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Nos lecteurs ont la parole

Les projets du président Trump

Qualifier Donald Trump de marchand sans scrupules n’est pas une invective morale gratuite ; c’est une clé de lecture cohérente de son rapport au monde. Chez lui, la politique étrangère n’est ni diplomatie ni vision historique : elle est transaction, rapport de force, profit immédiat. Ce qui ne se monnaye pas n’existe pas.

Dans cette logique, la paix n’est pas un bien commun à construire, mais un slogan utilitaire. Lorsqu’il se proclame « homme de la paix », il ne parle pas d’équilibre, de droit ou de coexistence, mais d’un silence imposé par la domination du plus fort. Une paix comptable, sans justice, donc sans durée.

L’idée – à la fois la plus grotesque et la plus dangereuse – de remplacer l’Assemblée générale des Nations unies par un « conseil de la paix » s’inscrit dans cette vision. Ce n’est pas une réforme : c’est une démolition. L’Assemblée générale des Nations unies repose sur un principe imparfait mais fondamental : l’égalité souveraine des États. La remplacer par un conseil restreint reviendrait à institutionnaliser la loi des puissants, sous couvert d’efficacité.Les exemples concrets abondent.

Parler du Canada comme d’un futur prolongement des États-Unis n’est pas une plaisanterie diplomatique : c’est une négation explicite de la souveraineté d’un État allié. Évoquer l’achat du Groenland comme on achète un actif stratégique révèle une vision coloniale assumée, débarrassée de tout vernis juridique ou moral.

La transformation de Gaza en « Riviera du Moyen-Orient » pousse le cynisme à son paroxysme : on efface un peuple, ses morts, son histoire, pour projeter une opération immobilière. Ici, la paix passe littéralement sur des cadavres, au nom de la rentabilité et de l’image.

Quant à l’Amérique latine, la complaisance envers Nicolas Maduro et le dossier du Venezuela illustrent la même logique : peu importe la démocratie, les droits humains ou la souffrance des populations, tant que l’équation géopolitique ou énergétique y trouve son compte.

Dès lors, poser la question de la paix de cette manière-là n’est pas seulement déraisonnable : c’est dangereux. Car une paix sans droit, sans mémoire et sans dignité n’est qu’une trêve imposée. Elle ne résout rien, elle reporte la violence – souvent en l’aggravant.

L’histoire est formelle : les marchands peuvent conclure des accords, mais ils ne construisent jamais la paix.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Qualifier Donald Trump de marchand sans scrupules n’est pas une invective morale gratuite ; c’est une clé de lecture cohérente de son rapport au monde. Chez lui, la politique étrangère n’est ni diplomatie ni vision historique : elle est transaction, rapport de force, profit immédiat. Ce qui ne se monnaye pas n’existe pas.Dans cette logique, la paix n’est pas un bien commun à construire, mais un slogan utilitaire. Lorsqu’il se proclame « homme de la paix », il ne parle pas d’équilibre, de droit ou de coexistence, mais d’un silence imposé par la domination du plus fort. Une paix comptable, sans justice, donc sans durée.L’idée – à la fois la plus grotesque et la plus dangereuse – de remplacer l’Assemblée générale des Nations unies par un « conseil de la paix » s’inscrit...
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