Quand on laisse échapper sa libido au-delà des bornes, faut pas s’étonner ensuite de se voir pousser des cornes. Aussi loin qu’on puisse plonger dans l’histoire cocasse de ce pays en éternel devenir, force est de constater que presque toutes les élites communautaires du puzzle libanais ont, tour à tour et à différentes époques, laissé traîner un œil lubrique en dehors des frontières pour batifoler dans des alliances brumeuses peu recommandables.
Dernier épisode ayant frappé le haut du panier chez les sunnites du landernau : l’affaire « Abou Omar ». Brusquement « flashé » par le droit divin wahhabite, ce brave mécanicien a lâché ses bielles et ses pots d’échappement, essuyé le cambouis qui lui mangeait le visage et s’en est allé parader devant les patibulaires locaux de la politique et des affaires de sa communauté. Bingo, en plein dans le mille ! Tu donnes à renifler à un dirigeant sunnite de chez nous les pires remugles de chameau du désert, il se verrait illico baignant au milieu des senteurs d’ambre de l’Arabie heureuse. Alors, que serait-ce quand un prince de sang royal bidon, même schlinguant l’huile de moteur fraîchement vidangée, lui propose un rendez-vous avec MBS himself ? Que voilà une bonne pioche ! Le mécano a eu largement le temps de bien tasser son compte en banque… Jusqu’à la découverte du pot au chit par une justice qui pourtant n’est réactive qu’à mi-temps.
Bon, rien de neuf sous le soleil. Car si l’histoire du sunnisme politique libanais est chargée de souvenirs attendris, allant de l’Égyptien Gamal Abdel au Palestinien Yasser à rien, en passant brièvement par le Mouammar des sables libyens, les autres patrons des communautés rivales ne devraient pas trop la ramener, tant leur palmarès est tout aussi éloquent : amourettes à balancier de certains chefs chrétiens avec les Syriens, les Israéliens, les Irakiens, puis retour aux Syriens ; mariage soudé au chalumeau oxhydrique entre pontes pontifiants chiites et mollahs du préjurassique iranien. Tant et si bien que le Liban a fini par donner dans l’ordre : les meilleurs nassériens, la fine fleur des arafatistes, le nec plus ultra des ariel-sharoniens et autres benjaminois nataniais, la quintessence des khomeynistes et le nectar des assadiens, papa et fiston. Alors, on pense bien que pour ces vieux briscards de la volte-face et du virage sur l’aile, tourner trumpistes aujourd’hui est de la roupie de sansonnet.
Bref, en peu de mots comme en mille, la maturité politique chez nous n’a pas d’âge. Au pays des idées tordues enchevêtrées, on est toujours le traître de quelqu’un, et la sagesse attend vainement le défilement des années. C’est fou, le nombre de nourrissons libanais devenus chefs politiques après avoir été longtemps bercés trop près du mur…
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Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
Les journalistes qui écrivent au jour le jour, sans prendre assez de recul, se trompent en analysant la situation sur le Proche et Extrême Orient. Le roi Ardeshir, éminent penseur et érudit persan, m’a presque convaincu après une longue et houleuse discussion, que contrairement aux Persans, les Libanais ne font pas dans la nuance, et tirent sur tout ce qui bouge, tel un chasseur bénévole voulant blesser un dugong atteint d’Alzheimer qui terrorisait toute la population du bassin méditerranéen. Pour Ardeshir, tout aussi impeccable que ses idées, la monarchie est le meilleur système démocratique.
20 h 32, le 16 janvier 2026