Le Premier ministre britannique Keir Starmer arrive pour une conférence de presse à Downing Street, à Londres, au Royaume-Uni, le 1er avril 2026. Photo Frank Augstein/Pool via REUTERS
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé mercredi que le Royaume-Uni devait développer « un partenariat plus étroit » avec l'Union européenne et les autres pays du continent, dans un contexte international qu'il juge plus « volatil », sur fonds de tensions avec son allié américain.
Dès son arrivée au pouvoir en juillet 2024, le dirigeant travailliste s'est efforcé de renouer un lien distendu avec l'UE depuis le Brexit en 2020, écartant toutefois l'idée d'un retour dans le bloc ou dans l'union douanière.
« Il apparaît de plus en plus évident que, face à un monde qui devient toujours plus volatil, notre intérêt national à long terme exige un partenariat plus étroit avec nos alliés européens et l'Union européenne », a déclaré Keir Starmer lors d'une conférence de presse consacrée à la crise au Moyen-Orient et ses répercussions économiques au Royaume-Uni. « Le Brexit a profondément nui à notre économie, et les opportunités de renforcer notre sécurité et de réduire le coût de la vie sont tout simplement trop importantes pour être ignorées », a-t-il insisté.
Cette prise de position intervient alors que les relations se tendent entre Londres et Washington. Après avoir longtemps loué le dirigeant travailliste, le président américain Donald Trump l'attaque régulièrement ces dernières semaines, l'accusant de ne pas soutenir suffisamment les frappes américano-israéliennes contre l'Iran. Donald Trump multiplie également les critiques contre l'OTAN et souffle le chaud et le froid sur l'importance qu'il accorde à cette alliance militaire.
Keir Starmer a toutefois répété mercredi que le Royaume-Uni n'avait pas à « choisir » entre l'Europe et les Etats-Unis, mais devait avoir des « relations fortes » avec chacun.
Londres et Bruxelles ont tenu un premier sommet bilatéral au printemps 2025, durant lequel les deux parties ont conclu un « nouveau partenariat stratégique », qui prévoit notamment une collaboration plus étroite en matière de défense et de sécurité, ainsi qu'un allègement des contraintes sur le commerce de denrées alimentaires.
Depuis, le gouvernement britannique a également trouvé un accord avec Bruxelles pour réintégrer dès 2027 le programme européen d'échanges universitaires Erasmus, et Londres et Bruxelles ont entamé des négociations sur une participation britannique au marché européen de l'électricité.
Un nouveau sommet est prévu cette année, mais sa date n'a pas encore été fixée. « Lors de ce sommet, le Royaume-Uni ne se contentera pas de ratifier les engagements pris lors du sommet de l'année dernière. Nous souhaitons être plus ambitieux », a déclaré mercredi Keir Starmer.


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