Le député sunnite de Tripoli Achraf Rifi a affiché samedi son soutien à Dar el-Fatwa, condamnant toute « campagne » visant le mufti de la République, Abdellatif Deriane, ou cherchant à « porter atteinte » à la plus haute instance religieuse de la communauté sunnite au Liban et à son « rôle national et fédérateur ».
Cette prise de position intervient au lendemain de la publication d'un communiqué de Dar el-Fatwa dénonçant une « campagne programmée » contre le mufti, alors que son mandat fait l'objet de spéculations ces dernières semaines, à la suite d'un recours présenté au Conseil d'État par deux juges chériés, Abdel Aziz Chafihi et Hammam Chaar. Le Conseil supérieur chérié avait relevé, en 2023, l'âge de la retraite du mufti de la République de 72 à 76 ans et celui des muftis régionaux à 72 ans, permettant ainsi au mufti Deriane, 73 ans, d'être maintenu à son poste.
« La critique est un droit et le désaccord est légitime. En revanche, la calomnie, la diffamation, la fabrication d'informations et les attaques personnelles ne relèvent pas de la liberté d'expression, mais constituent une atteinte à la vérité, aux institutions de l'État et aux références nationales », a affirmé M. Rifi dans un communiqué.
Le député a souligné que « la fonction du mufti de la République ne saurait être livrée aux attaques médiatiques et politiques » et que Dar el-Fatwa, « en tant que référence nationale et islamique fédératrice », mérite le respect, « tout comme chaque citoyen mérite que sa dignité soit préservée des campagnes de dénigrement ».
M. Rifi a également soutenu la décision de Dar el-Fatwa de recourir à la justice. « L'État et la loi sont la référence, et non les campagnes orchestrées ni les plateformes de diffamation », a-t-il affirmé. « Nous divergeons lorsqu'il faut diverger et nous critiquons lorsque la critique s'impose, mais nous n'accepterons pas que le désaccord se transforme en offense, ni que la liberté d'expression serve de couverture à la calomnie et aux attaques personnelles. »
Vendredi, le bureau des médias de Dar el-Fatwa avait dénoncé une « campagne programmée » contre le mufti Deriane, notamment « les déclarations publiées par certains journaux, sites web et médias sociaux (...) qui contreviennent à l'éthique et aux traditions régissant les relations avec Dar el-Fatwa et ses érudits ». Il avait menacé de poursuites judiciaires « toute personne diffamant le mufti et Dar el-Fatwa ».

