Face à l’émergence du mal, chacun de nous se pose des questions comme : pourquoi Dieu permet-il le mal ? Et comme il est tout-puissant pourquoi n’agit-il pas ? Vu la complexité de ce sujet et l’insuffisance des réponses cléricales, chacun réagit à sa manière et cela en dit long sur sa vision de Dieu.
Dans un premier temps, la personne, me semble-t-il, garde un certain contact avec Dieu, en montrant une certaine incompréhension de la situation dans laquelle elle se trouve. On entend alors le fameux refrain se répéter : « Continue à espérer. » Comme si cet espoir n’est qu’un opium pour faire oublier aux gens leurs soucis quotidiens. Mais après ? Lorsque le mal perdure et engendre d’autres maux, à l’instar de la pandémie, l’explosion du port et la mort des innocents, peut-on toujours continuer à parler d’espoir et rester optimiste ? Deux réactions peuvent alors être envisagées.
La première consiste à revenir vers Dieu. Ainsi, même des personnes qui, à un moment donné, lui ont tourné le dos et sont devenues non pratiquantes, face au mal, on les voit prier et renouer la relation avec lui. Les plus pratiquants, de leur côté, multiplient les prières, bien qu’elles paraissent parfois non exaucées, du fait que le mal se développe. Ces personnes, qu’elles soient déjà pratiquantes ou non, adoptent le même comportement : retourner vers Dieu. Mais dans quel but ?
Ces individus, face à une situation insurmontable, se réfugient auprès de Dieu pour se protéger des dangers de la nature. C’est un comportement qui provient du besoin et de la nécessité, pour se défendre contre la nature. C’est comme si le rôle de Dieu était « d’exorciser les effrois, réconcilier avec la crainte du destin et dédommager des souffrances » comme le note Freud dans L’Avenir d’une illusion. La religion paraît ainsi un somnifère ou un « pharmakon » qui rassure les gens. Cela montre que, pour certains, la pratique religieuse est guidée par l’intérêt d’être protégé ou récompensé.
En parallèle, si cette catégorie choisit de garder sa foi et d’attendre que ses supplications soient exaucées, d’autres, face à cette même situation, choisissent de rompre toute relation avec Dieu à cause de sa passivité. Ils rejoignent ainsi Mackie et d’autres philosophes qui voient une incompatibilité entre Dieu et le mal, car si Dieu est vraiment tout-puissant et parfaitement bon, il aurait pu épargner le monde de tous les maux, alors que la réalité montre le contraire.
Face à cette grande incompréhension, où ni prière ni dévotion ne semblent mettre fin à ce malheur, l’homme a l’impression que Dieu ne l’écoute plus, soit pour le châtier, soit car il n’est pas tout-puissant. Dans les deux cas, certains refusent de croire à un tel Dieu, d’où l’abandon de la foi et la fameuse formule de Nietzche : « Dieu est mort. »
La manière d’agir face au mal révèle notre manière de concevoir Dieu. Ces réactions qui se rapprochent parfois de l’athéisme sans le vouloir défigurent l’image du Dieu des chrétiens. Elles révèlent surtout une faiblesse au niveau de la pastorale, car ces personnes ont besoin d’être écoutées pour redresser leur relation avec Dieu. Ainsi, les uns auront besoin d’ajouter plus de raison à leur religiosité naturelle, les autres à trouver des réponses à leurs questions, dans le seul but d’accepter l’existence de Dieu, indépendamment de tout besoin.
Un sujet qui s’avère être de plus en plus urgent, vu l’instrumentalisation de la religion par certains dirigeants qui se disent chrétiens, se vantent d’allumer un cierge à la messe de Noël ou de protéger les chrétiens persécutés, alors qu’ils foutent la guerre et le chaos aux quatre coins du monde.
Ainsi, une fois cette problématique clarifiée, on pourra vraiment chanter : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »
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Et si Nietzche avait raison? Ça répondrait à la question.
11 h 53, le 03 janvier 2026