Vue sur le château de Beaufort, dans le caza de Nabatiyé, occupé par les Israéliens, le 13 juillet 2026. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Cinq forteresses croisées de la région dite du Jabal Amel, au Liban-Sud, ont été placées par l'Unesco sur ses listes du patrimoine mondial et du patrimoine en péril, alors que plusieurs d'entre elles sont actuellement occupées par les forces israéliennes. Une décision prise par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture qui a été saluée à Beyrouth comme une reconnaissance cruciale pour l'importance de ces sites qui « témoignent de près d'un millénaire d'histoire politique, militaire et culturelle », selon le ministre de la Culture, Ghassan Salamé.
Il s'agit du château de Beaufort (Chqif), situé près de Yohmor el-Chqif, dans le caza de Nabatiyé, de ceux de Toron, à Tebnine (Bint Jbeil) et Doubiyé, à Chaqra, dans le caza de Bint Jbeil, des châteaux de Maron, à Deir Kifa, et de la citadelle de Chamaa, dans le caza de Tyr. Ces forteresses sont, selon l'Unesco, une « incarnation de cette période du Moyen Âge, façonnée par les traditions croisées, ayyoubides et mameloukes, tout en intégrant des éléments d'architecture locale propres. »
Dans un discours prononcé après cette inscription simultanée par l'Unesco de ces bâtiments sur les deux listes patrimoniales, le ministre Salamé a remercié l'organisation onusienne, et évoqué une étape « d'une importance capitale pour le Liban et pour la protection de notre patrimoine culturel commun. » Cette décision de l'Unesco, dont le Comité du patrimoine mondial est réuni depuis plusieurs jours à Busan, en Corée du Sud, « reconnaît la valeur universelle exceptionnelle d'un bien en série unique composé de cinq forteresses historiques qui, ensemble, ont façonné l'histoire du Liban-Sud pendant des siècles. Ces forteresses formaient un réseau défensif et administratif intégré contrôlant les axes stratégiques reliant la côte méditerranéenne à l'intérieur des terres. Elles témoignent de près d'un millénaire d'histoire politique, militaire et culturelle », a-t-il dit. « Ce qui a été bâti sur des milliers d'années ne doit pas être perdu en quelques heures », a lancé M. Salamé.
« L'ampleur des défis et des dommages »
Concernant l'inscription sur la liste du patrimoine mondial en péril, M. Salamé a souligné qu'elle « reflète l'ampleur des défis et des dommages subis par ces monuments », dans une région qui a subi depuis 2023, frappes israéliennes, combats avec le Hezbollah et occupation. Il a ajouté : « Le Liban ne considère pas cette inscription comme un jugement ou une condamnation, mais comme un appel à l'action collective et une reconnaissance des profondes conséquences du conflit, ainsi que de la volonté de la communauté internationale de préserver la valeur universelle exceptionnelle de ce patrimoine, de le protéger, de le restaurer et d'en assurer la transmission aux générations futures ».
Jeudi, la photo d'un drapeau israélien planté dans la citadelle médiévale de Doubiyé avait provoqué un tollé. Le ministère de la Culture avait dénoncé une « agression provocatrice ». Outre cette forteresse, Israël, qui a établi une « zone tampon » et occupe des dizaines de villages du Sud, s'était déjà emparé, le 31 mai dernier, du château de Beaufort, dans les hauteurs de Nabatiyé, menaçant d’y détruire des tunnels creusés en contrebas, ainsi que de la citadelle de Chamaa. À Tebnine, un mur du château de Toron avait été pulvérisé dans une frappe israélienne en 2024.
Mercredi, le comité de l'Unesco avait déjà ajouté la cité antique de Tyr, qui consiste en deux sites archéologiques répartis dans la grande ville du Sud, sur la liste du patrimoine en péril, après que des frappes israéliennes avaient endommagé des éléments lors de la dernière guerre. Outre ces sites du Liban-Sud, la Foire internationale Rachid Karamé de Tripoli, au Liban-Nord. conçue par l'architecte brésilien Oscar Niemeyer entre 1962 et 1967, et dont la construction s'était achevée en 1975, avait rejoint la liste du patrimoine en péril en 2023.
Le Liban compte, sur la liste du patrimoine mondial, les sites d'Anjar et Baalbeck, dans la Békaa, la ville de Byblos, au nord de Beyrouth, ainsi que la vallée de la Qadicha et la forêt des Cèdres du Seigneur, au Liban-Nord.
Israël, qui n'est pas membre de l'Unesco, a dénoncé ce qu'il a estimé être une instrumentalisation cynique du patrimoine culturel » concernant le château de Beaufort, que l'État hébreu accuse le Hezbollah d'avoir « militarisé et transformé en bastion militaire ». Le ministère libanais des Affaires étrangères a dénoncé le « silence » et la « démission morale » de l'organisation onusienne à ce sujet.




Encore un exemple ou le hezballah met en péril et détruit, et le reste des libanais représentés par Ghassan Salameh, ministre du gouvernement, protègent : Le hezballah fait la guerre à Israel sans concertation, bourre d'armes et utilise les alentours des sites pour ses combats et les autres libanais les protègent d'Israel.
14 h 36, le 24 juillet 2026