
Chère lectrice, cher lecteur,
Comme une impression de déjà-vu. Une hausse de taxe, et des Libanais qui prennent la rue pour dire leur fatigue, leur lassitude. Lundi, le gouvernement Salam a approuvé l'augmentation d'un point de la TVA et du prix de l'essence pour financer la hausse des rémunérations dans le public, provoquant de vives réactions dans un pays où le salaire minimum ne dépasse pas les 400 dollars. Comment réformer quand le nœud principal n’est pas résorbé ? La question se pose aussi alors que la loi concernant l’immatriculation des véhicules peine à être appliquée au Liban.
Sur un autre plan, les régions continuent de payer le prix de leur proximité avec leurs voisins syrien et israélien. Dans le Hermel, c’est une véritable cité qui continue de croître, pour accueillir les nouveaux réfugiés de Syrie. Et dans le sud du pays, les habitants font face à une nouvelle arme destructrice pulvérisée par Israël : le glyphosate.
L’actualité apporte, néanmoins, quelques bonnes nouvelles que nous avons glissées dans cette sélection.
L’Orient-Le Jour


« Je préfère plutôt brûler ma moto » : au Liban, des chauffeurs illégaux pris entre la loi et la pauvreté

Depuis le début du mois, les chauffeurs de minibus, de tuk-tuks et les livreurs à moto ont organisé plusieurs sit-in pour protester contre la décision du ministère de l’Intérieur de saisir tout véhicule non-enregistré sur le territoire libanais. Pourtant la décision n’est pas inédite, « il s’agit d’une circulaire permanente » rappelle une source au sein du ministère de l’intérieur, à L’Orient-Le Jour. Alors que le ministère justifie ces mesures par des enjeux de sécurité publique, cette décision suscite la colère des chauffeurs dans un Liban en crise. Yara Sarkis a recueilli leurs témoignages.

« Stratégie d’appauvrissement » : grogne politique et syndicale contre les augmentations approuvées par le gouvernement

Au lendemain du Conseil des ministres, l’annonce de l’augmentation de la TVA et du prix de l’essence a suscité une vague de colère au Liban dans les milieux politiques et syndicalistes mais aussi dans la rue. Le premier ministre Nawaf Salam et le ministre des Finances Yassine Jaber ont tous les deux pris la parole pour défendre cette décision, justifiée par le besoin de financer une augmentation du salaire des fonctionnaires, qui se sont effondrés dans la foulée de la crise économique de 2019. L’Orient-Le Jour vous explique.

Les infirmiers palestiniens au Liban peuvent (enfin) exercer en toute légalité

Le 6 février, la loi votée en juillet 2021 pour encadrer la profession infirmière, est entrée en vigueur par décret. L’une des dispositions vise les réfugiés palestiniens enregistrés auprès de l’Unrwa : elle permet au ministère de leur accorder un permis temporaire d’un an pour travailler dans un hôpital déterminé. Mais pour cela, l’établissement doit montrer un besoin, publier l’offre d’emploi et prouver qu’aucun infirmier libanais n’a postulé. Sur le papier, la mesure ouvre une voie légale aux infirmiers palestiniens mais dans les faits, les conditions sont jugées contraignantes. Ghadir Hamadi fait le point.

Glyphosate pulvérisé par Israël : le Liban Sud face à une autre arme destructrice

Le 1er février, des avions israéliens ont pulvérisé du glyphosate sur plusieurs localités du Sud-Liban, près de la ligne de démarcation. Selon les analyses, la concentration était 20 à 30 fois supérieure aux normes agricoles. Un herbicide toxique aux conséquences graves sur la santé, les sols et les cultures. Le Liban qualifie cette attaque de violation du droit international et s’apprête à déposer plainte auprès de l’ONU, tandis que les populations locales demandent protection et justice. Reportage de Téa Ziadé, Caroline Hayek et Suzanne Baaklini.

Dans un camp au Hermel, ces chiites de Syrie désormais réfugiés

Dans la Bekaa-Nord-Est, au cœur d’un champ rocailleux appartenant à la municipalité de Hermel, un camp baptisé Imam Ali a vu le jour. Inauguré le 11 décembre dernier, il ne s’agit pas cette fois de tentes blanches mais d’une petite cité en dur érigée par le Hezbollah, pour loger les familles qui ont fui juste avant l’arrivée du nouveau pouvoir à Damas. Caroline Hayek s'est rendue sur place.

Dites « café libanais » et pas « turc » !

Pourquoi le café noir que l’on sirote le matin au Liban est-il appelé « café turc » ? Le nom de ce breuvage arrivé au Liban au XVIème siècle est-il toujours justifié ? Ce n’est pas l’avis du syndicat des propriétaires de restaurants, cafés et boîtes de nuit qui demande aux propriétaires d’institutions touristiques au Liban de favoriser l’appellation « café libanais » plutôt que « café turc ». L’initiative a suscité beaucoup d’intérêt notamment sur les réseaux sociaux. Explications de Suzanne Baaklini.

