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Nos lecteurs ont la parole

Le « réel » sonne toujours trop tôt

Je vois une lueur au bout du tunnel. Il y a des personnes qui ont décidé de continuer. C’est un chant de résilience, une victoire de l’amour qui a tenu bon.

Sur les terres brûlées, un printemps éblouissant, un peu essoufflé comme quelqu’un qui revient de loin. Chaque larme versée s’est transformée en fleur surprise d’être encore capable d’éclore, délicate, colorée, délicieusement parfumée.

Dans ce monde qui hurlait l’horreur et la peur, la douceur règne à nouveau, une brise fraîche, légère, vivifiante, chasse le passé et purifie l’air. Dans le silence des ruines, les enfants fragilisés par leur vécu entre les berceaux et les tombes recommencent à rire en secouant avec enthousiasme la poussière qui les enveloppe. Leurs yeux brillent d’une nouvelle flamme. Ils réinventent le bonheur. Les croix se font moins lourdes et l’espérance émerge des cendres. Les oliviers se régénèrent et reprennent racine après avoir été coupés ou brûlés, symbole de renouvellement, de bénédictions et de paix. Une promesse que la vie continue. Respirer n’est plus un simple réflexe. C’est un acte de confiance. Nos jeunes n’ont plus la triste charge d’emporter toute une vie dans des valises pleines d’amertume et de nostalgie. L’exil n’est plus leur seule et unique option.

Leur ciel se teinte à nouveau d’or et de lumière. Une nouvelle aube de liberté, de légèreté et d’insouciance se lève. Le monde a enfin retrouvé sa boussole de valeurs. L’amour a survécu. Sous le silence indifférent du monde, l’humanité renaît.

Je flotte dans ce monde serein où tout semble à sa place, dans une bulle douce où chaque instant respire la paix, quand soudain un son strident retentit dans mes oreilles. Le son impitoyable du réveille-matin ! Je tâtonne sur la table de chevet pour éteindre l’alarme et m’enfonce à nouveau dans l’oreiller, mais le son se répète. Expulsée sans pitié de mon paradis virtuel, j’atterris en grognant dans la triste réalité. Fin du spectacle. Retour au chaos. J’essaie de négocier encore une fois avec mon réveil, mais en vain, j’ai même l’impression qu’il me regarde en ricanant ! Les paupières lourdes de sommeil, je me lève en titubant. Il me faut affronter la comédie absurde du quotidien, la magie s’est évanouie.

J’ouvre grande la fenêtre pour respirer l’air du matin. Le bourdonnement du générateur du quartier, les cris des enfants, les klaxons impatients, les portes qui claquent achèvent de me réveiller. Un rayon de soleil semblable à une caresse dorée et tiède s’infiltre dans ma cuisine. Sa douce chaleur m’apaise et me détend. Je me prépare un bon café bien chaud, l’arôme puissant achève de me réveiller. Je le savoure doucement. C’est comme un câlin liquide, chaleureux et envoûtant. Il devient mon petit miracle du jour, quelque chose du rêve qui persiste encore. Allez, vivement la nuit pour m’y replonger !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Je vois une lueur au bout du tunnel. Il y a des personnes qui ont décidé de continuer. C’est un chant de résilience, une victoire de l’amour qui a tenu bon.Sur les terres brûlées, un printemps éblouissant, un peu essoufflé comme quelqu’un qui revient de loin. Chaque larme versée s’est transformée en fleur surprise d’être encore capable d’éclore, délicate, colorée, délicieusement parfumée. Dans ce monde qui hurlait l’horreur et la peur, la douceur règne à nouveau, une brise fraîche, légère, vivifiante, chasse le passé et purifie l’air. Dans le silence des ruines, les enfants fragilisés par leur vécu entre les berceaux et les tombes recommencent à rire en secouant avec enthousiasme la poussière qui les enveloppe. Leurs yeux brillent d’une nouvelle flamme. Ils réinventent le bonheur. Les croix se...
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