Le rêve, le nirvana… et une carte postale aux airs de vacances : petite villa avec jardinet sur les contreforts de Téhéran, un canon antichar sur le toit, des drones dans le ciel, des champs gorgés d’uranium à perte de vue… et des pasdaran ruraux qui gambadent autour. Cette crise avec les Américains nous aura au moins permis de nous familiariser avec l’Iran des mollahs. Ubu frappe depuis 1979…
De toutes les farces politiques qui se jouent au Moyen-Orient, c’est certainement la plus réussie. Malgré les manifs, les émeutes, les boucheries parmi les contestataires, rien ne bouge ou si peu dans cette République enragée, en liaison Wi-Fi directe avec Dieu en personne. Là, des bouffons en turban continuent de mouliner sans vergogne le verbiage islamiste usé jusqu’à la corde des années 80 : les élections transparentes, c’est péché ; les femmes, c’est péché ; la musique, la télé, la drague, les bisous, c’est péché… Seul le missile balistique c’est bien, mais entre deux prières. Le tout débité dans un sabir bien à eux, dépourvu de toute syllabe étrangère, probablement parce qu’aux yeux de ces neuneus basiques, les diplômes, c’est aussi péché…
En Iran en tout cas, le cinéma est bien parti ! Le vieux Guide, qui a l’âge de ses artères et ses artères l’âge de pierre, commence à glaglater du dentier. Ce qui ne l’empêche pas de rester droit dans ses babouches : face au paradis de la barbe, le Donald à crête délavée n’a qu’à bien se tenir. Prépare-t-il l›après-Khamenei ? Khamenei, lui, mijote déjà l’après-Donald.
Travelling arrière sur un autre cinéma, mais cette fois du genre superproduction. Pendant que l’armada US fait des bulles dans l’eau au large du Golfe, ses satellites, ses avions, ses radars et ses sonars scrutent et reniflent tout ce qui bouge en Perse. Les Américains, on connaît. À l’heure qu’il est, ils ont dû compter un à un tous les poissons du détroit d’Ormuz, et sauvegarder sur disque dur les modèles de caleçons de chaque régiment de l’armée iranienne.
À Washington, le Trumpinator attend, lui, son heure, tapi dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche. Cette pièce même où en des temps plus heureux Bill Clinton gnougnoutait sa stagiaire. Il vient de recevoir Bibi le Nataniais, accouru sniffer ses intentions finales et lui ressasser ce vieux dicton démodé : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » Manque de bol, l’auteur romain de ce pensum n’a rien prévu pour celui qui veut « d’abord » la guerre.
Tout ça pour dire que dans la vie, finalement, tout est relatif. Miracle ! Maintenant j’adore Istiz Nabeuh et le Hezbollah.
gabynasr@lorientlejour.com
Vacances radioactives
OLJ / Par Gaby NASR, le 13 février 2026 à 00h00


Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
""Pendant que l’armada US fait des bulles dans l’eau au large du Golfe, ses satellites, ses avions, ses radars et ses sonars scrutent et reniflent tout ce qui bouge en Perse"". Un second porte-avions américain, le plus grand au monde, va être déployé dans le Golfe a annoncé le Pentagone ce 13 février. Pour la parade, ce déplacement du plus grand porte avion au monde ! Sachant le coût de telles opérations.
13 h 20, le 13 février 2026