient partiellement ouverts depuis plusieurs semaines, et leurs principales compagnies aériennes étaient en train d’augmenter progressivement leur nombre de vols. À noter que les mesures d’extension exceptionnelle de visas, mises en place par ces deux pays ainsi que d’autres États du Golfe pour les visiteurs coincés sur leur territoire depuis le début de la guerre, ont commencé à expirer fin mars.
Dans un message adressé à ses partenaires au Liban, Qatar Airways a annoncé sa décision de reprendre ses vols vers Beyrouth à partir du 14 avril prochain. La compagnie avait cessé ses liaisons avec le Liban et avait même cloué tous ses avions au sol suite à la fermeture, d’abord totale puis partielle, de son espace aérien en raison de la guerre.
Dans son message, elle prévoit 7 vols par semaine à partir du 14 avril, puis 14 vols par semaine à partir du 1er mai.
Dans la journée de mercredi, la Syrie et Bahreïn ont également annoncé la réouverture de leurs espaces aériens respectifs qui étaient fermés depuis le début du conflit. Dans la soirée, Royal Jordanian a annoncé qu'elle reprenait ses vols « normaux » vers la Syrie et vers l'Irak à partir de jeudi.



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