Les secours interviennent après une des frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth, vendredi 27 septembre 2024. Photo Ibrahim Amro/AFP
Dans un article paru jeudi soir, le quotidien israélien Haaretz a estimé que l'élimination de l'ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 27 septembre 2024, a coûté 34 millions de dollars à Israël, une estimation calculée à partir de données chiffrées en shekels récupérées auprès de l'état-major, du ministère israélien des Finances et de la Banque d’Israël.
Ce jour-là, des avions de chasse israéliens ont décollé de la base aérienne de Hatzerim dans l'après-midi, armés d'au moins 83 tonnes de bombes, qu'ils ont ensuite larguées sur un ensemble de six immeubles dans le quartier de Haret Hreik de la banlieue sud de Beyrouth, où se trouvait Hassan Nasrallah. Pour réussir leur coup, les avions de l’armée de l’air ont créé un point d’étranglement dans le quartier, en larguant des munitions supplémentaires pour empêcher les équipes de secours d’atteindre le site, explique le Haaretz.
Sur les 34 millions, environ « 6,8 millions de dollars ont été consacrés aux munitions utilisées lors de la frappe elle-même, le reste couvrant les heures de vol, le carburant et les munitions supplémentaires larguées pour bloquer l’accès à la zone », précise le quotidien. Le même jour, indique-t-il, le Hezbollah a lancé une attaque de missiles en représailles, nécessitant l’utilisation d’intercepteurs pour un coût supplémentaire de plusieurs dizaines de millions de shekels.
Cette opération a marqué les premiers jours d'une vaste offensive israélienne contre le Hezbollah au Liban, qui sera interrompue par un cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024. Entre-temps, l'armée israélienne parviendra à assassiner, avec un procédé similaire, le successeur désigné de Hassan Nasrallah, Hachem Safieddine, le 3 octobre 2024. C'est finalement le cheikh Naïm Kassem qui a repris les rênes du Hezbollah fin octobre 2024.
Mettre un prix sur la guerre
Selon le Haaretz, la décision de calculer le coût de l’opération s’inscrit dans une pratique plus large de l’armée israélienne. Au cours de la dernière décennie, le bureau du conseiller financier du chef d’état-major de l’armée israélienne a commencé à chiffrer différentes missions militaires, avec l’objectif de présenter à la direction politique les implications financières d’opérations exceptionnelles ou récurrentes — à la fois pour refléter leur coût réel et pour déterminer le niveau de financement à demander au ministère des Finances, explique le journal. Ces calculs ont, par exemple, fait ressortir que le coût global de la guerre à Gaza est estimé à « environ 60 milliards de dollars, soit 90 millions de dollars par jour de combat ». De même, chaque frappe israélienne contre les houthis au Yémen est estimée entre huit et 14 millions de dollars.
La journée la plus coûteuse de la guerre a eu lieu au début du conflit, peu après l’incursion terrestre à Gaza, avec une ardoise de 350 millions de dollars, indique encore le Haaretz. Ce jour-là, l’armée a mobilisé environ 220 000 réservistes, acheté des équipements à grande échelle, transporté des chars, des véhicules blindés de transport de troupes et d’autres véhicules, et utilisé massivement des munitions, précise-t-il.
Le coût total de la guerre d’Israël, y compris les dépenses civiles telles que les compensations aux entreprises, les dommages matériels, l’aide aux personnes évacuées et les coûts de financement, est estimé par le ministère des Finances à environ 75 milliards de dollars. La Banque d’Israël, en revanche, estime le coût total à environ 95 milliards de dollars.
Le quotidien explique l’écart par « des méthodes de calcul différentes ». Le ministère des Finances fonde son estimation sur l’évolution du déficit budgétaire de l’État par rapport aux prévisions d’avant-guerre. La Banque d’Israël inclut, entre autres, des coûts attendus en 2026 — tant militaires que civils — tels que les paiements échelonnés pour des systèmes déjà achetés et les intérêts s’étendant sur l’année suivante. Elle inclut également une partie de l’aide américaine reçue par Israël pour financer la guerre.



La fin justifie les moyens.
13 h 44, le 24 janvier 2026