
Chère lectrice, cher lecteur,
Cette deuxième semaine de guerre, au Liban, a été marquée par plusieurs développements.
Si les frappes israéliennes meurtrières se sont poursuivies au Liban-Sud, dans la Békaa et sur la banlieue sud de Beyrouth, des frappes ciblées ont également visé des quartiers au cœur de la capitale - Bachoura, Ramlet el-Baïda ; Aïcha Bakkar-, ou dans d’autres banlieues que la banlieue sud - Bourj Hammoud. Cette semaine, l’armée israélienne a par ailleurs bombardé des ponts au Liban-Sud, un centre de santé dans la caza de Bint Jbeil -tuant 12 médecins, secouristes et infirmiers-, et a menacé de viser des camions civils circulant sur le littoral au Sud,
La semaine a aussi été marquée par des appels quotidiens israéliens à évacuer la banlieue sud de Beyrouth, mais aussi par un ordre d’évacuation israélien massif pour tout le Liban-Sud jusqu'au fleuve Zahrani, et non plus jusqu'au Litani. Soit plus au nord encore. Dans le même temps, Israël a annoncé le déploiement de la brigade d'élite Golani à la frontière libanaise.
A tout cela, il faut ajouter les informations rapportées par le média Axios qui indiquait, citant des responsables israéliens et américain, qu’Israël prévoit d’élargir considérablement son opération terrestre au Liban-Sud, avec pour objectif de s’emparer de toute la zone située au sud du fleuve Litani et de démanteler l’infrastructure militaire du Hezbollah.
D’où la question suivante : jusqu’où, cette fois-ci, ira l'invasion israélienne au Liban-Sud ?
Dans ce contexte, tandis que le Hezbollah a lancé, mercredi soir, l’attaque la plus vaste qu’il a menée contre Israël depuis le renouvellement de la guerre au Liban début mars, l’opération « Paille mâchée », le Liban officiel se débat pour trouver une sortie de guerre. Le président Joseph Aoun a ainsi proposé l’instauration d’’un cessez-le-feu d'un mois et le lancement de négociations directes avec Israël. Mais d’une part, la formation de la délégation libanaise semblait buter, en fin de semaine, sur la désignation du représentant de la communauté chiite. Le président français Emmanuel Macron est ainsi de nouveau intervenu pour tenter de convaincre le président du Parlement Nabih Berry de désigner une personnalité chiite. Et d’autre part, côté israélien, le gouvernement exige des négociations sous le feu…
Voilà où nous en étions en cette fin de semaine. Pour vous aider à y voir plus clair, nous vous avons préparé une sélection de neuf articles sur les derniers développements au Liban et les questions qui se posent aujourd’hui.
L’Orient-Le Jour


Guerre contre le Liban : Israël avance sur le terrain et impose le tempo des négociations

Les efforts se poursuivent pour réunir les conditions nécessaires à la tenue des négociations entre Israël et le Liban. Mais le président du Parlement libanais Nabih Berry, et le tandem chiite, continuent de refuser de désigner une personnalité chiite pour participer à la délégation libanaise tandis que de son côté, Israël impose ses conditions et affirme qu’aucune négociation directe n’est prévue avec le Liban. Mounir Rabih fait le point.

La dernière bataille du Hezbollah

En septembre 2024, au lendemain de l’attaque des bipeurs et huit jours avant son assassinat, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, livrait son dernier discours. Deux mois plus tard, son successeur Naïm Kassem donnait son feu vert à un accord négocié avec l’envoyé spécial américain Amos Hochstein, pour un cessez-le-feu. Mais le Hezbollah était-il vraiment prêt à se désarmer ? Ou avait-il signé un accord sous la pression de son allié et de sa base populaire après une guerre qui fut dévastatrice pour le parti ? Près d'un an et demi plus tard, le Hezbollah, que l’on disait à l'article de la mort, semble au contraire avoir profité de ce temps pour tirer les leçons de la précédente guerre. Décryptage de Scarlett Haddad et Anthony Samrani.

Cette fois-ci, jusqu’où ira l’invasion israélienne au Liban-Sud ?

A quoi ressemblera l’invasion israélienne qui se profile ? En 2024, il lui avait fallu 2 semaines pour franchir la ligne bleue, cette fois-ci Israël a lancé ses incursions à peine 48h après le début des hostilités. Et chaque jour qui passe, l'État hébreu avance un peu plus. Gabriel Blondel fait le point sur la nature de cette nouvelle invasion terrestre.

Le Hezbollah sort « l'artillerie lourde »... mais peine à changer la donne

Depuis son entrée dans le conflit régional aux côtés de l’Iran, le Hezbollah joue l’escalade et tire ses roquettes plus profondément en territoire israélien. Le 11 mars, le parti a même lancé, en coordination avec l’Iran, plus d’une centaine de missiles vers Israël dans le cadre d’une opération appelée « la paille mâchée ». Mais malgré l’intensification de ses attaques, la menace que représente actuellement le Hezbollah n’est pas à un niveau susceptible d’influencer les calculs stratégiques d’Israël au Liban. Plus encore, le parti semble craindre que la guerre au Liban ne se poursuive après un éventuel cessez-le-feu en Iran. Explications de Malek Jadah.

Intervention américaine dans la guerre Israël-Hezbollah : un scénario réaliste ?

Après le tir massif de missiles vers Israël par le Hezbollah mercredi soir, des médias israéliens ont évoqué une éventualité inédite : la participation des États-Unis dans la guerre au Liban, en commençant par des bombardements dans la Békaa. Ce scénario est-il réaliste ? Analyse de Malek Jadah.

Guerre au Liban : dos au mur, Nabih Berry continue de jouer un « double jeu »

Le président du Parlement Nabih Berry a été pris de court par le Hezbollah, son allié de toujours, qui a rejoint le conflit régional aux côtés de l’Iran, sans consultation préalable. De plus, contrairement au conflit de 2024, Nabih Berry ne sera pas le seul interlocuteur des médiateurs pour trouver une formule en vue d'un cessez-le-feu. Cette fois, le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam paraissent plus fiables aux yeux de la communauté internationale. En somme, Nabih Berry est dos au mur et paraît impuissant, à l’heure où l’avenir de la communauté chiite dont il est le visage politique, se joue sur le terrain. Nemtala Eddé vous explique.

Réformes économiques et financières : quand la guerre avec Israël rebat les cartes au Liban

La guerre au Liban intervient à un moment critique pour son économie. Depuis plusieurs mois, les autorités tentaient de mettre en place un cadre budgétaire à moyen terme pour redessiner la trajectoire des finances publiques et rouvrir la voie des négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI). Mais la guerre fragilise les recettes publiques, impose des dépenses supplémentaires et remet les négociations avec le FMI à leur point de départ. Explications de Mounir Younes.

Déplacés chiites : les « importuns » de la nouvelle guerre au Liban

Depuis le début du conflit, on compte plus de 800 000 déplacés officiellement enregistrés au Liban. L’armée israélienne elle, semble plus que jamais déterminée à « débusquer » les membres du Hezbollah où qu’ils se trouvent. Cherchant refuge ailleurs, des centaines de déplacés, majoritairement chiites, se heurtent aux refus catégoriques des populations locales, par peur des représailles. Résultat : les tensions intercommunautaires atteignent leur paroxysme, amplifiées par les bombardements, les injonctions d’évacuation et l’incapacité de l’Etat à imposer l’ordre. Reportage de Caroline Hayek, Suzanne Baaklini, Renée Davis et Ghadir Hamadi.

Chareh rassure Aoun et expose sa vision : une intégration arabe face à l’Iran et à Israël

Depuis le début de la guerre qui secoue actuellement la région, et malgré la complexité de la situation, la Syrie parvient à se tenir à l'écart. Plus encore, pour le président syrien Ahmad el-Chareh, le conflit entre l’Iran et Israël pourrait, dans certaines conditions, servir les intérêts des États arabes. Il affirme que la guerre modifiera profondément les équilibres et partenariats militaires et sécuritaires de la région. Dans ce contexte, la formule de « l’unité du destin et de la trajectoire » qui liait autrefois la Syrie et le Liban refait surface, avec l’ambition de l’élargir à l’ensemble des pays arabes. Explications de Mounir Rabih.

