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Culture - Conférence De Presse

Festival al-Bustan 2026 : la musique, une affaire de famille

Du 24 février au 22 mars, le festival sis à Beit Méry célèbre sa 32ᵉ édition autour du thème « Family & Friends », avec plus de quinze concerts à l’affiche.

Festival al-Bustan 2026 : la musique, une affaire de famille

Laura Lahoud, vice-présidente du Festival al-Bustan et ministre du Tourisme, lors de la conférence de presse de présentation de la 32ᵉ édition du festival, placée sous le thème « Family & Friends ». Photo Nabil Ismaïl

Il y a des rendez-vous presque irrévocables dans nos vies. Ils reviennent inlassablement, balayant les lassitudes accumulées au fil des ans, nourries par un manque d’espoir ou de perspectives. Ce sont aussi nos repères, ce petit nid auquel on se rattache quand rien ne va, souvent celui de la famille et des amis. Un refuge familier, rassurant, où l’on revient quand le monde extérieur vacille. Cette année, le festival choisit d’en faire le cœur même de son propos.

Du 24 février au 22 mars 2026, sous la houlette de Laura Lahoud, sa vice-présidente et actuelle ministre du Tourisme, le Festival al-Bustan revient avec une édition placée sous le thème « Family & Friends ». Un sujet qui dépasse l’affiche pour devenir une manière de penser la musique : comme héritage, comme transmission, comme dialogue entre proches – qu’ils soient unis par le sang, l’amitié ou des années de scène partagée.

Laura Lahoud a déclaré que le festival lui avait appris la rigueur et la manière d’instaurer la confiance avec le public – un outil précieux pour ses fonctions actuelles – tout en saluant particulièrement Myrna Boustani, sa mère et fondatrice du festival, avant de lui adresser « un sourire d’amour ». « Ce festival majeur de la musique classique met le Liban sur la carte culturelle mondiale, et le thème de cette 32ᵉ édition évoque une similitude avec les soirées que l’on passe ici », a ajouté Laura Lahoud, rappelant que le thème de l’année dernière, « A New Dawn », poursuivait sa trajectoire avec l’avènement du nouveau gouvernement et des réformes.

Gianluca Marcianò, directeur artistique du festival, a insisté sur l’esprit de famille artistique qui règne au sein de cette programmation. Georges Khabbaz, membre du comité exécutif, a rappelé que le Liban, malgré sa petite superficie, pouvait s’enorgueillir d’avoir largement contribué à enrichir la scène artistique mondiale. Le Dr Georges Haddad, également membre du comité, a souligné que la musique, comme la famille, réunit. Quant au ministre de la Culture Ghassan Salamé, il a salué la diversité de la programmation et très joliment parlé, en arabe, de ce festival qui, parmi tant d’autres festivals d’été, est le seul à avoir choisi l’hiver pour introduire de la chaleur dans les cœurs.

Dès les soirées d’ouverture, l’intention est claire. Sur scène, le Trio Khalifé dialogue avec le piano et le violoncelle dans une même respiration, accompagné de Charbel Rouhana au oud, pour des moments de complicité musicale partagée. Le programme mêle œuvres emblématiques, créations et hommages, jusqu’au Requiem for Beirut, qui résonne comme une mémoire partagée. Ici, la famille élargie n’est pas un concept : elle est une évidence musicale.

Le festival se déploie ensuite par touches successives, alternant grandes formes et formats plus intimistes, toujours traversés par cette idée de transmission. Au Bustan, l’Orchestre des jeunes d’Erevan accompagne les sœurs Choi. Hayoung est lauréate du Premier Prix du concours Reine Élisabeth de violoncelle 2022, tandis que SongHa Choi a remporté le Premier Prix du concours Reine Élisabeth de violon en 2024. Elles joueront le Double concerto de Brahms, avant d’aborder la plus populaire des symphonies de Beethoven, la Cinquième, sous la direction de Sergey Smbatyan.

Quelques jours plus tard, le lien continue de se tisser avec les Variations Goldberg de Bach, proposées dans une version pour trio par Renaud Capuçon, Paul Zientara et Krzysztof Michalski. Renaud Capuçon prolonge ce parcours aux côtés du pianiste français Guillaume Bellom dans les sonates pour violon et piano de Brahms. Schubert devient, lui, une véritable affaire de fratrie avec le Trio Moreau : Jérémie, Edgar et David Moreau se retrouvent autour de deux grands trios du compositeur, donnant chair à cette idée de musique transmise au sein d’une même famille.

Dans cette même logique de transmission intime, le festival accueille également le violoncelliste Victor Julien-Laferrière aux côtés de sa sœur, la violoniste Alice Julien-Laferrière, pour un concert de musique de chambre donné à l’Auditorium Émile Boustani. Un dialogue fraternel où la précision du geste et l’écoute mutuelle donnent tout leur sens à l’idée de jouer en famille.

De gauche à droite : Gianluca Marcianò, directeur artistique du Festival al-Bustan, Laura Lahoud, vice-présidente du festival, Ghassan Salamé, ministre de la Culture, et Georges Khabbaz, membre du comité exécutif, lors de la conférence de presse de la 32ᵉ édition. Photo Nabil Ismaïl
De gauche à droite : Gianluca Marcianò, directeur artistique du Festival al-Bustan, Laura Lahoud, vice-présidente du festival, Ghassan Salamé, ministre de la Culture, et Georges Khabbaz, membre du comité exécutif, lors de la conférence de presse de la 32ᵉ édition. Photo Nabil Ismaïl

Duo, opéra et concerts singuliers

Le duo Geniušas – Lukas et Anna – prolonge cette exploration à deux pianos et à quatre mains, de Schubert à Rachmaninov, dans un échange conjugal fondé sur une compréhension instinctive.

L’opéra n’échappe pas à cette logique du collectif avec Gianni Schicchi de Puccini, porté par une distribution internationale et l’Orchestre des jeunes d’Erevan, sous la direction de Gianluca Marcianò. La même exigence traverse le Stabat Mater de Dvořák, donné à l’église Saint-Joseph de Monnot, avec solistes, orchestre et la Chorale de l’Université Notre Dame – Louaïzé (NDU), réunis dans un cadre propice au recueillement et au partage.

Parmi les rendez-vous singuliers de cette édition figure le Trio Hermès, composé de Ginevra Bassetti, Francesca Giglio et Greta Maria Lobefaro, et récompensé de plusieurs prix. Le concert est soutenu par l’ambassade d’Italie et l’Institut culturel italien de Beyrouth. Gratuit sur réservation, il illustre la volonté du festival d’élargir l’accès sans renoncer à l’exigence artistique.

Le Festival al-Bustan cultive également les affinités électives et les amitiés musicales : dialogues entre classique et répertoires populaires avec les sœurs Ayoub, plongée dans les musiques macédoniennes revisitées par Simon Trpčeski et ses complices, soirée tango avec le bandonéon de Mario Stefano Pietrodarchi, un habitué du festival, mêlant musique et danse, ou encore jazz en fratrie avec Julian et James Joseph.

Conférences, masterclasses et rencontres prolongent cette réflexion sur la transmission et le partage, avant que la voix de Jahida Wehbé ne vienne clore le festival. Portée par les mots de Mahmoud Darwiche, Gibran Khalil Gibran ou Talal Haïdar, elle offre un final où poésie et musique se rejoignent, comme une dernière réunion de famille.

Le festival a pour vocation de rester accessible à tous, aux jeunes surtout, comme l’a rappelé Hala Khazen, membre du comité exécutif, qui a remercié un à un les nombreux partenaires et ambassades rendant ce festival possible. Le prix des billets oscille entre 20 et 70 dollars, avec un tarif étudiant fixé à 20 dollars.

Le thème du Festival al-Bustan, « Family & Friends », n’est pas qu’un slogan : il rend aussi hommage aux nombreux partenaires et ambassades amies de cet événement annuel. Une manière d’habiter la musique et de rappeler, saison après saison, que l’art est d’abord une histoire de communion et de liens.

L'intégralité du programme est ici

Il y a des rendez-vous presque irrévocables dans nos vies. Ils reviennent inlassablement, balayant les lassitudes accumulées au fil des ans, nourries par un manque d’espoir ou de perspectives. Ce sont aussi nos repères, ce petit nid auquel on se rattache quand rien ne va, souvent celui de la famille et des amis. Un refuge familier, rassurant, où l’on revient quand le monde extérieur vacille. Cette année, le festival choisit d’en faire le cœur même de son propos.Du 24 février au 22 mars 2026, sous la houlette de Laura Lahoud, sa vice-présidente et actuelle ministre du Tourisme, le Festival al-Bustan revient avec une édition placée sous le thème « Family & Friends ». Un sujet qui dépasse l’affiche pour devenir une manière de penser la musique : comme héritage, comme transmission, comme dialogue entre proches...
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