On ne change pas une méthode qui marche. Les Libanais ne sont même pas sortis de la crise dans laquelle ils pataugent depuis 2019, que déjà la bande à Tonton Nawaf vient de leur asséner un coup de massue quasi équivalent à la fameuse « grille des salaires » de sinistre mémoire. Le nouveau racket va enfin pouvoir commencer, bientôt ils n’auront plus que l’impôt sur les os. Y a bon pognon, miam-miam !
Au départ, comme il se doit, une véritable idée tordue : gaver les dizaines de milliers de planqués qui émargent à la fonction publique, dont certains pour trois heures de présence par jour, sans même engager ne serait-ce que l’ébauche d’un projet de réduction du train de vie de cet État décrépit et impotent. Trois heures de taf sur plus de 50 ans pour un pays qui a connu une guerre civile, deux occupations militaires, une tutelle communautaire, une monnaie en capilotade et des dégustations israéliennes en tout genre couronnées par une victoire divine bidon, puis une raclée magistrale que les cocus se crèvent encore la dalle à éponger. En revanche, c’était Byzance pour les glandus !
Payés à pantoufler aux frais du contribuable, les ronds-de-cuir agitaient en plus la menace d’une grève illimitée, comme si pour eux on pouvait noter une différence entre un jour de turbin et un jour chômé. Dans les sit-in de Beyrouth, il y avait ainsi des dizaines de milliers de spécialistes en économie, finance, gestion budgétaire et administrative, qui avaient mis au point un concept économique révolutionnaire : travailler moins pour gagner plus. À les entendre, on est désormais fixé : les organismes économiques et financiers mondiaux, les experts de la Banque mondiale, du FMI et de la Banque européenne d’investissement sont tous des ânes, menés au doigt et à l’œil par les riches assis sur leur tas de fric.
Une formule passe-partout qui ne veut rien dire, tant que le financement de cette nouvelle augmentation ne s’attaque pas à l’essentiel : le dégraissage massif de l’administration par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ; la mise à la diète forcée de cet État boulimique qui pendant des années s’est gavé d’emplois fictifs ; la privatisation rapide des officines-poubelles à la gestion ratée… La voilà, l’origine du pognon ! Pas seulement dans la poche du clampin de base qui peine à joindre les deux bouts, ni dans celle du milliardaire qui peine à joindre les deux bouts… de la ceinture de son pantalon. Après, on s’étonne que les plus fortunés lorgnent sur les paradis fiscaux. Un paradis fiscal, ça n’existe que parce qu’il y a un enfer fiscal !
Et avec ça, fiers d’un budget présenté, disent-ils, dans les délais ! N’en demandez surtout pas le détail, il se résume en quelques mots : salaires, taxes, salaires, taxes et… promesses somptuaires. Il faut vraiment le gratter, ce parchemin issu de la phosphorescence des politiques, pour trouver des programmes de développement générateurs d’emploi.
Bon, va falloir se serrer davantage la ceinture en attendant d’improbables jours meilleurs. Libanais, saignez-vous aux quatre veines pour engraisser la caste privilégiée des fonctionnaires ! Que les miséreux d’aujourd’hui crèvent, pour sauver les miséreux de demain…
gabynasr@lorientlejour.com


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Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
Une bonne mesure gouvernementale : "Les infirmiers palestiniens au Liban peuvent (enfin) exercer en toute légalité". Mesure sage, mais après la dernière banqueroute, les infirmiers(ières) libanais(es) ont quitté leurs emplois pour s’expatrier, forts de leur expérience dans le domaine des urgences et trouvaient des emplois dans les meilleurs hôpitaux en Europe avec des revenus importants. Les infirmiers palestiniens feront le même chemin que les Libanais. Toutes ces mesures ne sont qu’une couche de plâtre sur une jambe de bois. C’est humiliant de subir l’austérité après les guerres successives
10 h 45, le 21 février 2026