Rechercher
Rechercher

Ides de mars et moisson d’avril


Un mois entier qu’on se prend dans la hure un pataquès d’obus et de missiles au prétexte que les barbus qu’on disait aplatis ont vu leurs moignons repousser et sont repartis au casse-pipe.

Un mois entier qu’on assiste aux fanfaronnades alternées du Trumpette à coulisse qui déverse sa hargne sur des Européens frileux, et du Nataniais survolté qui répand la sienne sur des Libanais malheureux, à qui il promet du pur jus de plomb et phosphore de sa mère.

Un mois entier qu’on assiste impuissants à la compote crânienne enfiévrée des experts en armement radioguidé et missiles balistiques à sous-munitions. Personnages pompeux et pontifiants, ils pullulent sur les plateaux télé et les réseaux sociaux, et se croient toujours obligés de prédire la suite du festival en nous expliquant ce qui arrivera si des choses qui n’ont aucune chance d’arriver arrivaient un jour. Faut bien tuer le temps en attendant d’être tué !

Et comme à Beyrouth il convient de s’occuper en attendant la fin de la déglinguée militaire en cours, les dirigeants en sont réduits à nous chanter pour la énième fois la ritournelle faisandée du monopole des armes et sa corollaire avariée de l’exclusivité de la décision de guerre ou de paix. Le tout agrémenté de menaces charcutières consistant à trancher des mains et débiter des barbaques en côtelettes et autres bavettes. C’est ce qui s’appelle joindre la colère à la boucherie.

Mais la bananeraie locale est petite, les rigolos sont nombreux, ils ont un talent fou et aiment le comique de répétition. Alors pour alimenter le surplace ambiant, la classe politique s’est inventée un nouveau hochet en la personne de Mohammad Reza Chibani, devenu la nouvelle coqueluche du Baron de Aïn el-Tiné et de ses dépendances barbues.

Pour l’occasion, l’ambassadeur iranien a trouvé en Istiz Nabeuh un fidèle gardien qui ne ménage ni son plumeau ni son cirage, sachant conjuguer à merveille le verbe lécher au persan singulier. Et cerise sur ce gâteux gâté : le diplomate décravaté, à la barbe ratiboisée et à la chemise boutonnée jusqu’aux narines, pourra de ce fait continuer peinard à pianoter ses instructions. À l’inverse de son infortuné prédécesseur, pris en flagrant délit d’ingérence par pétage de bipeur, et parti en laissant traîner derrière lui des résidus peu ragoûtants.

Maintenant, et en attendant de voir à quelle sauce le Liban sera dégluti, on se réjouit de penser que tous les acteurs sont en place. Fonctionnant tous au binôme sympathie/antipathie, chacun commence par choisir son camp, et ce n’est qu’ensuite qu’il mouline l’argumentaire qui va avec. Ils monologuent sans cesse et prennent des poses. L’attitude est leur seconde nature. Une vraie pépinière de talents, interminable bobine d’un pays qui se dévide à reculons.

Avec toujours ce dilemme angoissant : décider de ne pas être libre, ou avoir la liberté de ne pas décider.

gabynasr@lorientlejour.com

Un mois entier qu’on se prend dans la hure un pataquès d’obus et de missiles au prétexte que les barbus qu’on disait aplatis ont vu leurs moignons repousser et sont repartis au casse-pipe. Un mois entier qu’on assiste aux fanfaronnades alternées du Trumpette à coulisse qui déverse sa hargne sur des Européens frileux, et du Nataniais survolté qui répand la sienne sur des Libanais malheureux, à qui il promet du pur jus de plomb et phosphore de sa mère. Un mois entier qu’on assiste impuissants à la compote crânienne enfiévrée des experts en armement radioguidé et missiles balistiques à sous-munitions. Personnages pompeux et pontifiants, ils pullulent sur les plateaux télé et les réseaux sociaux, et se croient toujours obligés de prédire la suite du festival en nous expliquant ce qui arrivera si des choses qui...
commentaires (4)

L’impayable maestro Gaby Nasr persiste et signe! Quel régal. Ne vous dégonflez jamais!

Nassif Walid

19 h 24, le 03 avril 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • L’impayable maestro Gaby Nasr persiste et signe! Quel régal. Ne vous dégonflez jamais!

    Nassif Walid

    19 h 24, le 03 avril 2026

  • Excellentissime, MONSIEUR Nasr vous vous surpassez à chaque publication de vos billets doux amers sans aucune fausse note, pour nous régaler. Les patates sont cuites et les œufs prêts à être cassé sans pouvoir s’en servir pour faire une omelette puisque ces derniers sont cuits aussi. « D idée de ne pas être libre, ou avoir la liberté de ne pas décider » il fallait la trouver cette chute et vous vous révélez maître en la matière.

    Sissi zayyat

    12 h 17, le 03 avril 2026

  • «  … ont vu leurs moignons repousser.. »ce n est pas drole mr nasr! C est incongru, c est cruel, c est inhumain! Et j en passe! Cela frole la psychopathie!!

    Nemer Salam

    10 h 37, le 03 avril 2026

  • On pensait que le berry était un faux-grand frère de la milice étrangère , et qu’il avait quelque chose de Libanais. Finalement il s’est avéré être un faux- cul. Espérant la clémence de votre bonne censure ! Mais on nous a appris à l’école à dire la vérité.

    NG

    06 h 44, le 03 avril 2026

Retour en haut