On a toujours pensé que la fanfaronnade était une marque déposée des dirigeants arabes, avec leur façon péremptoire d’annoncer des victoires virtuelles en prenant leurs citoyens pour des ahuris transis et frémissants devant chacune de leurs diphtongues.
Ben non, avec les Américains, c’est pareil. Y a que la technique qui change. Ainsi, le Trumpinator, qui ne peut plus voir un micro ou une caméra sans se jeter dessus pour commenter le boui-boui iranien, prend toujours son interlocuteur pour un âne patenté. Mais attention ! Sans céder, comme dans nos contrées, à l’envie de fusiller le journaliste s’il ose le contredire. Seulement la différence s’arrête là. L’« American way », sans doute. Pour le reste, la frime est intacte, enrichie quand même de quelques gadgets vidéo où l’on voit toujours, sur fond d’écran vert caca d’oie, le départ du missile sans jamais connaître l’Iranien qui l’a dégusté.
À défaut de laisser les militaires faire le boulot pour lequel ils sont payés, le Donald à casquette passe son temps à raconter la guerre, alternant le chaud et le froid devant des médias qui boivent goulûment ses saillies, avant de se disperser pour baver des infos aussitôt démenties le lendemain.
Après quatre semaines de missiles aller-retour et une multitude de plans B, C, D et Z concomitants, les niaiseux qui l’écoutent en sont encore à spéculer sur ses réels objectifs de guerre. Va-t-il tondre les mollahs à coups de vitamine B2, en balançant des tonnes de désherbant à travers les barbes alentour ? Ou finira-t-il en désespoir de cause par se trouver un père Fouettard « modéré » biberonné par le régime qui accepterait de négocier ? Une sorte d’espèce rare dont les sicaires se contenteraient de cravacher les manifestants, sans leur tirer dessus.
Sauf que notre ami a de sérieux grumeaux dans le caleçon. Son allié, Bibi le Nataniais, ne rêve que d’une chose : foncer sabre au clair et tailler dans le vif au milieu des poils. Certes, il s’est fait remonter les bretelles par le Milliardaire pendant la guerre de juin dernier, lorsqu’il lui a fallu ramener ses avions cou-couche panier après des tirs forains sans permission sur quelques objectifs nucléaires en Iran, mais il n’en a cure : depuis longtemps, il a placé les Palestiniens, les Iraniens et le Hezbollah sous un chapiteau. « Qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent », disait Néron, qui aimait aussi le cirque.
En attendant que le ciel du Golfe pleuve des marines, le Trumpinambour disjoncté s’est surpris lui-même à solliciter les aides des Européens et des Chinois pour sécuriser le détroit d’Ormuz, et l’assistance des Pakistanais, des Égyptiens et des Saoudiens pour prendre langue avec ses ennemis. À force de chercher à savoir si c’est la girouette qui tourne ou le vent qui change de direction, il finira par faire appel aux Iraniens eux-mêmes pour se joindre à la kermesse.
gabynasr@lorientlejour.com


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J'ai comme l'impression que personne, les europeens en premier ne connait ce cher Trump, toujours pret a "sensationner", si je puis dire, pourvu qu'on parle de lui!!!
19 h 10, le 31 mars 2026