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Nos lecteurs ont la parole

Paradoxal enfant terrible de la République : Ziad Rahbani, un an déjà

Le décès, l’année dernière, de Ziad Rahbani avait fait couler au Liban (et aussi sans doute à l’étranger), beaucoup d’encre, surtout sur les réseaux sociaux.

Certes que le génie de ce dernier et le fait qu’il soit pluridisciplinaire à plusieurs niveaux ont créé sa particularité propre. Son talent, sa modestie, sa révolte contre toute forme d’injustice et en faveur de la souffrance des gens du peuple, des classes sociales laborieuses, des pauvres, des défavorisés, son franc-parler naturel sans artifice, son côté drôle pince-sans-rire, son caractère original (à la limite marginal) qui sort des sentiers battus, son esprit naturel, jamais guindé et loin des soucis de la convenance, son côté quelque peu anarchiste... l’ont rendu très populaire chez les Libanais, même ceux qui ne partageaient pas toujours ses idées, en particulier au niveau politique, idéologique ou même en matière de religion – bien qu’il soit derrière plusieurs cantiques connus, qui touchent foncièrement le fond des âmes pieuses, chantés lors de diverses célébrations religieuses.

Tout lui était permis, tout lui était autorisé, même ses idées originales, parfois bizarres et inattendues, et de ce fait, il bénéficiait d’une grande indulgence et de beaucoup de compréhension de la part des gens, toutes classes sociales confondues. Idées saugrenues de temps en temps, sans ignorer le fait qu’il disait souvent tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. Par conséquent, il bénéficiait de larges circonstances atténuantes en raison de cela.

C’est à se demander probablement, s’il ne cachait pas derrière son art et sa pratique de l’humour à froid, quelques incompréhensions, détresse émotionnelle et une certaine tristesse quelque part. Une tristesse, à l’origine peut-être, nul ne saurait dire, de diverses dépendances !

Qu’on partage ses idées ou pas, qu’on soit de gauche ou de droite, croyant ou athée, révolté, anarchiste, marginal ou en conformité avec les règles de la bienséance, de l’étiquette, de la convenance, des normes sociales, des usages établis et du politiquement correct, qu’on soit serein et froid ou provocant et agressif... Ziad Rahbani restera, en dépit de sa modestie notoire (ou peut-être grâce à elle), un « grand ». Un grand humaniste, un grand intellectuel dont l’activité principale faisait exclusivement appel au travail de l’esprit et à l’observation des mœurs et pratiques de la société, un grand patriote à coup sûr (malgré ses griefs, souvent à juste titre, contre le système politique, le nizam et la dawleh en décrépitude), un grand artiste, cela va sans dire, un grand perfectionniste dans son travail et son art... Sans oublier également qu’il reste le fils de la famille Rahbani. Cette famille qui, quoi qu’on en dise, a tant donné pour le Liban. En particulier, le fils de Feyrouz, notre Diva nationale qui a subi, à son âge avancé, la pire affliction qui puisse arriver à des parents. Feyrouz, qui est restée, lors des funérailles et des condoléances, comme à l’accoutumée, toujours très digne, dans sa douleur intense. Que le Seigneur lui donne longue vie, lui vienne en aide et qu’il console son cœur affligé par le deuil hélas, d’un premier enfant, du second avec Ziad et du troisième avec Hali.

Une blessure profonde, pas facile à cicatriser !

Et là, on peut se demander, si la vue de certains de ceux qui avaient versé des larmes de crocodile, lors des funérailles de Ziad, lui-même, tel qu’on le connaît, aurait toléré leur présence ! Petite question anodine mais pertinente, qui mérite réflexion.

Immortel Ziad Rahbani !

Tu étais unique en ton genre et de ce fait, ton départ laisse un vide énorme ! Je parie, connaissant ton caractère, que là où tu es, tu ne cesses d’amuser la galerie !

Paix à ton âme !

Avocat à la cour

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Le décès, l’année dernière, de Ziad Rahbani avait fait couler au Liban (et aussi sans doute à l’étranger), beaucoup d’encre, surtout sur les réseaux sociaux. Certes que le génie de ce dernier et le fait qu’il soit pluridisciplinaire à plusieurs niveaux ont créé sa particularité propre. Son talent, sa modestie, sa révolte contre toute forme d’injustice et en faveur de la souffrance des gens du peuple, des classes sociales laborieuses, des pauvres, des défavorisés, son franc-parler naturel sans artifice, son côté drôle pince-sans-rire, son caractère original (à la limite marginal) qui sort des sentiers battus, son esprit naturel, jamais guindé et loin des soucis de la convenance, son côté quelque peu anarchiste... l’ont rendu très populaire chez les Libanais, même ceux qui ne partageaient pas toujours...
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