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Société - Reportage

La dernière place de Chatila

C’est l’unique espace encore vide du camp de réfugiés surpeuplé, 16 mètres sur 13 où les enfants courent, crient, plantent et s’éduquent, sous l’aile d’adultes soucieux de les éloigner des violences émaillant leur existence.

La dernière place de Chatila

Des enfants jouent sur l'unique place du camp de réfugiés palestiniens de Chatila, dans l'ouest de Beyrouth, le 27 novembre 2025. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Il est neuf heures du matin mais le soleil a déjà disparu des ruelles exiguës de Chatila. Les habitations insalubres trop élevées et les câbles électriques trop entrelacés plongent le camp dans une obscurité humide. Aya traîne dans une venelle, des sandales roses aux pieds, les cheveux longs et la trogne barbouillée cachés par la capuche de son hoodie. Les artères sombres du camp, cette Syrienne de 12 ans originaire de Deir Ezzor les connaît par cœur. Elle a passé son enfance à les arpenter, chenillant de poubelle en poubelle pour ramasser du plastique et aller le vendre dans une boura à l’extérieur du camp.Elle esquive avec nonchalance les scooters qui fusent et jette des regards amusés vers les épiciers qui tuent le temps sur des chaises en plastique. Tournant le dos à un garage aux parois maculées de suie, elle pénètre sous une arche...
Il est neuf heures du matin mais le soleil a déjà disparu des ruelles exiguës de Chatila. Les habitations insalubres trop élevées et les câbles électriques trop entrelacés plongent le camp dans une obscurité humide. Aya traîne dans une venelle, des sandales roses aux pieds, les cheveux longs et la trogne barbouillée cachés par la capuche de son hoodie. Les artères sombres du camp, cette Syrienne de 12 ans originaire de Deir Ezzor les connaît par cœur. Elle a passé son enfance à les arpenter, chenillant de poubelle en poubelle pour ramasser du plastique et aller le vendre dans une boura à l’extérieur du camp.Elle esquive avec nonchalance les scooters qui fusent et jette des regards amusés vers les épiciers qui tuent le temps sur des chaises en plastique. Tournant le dos à un garage aux parois maculées de suie,...
commentaires (6)

Selon les chiffres de 2025 du HCR (Haut Commissariat pour les réfugiés) il y a environ 120 millions de personnes « déplacés par la force » (« Forcibly displaced ») dont plus de 36 Millions de réfugiés. Ce chiffre a doublé en 10 ans. C’est un drame universel qui résulte des guerres et des violences humaines, une honte pour l’humanité. En même temps, l’article nous montre ce que 3 personnes de bonne volonté — Lilia, Heba et Abou Moujahed — parviennent à accomplir pour tenter de sauver la vie et l’avenir de ces enfants, qui ne sont nullement responsables de la misère qu’ils subissent

Gabriel Sara

07 h 42, le 31 décembre 2025

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Commentaires (6)

  • Selon les chiffres de 2025 du HCR (Haut Commissariat pour les réfugiés) il y a environ 120 millions de personnes « déplacés par la force » (« Forcibly displaced ») dont plus de 36 Millions de réfugiés. Ce chiffre a doublé en 10 ans. C’est un drame universel qui résulte des guerres et des violences humaines, une honte pour l’humanité. En même temps, l’article nous montre ce que 3 personnes de bonne volonté — Lilia, Heba et Abou Moujahed — parviennent à accomplir pour tenter de sauver la vie et l’avenir de ces enfants, qui ne sont nullement responsables de la misère qu’ils subissent

    Gabriel Sara

    07 h 42, le 31 décembre 2025

  • Merci, M. Haddad, pour cet article bouleversant, écrit avec une justesse qui nous oblige à regarder en face la souffrance humaine vécue par des populations à peine éloignées de nos maisons. Il nous rappelle que les réfugiés ne sont pas des statistiques. Derrière chaque chiffre se cache une vie, une histoire, un destin brisé. Cette souffrance est universelle et votre article décrit un petit échantillon de la vie des réfugiés ou déplacés à travers le monde.

    Gabriel Sara

    07 h 41, le 31 décembre 2025

  • Si ce reportage à pour but d'apitoyer et de culpabiliser les libanais qui subissent ces populations exogènes, eh bien c'est raté.

    Avette

    23 h 01, le 29 décembre 2025

  • Ainsi donc au réveillon de Noël 2025, on apprend que des dealers font leur boulot à plusieurs points de vente, à l’intérieur de Chatila, et qu’il suffit de perdre son chemin aux abords du camp pour perdre sa vie. Ces endroits où s’entassent tous les déshérités, (pas seulement du Proche-Orient) et s’il leur arrive de parler politique ou de projets d’avenir, d’autres investissent dans la came dont on ne sait plus d’où ils se procurent.

    nabil

    02 h 51, le 26 décembre 2025

  • ""...le camp devient malgré lui synonyme de plaque tournante de la drogue...""le narratif est biaisé ! On se demande combien de points de dealer compte le camp. C'est bien connu, c'est dans des zones de non droit que prospère ce commerce illicite pour faire vivre des familles avec le peu de revenus d’aide internationale. Quant au malheureux jeune libanais, abattu par une patrouille palestinienne (du Fatah ?) ""…déployée en coopération avec l’armée libanaise dans le cadre d’opérations antidrogue et pour confisquer des armes illégales"". En coopération ?Les responsabilités sont alors partagées!!

    nabil

    02 h 41, le 26 décembre 2025

  • Les palestiniens devraient accepter deux états en 1948 , les sionistes gouvernent l’univers

    Eleni Caridopoulou

    18 h 16, le 24 décembre 2025

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