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Nos lecteurs ont la parole

Georges Corm à l’international

Aborder l’homme n’était pas une simple formalité, même si nous étions d’accord sur un grand nombre de sujets d’ordre moral et politique, dont sa conception du Liban moderne et contemporain. J’eus d’ailleurs la chance de publier la version arabe de son Histoire du Liban contemporain. Ses convictions claires étaient celles de l’honnête homme qui pratiquait une religion dont l’honneur était qu’on puisse ne pas la pratiquer. Elles s’imposaient d’ailleurs en politique comme en économie, dans sa vie privée comme dans sa vie publique, dans ses écrits et partout où il fut consulté, au Liban, en Afrique du Nord et ailleurs.

Je lui avais fait part de ma décision de créer une collection sur la pensée libanaise et les penseurs libanais francophones et non francophones. Sa première réaction était de me confier un manuscrit sur la vie et la pensée de Youakim Moubarak. Une publication s’ensuivit : Youakim Moubarak, un homme d’exception.

Mais la culture encyclopédique de Georges Corm et son goût pour l’international le menèrent en Algérie, le pays qu’il adopta et qui le lui rendait bien vu sa compétence et sa probité morale exceptionnelle. Ainsi, son apport au reprofilage de la dette algérienne prit corps au début de la décennie noire des années quatre-vingt-dix. Subjugué par la révolution algérienne, il a d’ailleurs participé à la première loi sur la monnaie et le crédit après les réformes économiques qui ont suivi la révolte d’octobre 1988. En cela, il n’infirma pas la parole de Luc, Marc ou Matthieu qui disait que nul n’était prophète en son pays.

Auparavant, Georges Corm avait représenté la Banque nationale d’Algérie pour le Moyen-Orient basée à Beyrouth, qui était alors la principale place financière de la région.

Un laïc en religion, qui ne confondait d’ailleurs pas laïcité et sécularisation, Georges Corm a marqué les êtres qu’il a côtoyés de sa marque indélébile. Le Liban et l’Algérie se souviendront toujours de son passage.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Aborder l’homme n’était pas une simple formalité, même si nous étions d’accord sur un grand nombre de sujets d’ordre moral et politique, dont sa conception du Liban moderne et contemporain. J’eus d’ailleurs la chance de publier la version arabe de son Histoire du Liban contemporain. Ses convictions claires étaient celles de l’honnête homme qui pratiquait une religion dont l’honneur était qu’on puisse ne pas la pratiquer. Elles s’imposaient d’ailleurs en politique comme en économie, dans sa vie privée comme dans sa vie publique, dans ses écrits et partout où il fut consulté, au Liban, en Afrique du Nord et ailleurs.Je lui avais fait part de ma décision de créer une collection sur la pensée libanaise et les penseurs libanais francophones et non francophones. Sa première réaction était de me confier...
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