Le quartier King Abdullah Financial District (KAFD) à Riyad, aux premières heures de la nuit, le 29 août 2025. Photo d'illustration Hamad I Mohammad/Reuters
Les temps sont durs… Alors que les cours du pétrole ne suffisent plus à financer le budget saoudien, calculé à un prix d’environ 80 dollars américains, les banques saoudiennes se tournent vers l’emprunt, et le pouvoir réduit l’ambition de ses mégaprojets. C’est dans ce contexte que le fonds souverain saoudien, le PIF (Public Investment Fund), a réuni une dizaine des plus riches familles du royaume le mois dernier pour évaluer leur appétence à investir localement, a rapporté Bloomberg. Lors de ce sommet tenu à la mer Rouge, qui a rassemblé d’autres acteurs du secteur privé, le fonds public a appelé à plus de collaboration, tandis que des agences gouvernementales, parmi lesquelles le ministère de l’Investissement, ont intensifié leurs efforts de sensibilisation auprès des gestionnaires de fortune ou encore des entreprises, poursuit le média. Les riches familles saoudiennes sont encouragées à jouer un rôle plus important dans les partenariats avec des investisseurs internationaux pour attirer des fonds, selon des sources informées citées par le site spécialisé.
Car si les mégaprojets prévus dans le cadre de Vision 2030 du prince héritier Mohammad ben Salmane (dit MBS) et les dépenses faramineuses qui en découlent sont en pleine refonte, Riyad veut investir dans d’autres domaines prometteurs, comme l’intelligence artificielle (IA) ou encore l’extraction minière. Le royaume a pour cela dû se tourner vers des sources extérieures de financement, ayant même cherché à emprunter près de 10 milliards de dollars en octobre dernier, selon des informations de Bloomberg. Depuis 2016 et le lancement du plan de développement de MBS, l’Arabie saoudite a conclu au moins deux accords similaires pour 10 milliards ou plus, précise la publication, se concentrant sur l’émission de bons, alors qu’elle a levé près de 20 milliards de dollars en 2025. Le royaume se tourne également vers les familles et entreprises locales, qui contrôlent des actifs d’une valeur de plusieurs centaines de milliards de dollars, indique le média. Les family offices, qui gèrent les fortunes patrimoniales à répartir entre générations, sont ainsi devenues une cible privilégiée des autorités en quête d’investissements.
D’autant que les créanciers traditionnels seraient en train de se mettre en retrait alors que les liquidités se font plus rares. Si cela a poussé certaines entreprises familiales bien dotées à se concentrer sur leurs propres affaires, voire à épargner, d’autres entendent profiter de l’occasion pour investir dans de nouveaux fonds ou s’associer avec de gros investisseurs. Pour les attirer, les autorités devront sans doute alléger les défis auxquels ces fortunes familiales sont confrontées, notamment des régulations complexes concernant les family offices ou encore les questions du rapatriement de fonds ou de la facilité pour des partenaires étrangers d’investir dans le pays. Ces sujets ont été, selon Bloomberg, au cœur des discussions tenues avec le gouvernement. Celui-ci chercherait en outre à élargir la base d’investisseurs potentiels en s’intéressant à de plus petites familles, disposant d’un capital jusque-là inutilisé.


