La 61 édition de la Biennale de Venise se tiendra du 9 mai au 22 novembre 2026. Photo tirée du site web de la Biennale.
La Biennale de Venise 2026 s’inscrit clairement dans un climat géopolitique très tendu, et cela se ressent avant même son ouverture le 9 mai. En cause : des tensions très vives entre participants et organisateurs liés aux enjeux moraux de la guerre en Ukraine et du conflit au Moyen-Orient.
Dans une précédente pétition, plus de 70 artistes et commissaires avaient exigé l'exclusion d'Israël de la 61e Exposition internationale d’art des bords de la Lagune. Ils reviennent à la charge dans une nouvelle lettre ouverte adressée à la direction de la Biennale, en date du 1er avril, dans laquelle ils dénonçent la participation de « gouvernements qui commettent activement des crimes de guerre, des atrocités et des génocides ». Parmi ces artistes de renoms figurent les Libanais Walid Raad, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige dont les signatures s'associent, entre autres, à celles d’Ito Barrada d’Alfredo Jaar, de Florence Lazar, de Tabita Rezaire ou encore d’Éric Baudelaire. Connus pour leur travail engagé et leur dénonciation des injustices sociales et politiques, ils réclament cette fois, en plus de l'exclusion d'Israël, celles de la Russie et des États-Unis, accusés également d'être des Etats génocidaires et prédateurs.
La lettre ouverte souligne que la décision de la Biennale de relocaliser le pavillon israélien à l'Arsenale, au lieu de l'exclure purement et simplement, suite à leur demande, porte atteinte à la vision curatoriale de Koyo Kouoh --la commissaire prématurément disparue en mai 2025 qui a conçu l'exposition principale « In Minor Keys ». Ses signataires estiment par ailleurs que cette décision risque d’introduire un climat de violence et de peur en raison de la présence militaire et policière qui accompagnera le pavillon israélien.
La direction de la Biennale de Venise a, pour sa part, réaffirmé sa position de neutralité. Ce à quoi les artistes signataires rétorquent que permettre la participation de gouvernements qui commettent des crimes de guerre et des atrocités n'est pas neutre. Ils exigent que la Biennale prenne clairement position, en excluant les pays qui violent de manière flagrante le droit international et les droits humains.
A noter que la Biennale de Venise a déjà exclu des pavillons nationaux par le passé, tels que l'Afrique du Sud pendant le régime d'apartheid et la Russie après l'invasion de l'Ukraine. Les signataires appellent la direction de la Biennale à prendre une position similaire et à faire de l'événement « un lieu où la dignité de tous les êtres vivants est préservée ».


Ce n’est certainement pas les Ètats Unis sous tRump qui financent et soutiennent les artistes !
20 h 47, le 06 avril 2026