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Culture - Événement

« Femmes de mon pays » : aux Musicales du Liban à Paris, un récital entre piano et poésie

Le pianiste Georges Daccache et le comédien Bruno Tabbal ouvrent la 8ᵉ édition du festival par une rencontre musicale et littéraire dédiée aux créatrices libanaises.

« Femmes de mon pays » : aux Musicales du Liban à Paris, un récital entre piano et poésie

Nadia Tuéni, poétesse libanaise (1935-1983), dont l’œuvre continue d’inspirer la scène culturelle libanaise. Photo Facebook

Pour le premier concert de sa huitième édition, le festival Musicales du Liban à Paris rend hommage aux « femmes de mon pays », selon les mots de la poétesse Nadia Tuéni. Le 21 mars à 19 heures, à l’Espace Bernanos (Saint-Louis-d’Antin), le pianiste Georges Daccache et le comédien Bruno Tabbal proposeront un récital conçu comme un dialogue entre musique et poésie.

Le programme réunit un florilège de pièces pour piano de Rita Ghosn, Mona Ahdab, Bushra el-Turk, Violaine Prince, Rosa Guraieb, Rania Awada, Mathilde Hage et Irma Toudjian, auxquelles répondent des textes de Vénus Khoury-Ghata, Andrée Chedid, Nadia Tuéni, Suzanne Alywan, Leila Eid et Rita Baddoura. Une rencontre qui illustre avec finesse l’ancienne affinité entre les deux arts – « la poésie, cousine germaine de la musique ».

Un projet né d’un désir de visibilité

À l’origine de ce projet, la volonté de Georges Daccache de mettre en lumière les compositrices libanaises, encore trop rarement programmées. Le pianiste explique avoir été inspiré par l’intérêt croissant porté ces dernières années aux compositrices occidentales et avoir souhaité que cette reconnaissance s’étende également aux créatrices libanaises. L’idée d’y associer la poésie s’est ensuite imposée naturellement, afin de créer un dialogue sensible entre mots et musique.

Pour donner corps à ce projet, il a fait appel à son ami Bruno Tabbal, comédien et metteur en scène. Ensemble, ils ont imaginé une forme scénique simple mais subtilement construite, où lectures et pièces musicales s’enchaînent dans une trame dramaturgique discrète.

La première version de ce concert-lecture a été présentée à Beyrouth en avril 2025, à Beit Tabaris, avec la participation de la musicologue Zeina Saleh Kayali. Devant l’accueil chaleureux du public, le programme a ensuite voyagé : festival des Nuits d’Orient à Dijon, puis Fondazione Siotto à Cagliari, avant d’être repris aujourd’hui à Paris dans une version enrichie.

Au piano, Georges Daccache explore les univers très divers de ces compositrices. Certaines, comme Rania Awada ou Mona Ahdab, s’inscrivent dans une écriture encore marquée par un romantisme tonal. D’autres, comme Mathilde Hage ou Bushra el-Turk, développent un langage plus contemporain, tandis qu’Irma Toudjian s’aventure vers des formes minimalistes et répétitives.

D’autres encore introduisent des influences multiples : un orientalisme teinté d’esprit français chez Violaine Prince, ou des couleurs latino-américaines chez Rosa Guraieb et Rita Ghosn. Autant de paysages sonores qui composent, selon le pianiste, une véritable invitation au voyage musical.

Face au piano, Bruno Tabbal fait entendre les voix de plusieurs grandes poétesses libanaises d’expression française. Le choix des textes, explique-t-il, n’a pas été simple tant l’héritage est riche. Il a cherché à faire dialoguer des styles et des sensibilités variés, découvrant peu à peu que cette sélection dessinait, presque malgré lui, la trame narrative du spectacle.

La culture comme affirmation

Au-delà de la dimension artistique, la codirectrice des Musicales Zeina Saleh Kayali revendique aussi un geste symbolique. Dans un contexte où l’actualité associe souvent le Liban aux images de guerre, porter la culture libanaise sur scène revient, pour elle, à affirmer l’existence et la vitalité d’un pays dont l’identité se nourrit aussi de sa création artistique.

Les Musicales du Liban entendent ainsi rappeler l’image d’un Liban de culture et de civilisation, qui continue de rayonner malgré les crises.

L’édition 2026 du festival s’accompagne également d’un engagement solidaire : 25 % des recettes des concerts seront reversés au Children’s Cancer Center, à Beyrouth.

Pour le premier concert de sa huitième édition, le festival Musicales du Liban à Paris rend hommage aux « femmes de mon pays », selon les mots de la poétesse Nadia Tuéni. Le 21 mars à 19 heures, à l’Espace Bernanos (Saint-Louis-d’Antin), le pianiste Georges Daccache et le comédien Bruno Tabbal proposeront un récital conçu comme un dialogue entre musique et poésie.Le programme réunit un florilège de pièces pour piano de Rita Ghosn, Mona Ahdab, Bushra el-Turk, Violaine Prince, Rosa Guraieb, Rania Awada, Mathilde Hage et Irma Toudjian, auxquelles répondent des textes de Vénus Khoury-Ghata, Andrée Chedid, Nadia Tuéni, Suzanne Alywan, Leila Eid et Rita Baddoura. Une rencontre qui illustre avec finesse l’ancienne affinité entre les deux arts – « la poésie, cousine germaine de la musique ».Un projet né d’un...
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