Bonne année. Les fêtes sont terminées. On se réveille, à la recherche de résolutions à prendre. Maigrir, grossir, apprendre la clarinette, ou lire un peu plus. Des résolutions qui durent en général jusqu’à la fin janvier.
Autre fait marquant de début d’année : on nous bassine de prédictions. Elles envahissent les écrans, puis les réseaux sociaux. Celles-là, en revanche, on les traîne avec nous tout au long de l’année.
Elles disent tout et son contraire. Guerre et prospérité. Effondrement et renaissance. Catastrophe imminente et amélioration progressive. Chacun y trouve ce qu’il cherche. Et personne n’a à répondre de rien.
Ces pseudoprédictions n’éclairent évidemment pas. Elles occupent l’espace. Du bruit, là où devrait exister une parole politique claire, un état des lieux honnête, une explication des difficultés à venir et des choix à faire.
Sans explication ni mise en perspective, la violence devient un décor plutôt qu’un échec politique. Guerre, frappes, assassinats, menaces sur les infrastructures ou sur les institutions sont évoqués comme des catastrophes naturelles.
L’économie suit la même logique. À coups de « ça va s’arranger », on finit par croire que des capitaux vont arriver par bateaux, que la situation va se débloquer d’elle-même, que les choses peuvent s’améliorer sans décision, sans effort collectif, sans cadre politique.
Les chaînes de télévision, souvent plus soucieuses de mise en scène que de débat public, confondent expressément information et spectacle. Et lorsque le public laisse faire, la prophétie devient un format. Un vaudeville où le commentaire remplace la responsabilité et l’émotion la réflexion.
Comme si un pays de quatre millions d’habitants n’avait plus le droit d’exiger qu’on lui parle sérieusement. Comme si le temps n’était pas compté. Comme si nous avions encore le luxe de l’approximation.
Chaque renoncement a un coût. Chaque démission a des conséquences. L’état dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui est la suite logique d’années durant lesquelles le bruit a remplacé la vérité, le spectacle la politique et la prédiction la décision.
En ce début d’année, on ne parle donc que de ce qui va nous arriver, comme d’une fatalité. Enfermés dans des récits presque bibliques, dans l’attente d’une solution providentielle pour nous sauver de nous-mêmes.
Or il est une résolution relativement évidente que nous devrions prendre collectivement, en ce début d’année législative : refuser le mensonge. Arrêter de se mentir à soi-même, exiger qu’on nous dise la vérité. Prendre nos responsabilités, discuter, dialoguer, chercher des solutions à plusieurs.
Se rappeler enfin que l’on ne sortira pas de cette situation en devinant l’avenir, et profiter des élections législatives de 2026 pour montrer que nous sommes prêts à en répondre.
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