Un passeport libanais. Photo d'illustration Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Après l'annonce du gel de la délivrance des visas d’immigration par les États-Unis pour 75 pays, dont le Liban, l’Union des ambassadeurs internationaux aux États-Unis, présidée par la Libanaise Graziella Seif, a adressé une série de recommandations aux ressortissants libanais. Alors que la politique en matière d'immigration menée par le président Donald Trump ne cesse de se durcir depuis son retour au pouvoir il y a un an, la Maison-Blanche a indiqué vouloir « mettre en lumière des alternatives juridiques solides à adopter immédiatement afin de maintenir une situation légale régulière, en attendant la clarification des conditions et la reprise normale de l’ensemble des régimes de visas », selon un communiqué relayé par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Cette suspension de l'octroi de visas d'immigration, entrée en vigueur le 14 janvier, « constitue un gel procédural temporaire et non une annulation des droits acquis avant son entrée en vigueur », rappelle la présidente de l'Union.
Fin d'une protection temporaire pour les Libanais
Ce « gel temporaire » concerne le suivi des procédures suivantes :
- L'obtention de la carte de résidence permanente (appelée la « Green Card »).
- Les dossiers de regroupement familial.
- La procédure de « loterie » des visas, programme accordant 55 000 visas d’immigration par an par tirage au sort à des ressortissants de pays dont le taux d’immigration vers les États-Unis est historiquement faible.
- Et, enfin, l’ensemble des programmes permettant le passage d’un statut temporaire à un statut permanent.
Ainsi, ce gel ne concerne pas les visas de séjour temporaire, à savoir « les visas touriste, étudiant ou de travail ».
Précision d'importance : les ressortissants libanais présents sur le territoire américain depuis une date antérieure au 16 octobre 2024 doivent engager sans délai les démarches nécessaires pour obtenir le Statut de protection temporaire (TPS), afin de prolonger leur séjour de manière légale, suite à l’expiration de la Décision de départ forcé différé (DED) le 25 janvier 2026.
Cette DED, mesure d'exception prise par le président américain pour suspendre temporairement les expulsions de ressortissants d'un pays, avait offert une protection temporaire aux Libanais pendant 18 mois, adoptée lors de l'escalade militaire israélienne au Liban à la fin de l’été 2024.
Les inscriptions au TPS (statut permettant à des ressortissants étrangers de rester travailler légalement aux États-Unis en raison de conflits, de catastrophes ou de conditions exceptionnelles dans leur pays d'origine) demeurent ouvertes jusqu’au 27 mai 2026, a précisé Mme Seif. Il est par ailleurs recommandé de conserver l’avis officiel de réception de la demande comme preuve de situation légale.
Tous les Libanais, ainsi que les autres catégories et nationalités concernées par la décision de gel des visas, doivent également déposer immédiatement une demande d’ajustement de statut, « seul programme permettant de sortir du cadre des régimes temporaires vers une stabilité permanente ».
« Différer toute sortie du territoire américain »
Cet impératif s'impose aussi pour les titulaires d’un visa temporaire (touriste, études, travail) qui envisagent de le convertir en résidence permanente avec l’appui d’un garant. Ceux-ci doivent déposer une demande d’ajustement de statut afin d’éviter l’accumulation de jours de séjour irrégulier, à condition qu’au moins 90 jours se soient écoulés depuis leur entrée sur le territoire américain.
Le communiqué précise qu'il est préférable de « différer toute sortie du territoire américain à ce stade, afin d’éviter d’éventuelles complications administratives imprévues lors du retour, y compris pour les détenteurs d’autorisations spéciales de voyage (Advance Parole) ».
En ce qui concerne les personnes se trouvant en dehors des États-Unis, celles-ci sont invitées à maintenir leurs rendez-vous auprès des ambassades américaines, bien que la délivrance des visas de résidence permanente reste suspendue pendant la période de gel, « sauf exceptions humanitaires ou médicales urgentes ».
Il leur est de plus recommandé de préserver les visas non affectés par la mesure et, pour les profils qualifiés, de privilégier des voies fondées sur les compétences ou les qualifications, exemptes de garant.
Enfin, les détenteurs d’une double nationalité peuvent déposer leurs dossiers pour les compléter sur la base de leur seconde nationalité, issue d’un pays ne figurant pas sur la liste des 75, à condition d’en informer l’ambassade américaine afin d’éviter toute contradiction documentaire.




