Le logo du plan de développement Vision 2030, décorant le stand saoudien au Gitex 2018, une exposition au World Trade Center de Dubaï, le 16 octobre 2018. Phoot d'archives AFP
Un décret royal a suffi pour l’évincer, ce jeudi 12 février. Khalid Al-Falih, jusque-là ministre des Investissements saoudien depuis 2020, est passé ministre d’État, remplacé par Fahad ben Abduljalil ben Ali Al-Saif. Si ce changement a été fait dans le cadre d’une série de nominations plus large, il est significatif, alors que l’Arabie saoudite s’apprête à annoncer une révision de son plan phare Vision 2030. Selon l'agence Reuters, l’idée a déjà été partagée discrètement avec des investisseurs et partenaires stratégiques clés lundi 9 février lors d’une conférence à Riyad.
Lancé en 2016 par le prince héritier et Premier ministre Mohammad ben Salmane (MBS), ce projet de diversification économique censé préparer l’ère post-pétrole devait placer le royaume saoudien à la tête des économies régionales, dans une rude compétition avec les Emirats arabes unis ou, dans une moindre mesure, le Qatar. Il prévoyait notamment des mégaprojets futuristes et faramineux pour attirer investissements comme travailleurs étrangers, en premier lieu desquels NEOM, qui englobait The Line et la station d’hiver Trojena. Ces mégaprojets ont néanmoins été reconsidérés à la baisse ces derniers mois, après de nouvelles évaluations de faisabilité. En cause : un budget plus serré en raison du cours relativement bas du pétrole, un manque d’investissements - en 2024, le royaume a attiré près de 32 milliards de dollars, bien loin de son objectif annuel de 100 milliards d’ici à 2030 - compensé par de l’emprunt, et une redéfinition des objectifs stratégiques de Riyad. Le royaume entend désormais rediriger ses efforts sur l’Intelligence artificielle (IA) ou encore les minerais.
Cette tâche est désormais attribuée à Fahad Al-Saif, qui devrait probablement bientôt annoncer une nouvelle stratégie pour boucler la décennie. « Nous n’avons pas d’égo, absolument aucun égo », avait déclaré en décembre dernier le ministre des Finances, Mohammad Al-Jadaan, préparant le terrain. « Si nous annonçons quelque chose et que nous avons besoin de l’ajuster, de l'accélérer, et d’en faire une priorité par rapport à d’autres choses, ou de la différer ou de l’annuler, nous le ferons sans hésiter. » Ancien banquier, Fahad Al-Saif travaillait surtout au fonds souverain saoudien, le PIF, depuis 2021, et en tant que responsable de la stratégie d’investissements et des perspectives économiques depuis 2024. De quoi resserrer les liens entre le gouvernement et cette entité, premier vecteur des investissements du royaume. Dans ses fonctions, il a également géré la stratégie d’IA du royaume, qui sera au cœur des priorités saoudiennes ces prochaines années. Il dispose aussi d’une vaste expérience en matière de gestion de la dette et des relations avec les investisseurs.


