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Nos lecteurs ont la parole

Le troisième temple, projet humain ou volonté divine ?

Obéissant à la demande de Dieu, Abraham prit son fils Isaac et se rendit au mont Morija, à Jérusalem, afin de le sacrifier. Au moment décisif, le bon Dieu intervint en pourvoyant un agneau à sacrifier à la place d’Isaac. En commémoration de cet acte, le premier temple fut érigé sur cet emplacement afin de procéder annuellement au sacrifice de l’agneau pour la rémission des péchés des fidèles. Ce temple fut détruit sur ordre de Nabuchodonosor.

Un deuxième temple fut ensuite construit par Salomon, au retour de l’exil des juifs de Babylone, au même emplacement que le premier. Bien plus tard, le Christ fut crucifié sur ce même mont Morija, lieu du temple et lieu du sacrifice d’Abraham.

Quarante ans après la crucifixion du Christ, le deuxième temple fut détruit par Titus le Romain, rendant impossible l’accomplissement du rite du sacrifice annuel pratiqué par les rabbins.

Pour les chrétiens, l’agneau pourvu à Abraham est remplacé par le Christ, véritable Agneau de Dieu, sacrifié en portant le péché des hommes. Les croyants en Christ deviennent alors le Temple de Dieu, « Ce Temple, c’est vous » (1 Corinthiens 3:17), par l’Esprit saint qui demeure en eux. Actuellement, à l’emplacement du temple juif, se trouve la mosquée al-Aqsa, construite au VIIIe siècle par les Omeyyades.

À l’origine, le temple fut construit afin de permettre l’accomplissement des rituels du sacrifice, notamment celui de Yom Kippour, que Dieu avait prescrit à Aaron, grand prêtre et frère de Moïse. Le rituel consistait à sacrifier un veau afin d’effacer les péchés du grand prêtre, puis à asperger les fidèles avec le sang du veau pour la rémission de leurs péchés. Il fallait également se procurer deux boucs.

L’un d’eux, celui qui s’approchait volontairement de la main droite du grand prêtre, devait être sacrifié pour l’expiation des péchés d’Israël. Le second bouc, appelé bouc émissaire, devait être relâché et envoyé très loin, car il portait symboliquement les péchés d’Israël.

Avant d’éloigner le bouc émissaire, le grand prêtre devait attacher sur sa tête la moitié d’un ruban rougeâtre et conserver l’autre moitié. Si la partie du ruban gardée par le grand prêtre changeait de couleur, passant du rouge au blanc, cela signifiait que les péchés avaient été effacés et que le sacrifice était accepté. En revanche, si la couleur restait rouge, le sacrifice n’était pas accepté et les péchés demeuraient.

Or, d’après le Talmud (Yoma 39b), ce ruban conserva sa couleur rouge pendant les quarante années qui suivirent la mort du Christ, jusqu’à la destruction du temple. De plus, le premier bouc ne s’approchait plus volontairement de la main droite du grand prêtre.

Au temple existait également la flamme éternelle, issue du chandelier principal, la menorah. Cette flamme représentait la présence permanente de Dieu dans le temple et en Israël. Or, de la mort du Christ jusqu’à la destruction du Temple quarante ans plus tard, cette flamme ne voulut plus jamais s’allumer, malgré la quantité d’huile qu’on y versait (Talmud, Shabbat 22b).

Le temple se composait de trois parties : la cour, accessible à tous ; la partie réservée aux prêtres, protégée par des murs élevés et deux portes immenses et très lourdes ; le Saint des Saints, où seul le grand prêtre pouvait entrer une fois par an, et qui devait contenir les Tables de la Loi et l’Arche de l’alliance, ou ce qui les représentait.

Le Saint des Saints était la demeure de Dieu. Or, selon l’Évangile, au moment de la mort du Christ, le voile du temple qui séparait le Saint des Saints se déchira. Dieu n’y demeurait plus et la présence du Christ sur la croix comblait ce vide.

De plus, les portes du temple s’ouvrirent et ne se refermèrent jamais jusqu’à sa destruction par Titus, quarante ans après la mort du Christ (Talmud, Yoma 39b).

Ces événements survenus entre la mort du Christ et la destruction du temple quarante ans plus tard seront-ils pris en compte dans la construction d’un troisième temple à Jérusalem ? Reconnaîtra-t-on le refus du ciel d’accepter les sacrifices depuis la mort du Christ ? Peut-on encore faire porter le poids de nos péchés sur des animaux comme autrefois ? Va-t-on de nouveau enfermer Dieu dans un temple, en l’appropriant à un seul peuple et en privant le reste du monde de sa présence ?

Jusqu’à quand ignorera-t-on la crucifixion du Christ, véritable et ultime Agneau de Dieu, porteur de nos péchés, sacrifié pour notre rédemption, puis ressuscité le troisième jour pour nous donner la vie éternelle ? Ce don d’amour de Dieu pour l’humanité est-il prévu dans ce nouveau Temple ou continuera-t-on à l’occulter ?

Combien de temps et de réflexion ont été nécessaires pour comprendre les plans et la cohérence divines, depuis l’agneau substitué à Isaac jusqu’au sacrifice de Jésus sur la croix deux mille ans plus tard ?

« Devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour » (2 Pierre 3:8).

La construction d’un nouveau Temple ne peut se faire que dans la perspective de la seconde venue du Christ, prophétisée dans la Bible et les Évangiles. À la question du grand prêtre lui demandant s’il était le Messie attendu, Jésus répondit : « Je suis, et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu et venant sur les nuées du ciel », confirmant ainsi la prophétie de Daniel (7:13).

Cette venue se rapproche chaque jour, tout comme le projet de reconstruction du troisième Temple en Israël. Dieu acceptera-t-il de nouveau les sacrifices comme autrefois ?

Le troisième temple ne présage ni la tranquillité pour les Israéliens ni pour la région environnante. Le retour au Seigneur du peuple d’Israël à la fin des temps a été prophétisé par Moïse lui-même, mais seulement après une période de détresse : « Au sein de ta détresse… tu retourneras à l’Éternel, ton Dieu, et tu écouteras sa voix » (Deutéronome 4:30).

Ce retour à Dieu est-il conditionné par la construction du temple ? Pour qu’il y ait retour, il aura fallu auparavant s’éloigner. Cet éloignement renvoie au Christ, que les Israélites se sont obstinés à ne pas reconnaître malgré les signes et les Écritures en leur possession.

Ce retour correspondra à une reconnaissance universelle de Dieu incarné en homme. Ainsi s’accomplira la promesse faite à Abraham : « Toutes les nations de la terre seront bénies par toi. »

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Obéissant à la demande de Dieu, Abraham prit son fils Isaac et se rendit au mont Morija, à Jérusalem, afin de le sacrifier. Au moment décisif, le bon Dieu intervint en pourvoyant un agneau à sacrifier à la place d’Isaac. En commémoration de cet acte, le premier temple fut érigé sur cet emplacement afin de procéder annuellement au sacrifice de l’agneau pour la rémission des péchés des fidèles. Ce temple fut détruit sur ordre de Nabuchodonosor.Un deuxième temple fut ensuite construit par Salomon, au retour de l’exil des juifs de Babylone, au même emplacement que le premier. Bien plus tard, le Christ fut crucifié sur ce même mont Morija, lieu du temple et lieu du sacrifice d’Abraham.Quarante ans après la crucifixion du Christ, le deuxième temple fut détruit par Titus le Romain, rendant impossible...
commentaires (2)

According to Islamic tradition, Prophet Ibrahim (Abraham) attempted to sacrifice his son, generally understood to be Ismail (Ishmael), in the vicinity of Mecca, specifically near Mount Arafat or in the valley of Mina. Ce n'est pas seulement les Israelites qui ne veulent pas reconnaiotre le vrai nom de l'agneau.

M.J. Kojack

16 h 57, le 05 février 2026

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Commentaires (2)

  • According to Islamic tradition, Prophet Ibrahim (Abraham) attempted to sacrifice his son, generally understood to be Ismail (Ishmael), in the vicinity of Mecca, specifically near Mount Arafat or in the valley of Mina. Ce n'est pas seulement les Israelites qui ne veulent pas reconnaiotre le vrai nom de l'agneau.

    M.J. Kojack

    16 h 57, le 05 février 2026

  • Très intéressant merci

    Eleni Caridopoulou

    15 h 17, le 05 février 2026

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