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Nos lecteurs ont la parole

L’intelligible citoyenneté de Neemat Aoun

Quand la Première dame du Liban, Neemat Aoun, lance son projet « La citoyenneté libanaise », elle est bien consciente et complètement convaincue que la République libanaise risque des dangers intenses qui menacent l’unité, l’intégrité et l’indépendance du pays, et par conséquent son rôle d’existence.

Partant du principe que la citoyenneté n’est pas un cadeau, il faut la mériter. Pour parvenir, ne faut-il pas respecter les lois, défendre l’identité et les valeurs ?

Le Liban, par son site et sa situation sur les côtes orientales de la Méditerranée. Par son rôle influent entre l’Est et l’Ouest, son port, ses « banques », ses écoles, ses universités, ses hôpitaux, ses journaux, son valeureux potentiel de 12 millions de Libanais répartis aux quatre coins du monde, cette vaste ouverture sur l’Orient comme sur l’Occident, et comme l’a qualifié le président français Emmanuel Macron dans son discours à la 75e session de l’Assemblée générale des Nations unies, « un trésor pour l’humanité toute entière », le Liban ne peut alors que conserver, défendre, préserver et protéger ce patrimoine patriotique et aussi, et surtout humanitaire.

De prime abord, ce qui se présente à l’esprit, c’est l’identité libanaise. Sans nul doute, Mme Aoun voudrait affirmer la préservation de l’identité libanaise. Cette identité spéciale doit manifester le caractère de ce qui est unique. Si les chrétiens et les musulmans libanais s’adressent à leur Créateur, c’est avec les mêmes paroles qu’ils prononcent : Allah Akbar et Prions le Seigneur. Jésus-Christ a démoli l’obstacle de l’animosité entre les hommes. C’est l’espérance et l’espoir qui guideront vers la liberté, la pensée et la volonté. L’histoire s’est avérée une seule fatalité : aller en avant.

En effet, puisque notre région est désormais le théâtre de grands changements radicaux, il s’avère que la neutralité du Liban provoquera la stabilité du pays et, par conséquent, la croissance et la prospérité. Mais cette position n’implique-t-elle pas la recherche et l’application de la profondeur spirituelle selon le pape Léon XIV ?

L’amour dans le christianisme et la miséricorde dans l’islam, selon Sa Sainteté, se conjuguent parfaitement au Liban. Ils se sont manifestés à merveille lors de la guerre en 2024. La population libanaise a réservé le meilleur accueil possible aux déplacés du Sud et de la banlieue de Beyrouth chiite durant les affrontements. Ce mouvement de solidarité populaire a été impressionnant et admirable. De même, lors de la visite du pape Léon XIV, toutes les communautés confessionnelles musulmanes et chrétiennes étaient là, à sa rencontre, en plein cœur de la capitale.

Mais la cohésion nationale n’est pas occasionnelle. Elle s’exerce, selon la Première dame, par les yeux, le cœur, l’esprit et la mémoire. Pour se faire, la clarté, la justice et la liberté feront les assises sur lesquelles se fonde l’éducation des jeunes. Et puisque la jeunesse du Liban, comme tous les autres pays, constitue le capital humain et la garantie de sa survie, ne faut-il pas procéder à former la jeunesse au sens national et civique ? N’avons-nous pas dit que « celui qui tient l’éducation de la jeunesse tient l’avenir des nations entre les mains » ?

Les écoles du Liban, qu’elles soient publiques ou privées, catholiques, orthodoxes, évangéliques, sunnites, chiites, druzes, sont invitées à contribuer au sauvetage du pays, par l’application de l’enseignement de la citoyenneté libanaise. Si nous tenons à l’enracinement de notre vie commune, ne devrions-nous pas la conjuguer par le rassemblement des jeunes, de toutes les confessions, à travers les réseaux sociaux ?

Les jeunes du Liban, trésor humain, vivent dans un monde à mutation complète. N’incombe-t-il pas aux autorités compétentes et aux institutions éducatives de les diriger et les mener à tout ce qui est juste, vrai et beau ? Puisque l’aventure humaine est en panne et le futur n’est plus porteur de promesse, l’humanisme a alors besoin d’être refondé. C’est alors qu’il faut chercher des dimensions dans la foi, dans l’éducation.

Éduquer les jeunes à la tendresse, à la bonté, à l’espérance, à la fidélité, à l’humilité. Ces assises ne mènent-elles pas à la coexistence pacifique entre les religions ?

Mais aussi, mais surtout éduquer les jeunes à la liberté, à la dignité nationale et personnelle, à la fierté, à la justice, à l’égalité, à l’altruisme. Ainsi, la jeunesse du Liban sera incitée à renoncer à la haine, à la faire rêver, à la soutenir à élever son esprit et à mobiliser son énergie.

Mais encore, à travailler, à veiller et protéger ses droits et sa dignité. À s’opposer aux insultes et à se soulever contre l’injustice. Les jeunes du Liban savent bien qu’« un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups ».

Ils savent aussi que la réussite nécessite le sacrifice et aussi la croyance. Quand Dieu éclaire ta vie, nul ne pourra l’éteindre.

Ainsi les jeunes du Liban garderont les pieds sur terre et la tête dans les étoiles.

UL

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Quand la Première dame du Liban, Neemat Aoun, lance son projet « La citoyenneté libanaise », elle est bien consciente et complètement convaincue que la République libanaise risque des dangers intenses qui menacent l’unité, l’intégrité et l’indépendance du pays, et par conséquent son rôle d’existence.Partant du principe que la citoyenneté n’est pas un cadeau, il faut la mériter. Pour parvenir, ne faut-il pas respecter les lois, défendre l’identité et les valeurs ?Le Liban, par son site et sa situation sur les côtes orientales de la Méditerranée. Par son rôle influent entre l’Est et l’Ouest, son port, ses « banques », ses écoles, ses universités, ses hôpitaux, ses journaux, son valeureux potentiel de 12 millions de Libanais répartis aux quatre coins du monde, cette vaste...
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