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Économie - Conjoncture

La BDL estime le PIB libanais à 28 milliards de dollars en 2024

La banque centrale a publié sa propre estimation du PIB, qui traduit une baisse de 6,4 %, et s’attend à une « croissance modeste » en 2025.

La BDL estime le PIB libanais à 28 milliards de dollars en 2024

Un panneau à l'effigie d'une ancienne version du billet de 1 000 livres accroché dans le hall d'entrée du bâtiment principal de la Banque du Liban à Hamra. Photo d'illustration Philippe Hage Boutros

C’est dans le bâtiment E, qui accueille notamment sa direction des statistiques et de la recherche économique, que la Banque du Liban a présenté à la presse, vendredi 12 septembre, le premier numéro de son nouveau rapport macroéconomique, qui sera désormais publié chaque semestre.

Les grandes lignes du document, qui fait une grosse quarantaine de pages, ont été présentées par le 3ᵉ vice-gouverneur Salim Chahine, accompagné du chef du département Choukri Mouannes et de l’économiste Sanaa Souaid Jad, en présence du gouverneur, Karim Souhaid. « C’est un rapport ambitieux réalisé par une équipe avec des moyens limités pour renforcer la crédibilité de l’institution en tant que fournisseur d’indicateurs généraux sur l’économie, qui pourront être consultés par les acteurs du marché et, nous l’espérons, les autorités », se félicite-t-on du côté de la BDL, tout en assurant que le rapport se voulait « objectif, neutre et dépolitisé ».

Les auteurs du rapport, qui ont mis plus de deux mois à l’élaborer, reconnaissent qu’il est encore lacunaire, compte tenu de l’absence de plusieurs données nécessaires pour réaliser ce type de travaux, dont les comptes nationaux – l’Administration centrale des statistiques n’ayant toujours pas publié les chiffres du PIB pour les années 2022 et suivantes. Une partie des données des finances publiques manque également.

Ils estiment toutefois avoir pu produire une estimation crédible du PIB pour 2024. « Les organisations internationales et bureaux d’études qui suivent le Liban tablent sur des estimations de PIB qui varient entre 26 milliards et 33 milliards de dollars (en fonction des méthodes utilisées, NDLR). Notre estimation, que nous avons vérifiée à plusieurs reprises, est de 27,8 milliards de dollars, un chiffre arrondi à 28 milliards de dollars dans le rapport », a déclaré Salim Chahine. Calculant que le PIB s’est contracté de 6,4 % en 2024, elle ne s’avance pour l’instant pas sur une projection pour 2025, se contentant d’indiquer s’attendre à une « croissance modeste » sur cet exercice.

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Un avant-projet de budget dans le sillage des précédents

La banque centrale a élaboré son estimation à partir des résultats de ses propres enquêtes menées auprès d’entreprises locales, de ceux de son nouvel indicateur synthétique (un indicateur composite de l’activité économique qu’elle avait arrêté de publier en août 2022 et qu’elle vient de mettre à jour) et d’un modèle économétrique développé en interne, ont encore expliqué les auteurs du rapport. Ils indiquent avoir décidé de ne pas publier leur estimation de croissance compte tenu du fort degré d’incertitude qui pèse sur l’économie libanaise – un choix également privilégié par le FMI depuis quelque temps. La Banque mondiale table sur une croissance de 4,7 % en 2025, mais ne se prononce pas pour 2026. Dans le rapport joint à l’avant-projet de budget pour 2026, le ministère a annoncé tabler sur un PIB de 32,78 milliards de dollars en 2025, avec une inflation estimée à 15 %, puis de 36,3 milliards de dollars l’année d’exécution du budget, avec une inflation de 3,5 %

Transferts électroniques d’argent en forte hausse

Parmi les autres chiffres qui ressortent du rapport, la BDL estime par exemple que les différentes circulaires publiées depuis le début de la crise pour aménager les restrictions imposées par les banques sur les dépôts (n° 154, n° 158 et n° 166) ont « fourni 4,2 milliards de dollars frais », une expression née pendant la crise pour distinguer ces fonds de ceux gelés par les banques.

La BDL ajoute que si ces mesures ont offert un « répit temporaire » aux déposants, elles ne peuvent pas se substituer à une « stratégie globale de restructuration du secteur ». Plusieurs dizaines de milliards de dollars ont été gelés par les banques depuis le début de la crise et, en l’absence de contrôle légal des capitaux, il a fallu attendre juillet dernier pour que le Parlement vote une loi de résolution bancaire, tandis qu’un projet traitant de la répartition des importantes pertes financières du pays est encore en discussion.

Dans le cœur de son rapport, la BDL indique aussi que les transferts électroniques d’argent (par des sociétés spécialisées ou application mobile) ont augmenté de 133 % de 2019 à 2024, passant de 1,2 milliard à 2,8 milliards sur cette période, ce qui « reflète l’importance croissante » de l’économie du « cash » dans le pays.

C’est dans le bâtiment E, qui accueille notamment sa direction des statistiques et de la recherche économique, que la Banque du Liban a présenté à la presse, vendredi 12 septembre, le premier numéro de son nouveau rapport macroéconomique, qui sera désormais publié chaque semestre.Les grandes lignes du document, qui fait une grosse quarantaine de pages, ont été présentées par le 3ᵉ vice-gouverneur Salim Chahine, accompagné du chef du département Choukri Mouannes et de l’économiste Sanaa Souaid Jad, en présence du gouverneur, Karim Souhaid. « C’est un rapport ambitieux réalisé par une équipe avec des moyens limités pour renforcer la crédibilité de l’institution en tant que fournisseur d’indicateurs généraux sur l’économie, qui pourront être consultés par les acteurs du marché et, nous...
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