La Saint-Valentin, la fête de l’amour par excellence. Une commémoration qui implique les sorties, dans un bon resto, le soir, en couple, avec la bien-aimée (ou le bien-aimé), le cadeau inévitable qui varie en fonction du budget disponible, accompagné immanquablement de la rose. Les dîners à la chandelle... Sans parler de la couleur rouge, en l’occurrence le rouge vermillon qui symbolise la force de la passion et qui est toujours prédominante à cette occasion. Excepté le cadeau de couleur jaune et qui brille, très prisé par la gent féminine, cela va sans dire.
Avec et comme revers de la médaille, la société de consommation qui pointe forcément le bout de son nez à chaque fête de l’amour. Cela, il ne faut nullement le perdre d’esprit.
Tout en n’ayant rien contre l’amour, je peux vous affirmer que, personnellement, je suis un grand adepte de la tendresse. Un grand adepte de la tendresse, nettement plus que de l’amour. Pour la simple raison que cette même tendresse suppose un sentiment de chaleur, de l’affection douce, de l’attachement, du charme, des attentions délicates, des paroles, des gestes et des billets doux... Tandis que l’amour, qui peut avoir plusieurs significations, plusieurs synonymes, plusieurs interprétations et plusieurs formes, peut varier des aspects les plus nobles, les plus purs, aux figures les plus infâmes et les plus dégradantes, et peut de ce fait varier du meilleur au pire.
Ça me rappelle ici une superbe chanson du grand Charles Aznavour, très expressive à cet égard, intitulée L’Amour bon Dieu, l’amour.
Il a été vérifié qu’un gros câlin ou bien une grande accolade peuvent avoir un impact positif sur la santé physique et psychique. Notamment sur la santé mentale, et représenter une rémission à certaines maladies, perturbations et états morbides. Déjà que les marques de tendresse peuvent, corporellement et psychologiquement, déclencher et activer tout ce qui a rapport avec nos hormones du bonheur.
De nos jours, avec le mode de vie actuel, la société de consommation, la rapidité du train de vie, la présence des réseaux sociaux qui jalonnent notre quotidien, le règne de la célérité, la culture du jetable et de l’usage unique, ce sentiment de tendresse devient de plus en plus rare et éphémère. En perte de vitesse quelque peu, au profit de l’amour.
En revanche, et contrairement à l’amour qui a plusieurs formes, la tendresse n’en a qu’une. Sans parler du fait que le véritable amour passe nécessairement par la tendresse, de sorte qu’il n’y a pas de vrai amour sans tendresse.
Déjà qu’avec le temps, même le plus grand amour, l’amour le plus passionné, se transforme généralement en tendresse.
Très souvent, la nuance entre l’amour et la tendresse est très subtile et même quelques fois difficile à discerner.
Il a été dit autrefois que « hors de l’Église, point de salut », admettons, également, que point de salut, hors de la tendresse. Cette tendresse, planche de secours, bouée de sauvetage et ballon d’oxygène en période de traversée du
désert.
Michel Antoine AZAR
Avocat à la cour
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