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Société - Réfugiés

L'Unrwa réduit ses opérations de 20 %, les Palestiniens au Liban en colère

L'agence onusienne justifie auprès de « L'Orient-Le Jour » cette décision par le souci « de préserver l'agence et ses services et d'éviter des licenciements de personnel ».

L'Unrwa réduit ses opérations de 20 %, les Palestiniens au Liban en colère

Une ruelle du camp de réfugiés palestiniens de Bourj el-Brajné, à Beyrouth. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

La colère et le désarroi sont palpables en ce début d'année parmi les Palestiniens réfugiés au Liban. L'Unrwa, l'agence onusienne chargée de venir en aide aux réfugiés palestiniens dans les pays d'accueil, a annoncé une réduction de 20 % de ses activités dans ses zones d'intervention à partir du 1er février. Une décision qui devrait avoir un impact de taille sur les employés de l'agence au Liban, dont beaucoup sont palestiniens, ayant pour conséquence une réduction des salaires et des heures de travail. Ces mesures devraient également se traduire, entres autres, au niveau de l'éducation des écoliers palestiniens par un passage à quatre jours de cours au lieu de cinq, selon des informations récoltées auprès de responsables palestiniens locaux.

C'est dans ce contexte que plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers jours. Jeudi, des enseignants affiliés aux écoles de l'Unrwa ont organisé un sit-in dans le camp de Rachidiyé, au Liban-Sud. La semaine dernière déjà, des manifestants ont dénoncé, devant les locaux de l'agence à Beyrouth, la fermeture de certaines écoles, les coupures au niveau des aides médicales notamment pour les cancéreux, ainsi que l'arrêt des aides à la réhabilitation des habitations, souvent vétustes dans les camps.

« Une volonté de mettre un terme » au travail de l'Unrwa

« Les réductions des aides de l'Unrwa ont été effectuées en douce, graduellement au fil des années. Mais aujourd'hui, il y a une volonté palpable de mettre un terme au travail de l'agence, qui est un des témoins de la cause palestinienne », dénonce Fouad Osman, responsable au sein du comité chargé du suivi avec l'Unrwa au sein du Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), dans les camps de la région de Saïda, dans une réaction à L'Orient-Le Jour.

Principal bailleur de fonds de l'Unrwa, les États-Unis avaient suspendu leur financement, suivis par d'autres pays, après des accusations portées par Israël selon lesquelles des employés de l’agence pourraient être impliqués dans l’attaque sanglante du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023.

Contactée par L'Orient-Le Jour, l'Unrwa explique « faire face à une grave crise financière » et justifie les nouvelles mesures mises en place, même si elle craint que celles-ci « n’affectent à la fois l’accès aux services et leur qualité ». L'agence s'attend, en 2026, « à un déficit de trésorerie d’environ 220 millions de dollars (...) dû à la suspension des financements par les principaux donateurs, conjuguée à l’insuffisance des contributions d’autres partenaires ». Elle explique dans un communiqué envoyé à L'OLJ qu'« afin de préserver les services et d’éviter les licenciements, le commissaire général de l’Unrwa a décidé de réduire les heures de travail de 20 % dans toutes les opérations, à compter du 1er février 2026 ».

Sur le terrain, ces nouvelles coupes pourraient affecter de nombreux services, prévient Ahmad Sakhnini, responsable du dossier de l'Unrwa au sein du FDLP dans le camp de Bourj el-Brajné à Beyrouth : « Il y a de moins en moins d'enseignants et de nombreuses matières jugées non essentielles pourraient ne plus être dispensées. D'ailleurs, on retrouve souvent une cinquantaine d'élèves dans une même classe. Les aides en espèces que l'Unrwa donnait aux plus démunis n'ont pas été versées depuis plusieurs mois. La couverture médicale a été réduite petit à petit, ainsi que le nombre d'hôpitaux partenaires. De même pour les habitations, qui ne sont plus entretenues depuis un an. Une centaine de structures sont menacées d'effondrement dans le camp. »

Quant à Ahmad el-Hage, responsable du Comité de la culture et de l'éducation dans le camp de Bourj el-Brajné, il estime que « ces coupes risquent d'avoir de graves répercussions sociales, sécuritaires et humanitaires, parce que nous n'avons malheureusement pas d'autres alternatives pour le moment ».

Dans un communiqué publié jeudi, le Hamas a qualifié pour sa part les mesures de l'Unrwa de « crime humanitaire affectant tous les réfugiés ». Il a mis en garde contre « un plan dangereux visant à mettre fin progressivement au travail de l'Unrwa et à transférer son rôle et ses fonctions aux pays accueillant les réfugiés palestiniens, ce qui entraînerait la suppression du droit au retour et la création de crises dans ces pays ».

Khadija Abou Taka, une habitante du camp, s'insurge : « L'Unrwa devrait continuer à nous aider, au lieu de nous abandonner de cette manière. Les factions palestiniennes, elles, sont bonnes à organiser des réunions qui n'aboutissent à rien de concret, tandis que l'État libanais ne nous offre pas les moyens de mener une vie digne ».

La colère et le désarroi sont palpables en ce début d'année parmi les Palestiniens réfugiés au Liban. L'Unrwa, l'agence onusienne chargée de venir en aide aux réfugiés palestiniens dans les pays d'accueil, a annoncé une réduction de 20 % de ses activités dans ses zones d'intervention à partir du 1er février. Une décision qui devrait avoir un impact de taille sur les employés de l'agence au Liban, dont beaucoup sont palestiniens, ayant pour conséquence une réduction des salaires et des heures de travail. Ces mesures devraient également se traduire, entres autres, au niveau de l'éducation des écoliers palestiniens par un passage à quatre jours de cours au lieu de cinq, selon des informations récoltées auprès de responsables palestiniens locaux.C'est dans ce contexte que plusieurs...
commentaires (1)

Vu le nombre de pays qui ont arrété de subventionner l'unrwa , 20% de reduction c'est peu...Y a t il un non dit? Le Liban finance t il?

Moi

11 h 49, le 17 janvier 2026

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Commentaires (1)

  • Vu le nombre de pays qui ont arrété de subventionner l'unrwa , 20% de reduction c'est peu...Y a t il un non dit? Le Liban finance t il?

    Moi

    11 h 49, le 17 janvier 2026

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