Le maire élu de New York, Zohran Mamdani, s'exprime lors d'une conférence de presse à l'hôpital Elmhurst, dans le quartier du Queens, le 30 décembre 2025. Il prêtera serment le 1er janvier 2026. Photo Timothy A.Clary / AFP
Zohran Mamdani s'apprête à prendre officiellement mercredi à minuit la mairie de New York, où de nombreux défis attendent ce démocrate de 34 ans élu sur d'ambitieuses promesses de gauche et une opposition frontale à Donald Trump.
Au moment où des dizaines de milliers de personnes célèbreront le passage à la nouvelle année sur Times Square, c'est dans une historique station de métro désaffectée de Manhattan desservant autrefois l'hôtel de ville que le nouvel édile prêtera serment.
Le choix du lieu, chef d'oeuvre architectural datant de la création du métro en 1904, ne doit rien au hasard pour cet élu qui y voit le symbole d' »une ville qui osait être à la fois belle » et « capable de transformer la vie des classes laborieuses ».
Le nom de celle qui lui fera prêter serment n'est pas moins anodin: Letitia James, procureure générale de l'Etat de New York, ennemie intime de Donald Trump dont elle avait obtenu la condamnation en 2024 dans une vaste affaire de fraudes.
Le président américain a depuis lors tenté de la faire inculper à plusieurs reprises, en vain.
Cette cérémonie d'investiture en petit comité sera suivie d'une autre jeudi à la mi-journée à l'hôtel de ville, présidée par deux figures de la gauche américaine, le sénateur Bernie Sanders et la représentante Alexandria Ocasio-Cortez.
Des dizaines de milliers de personnes sont attendues à cette occasion pour une grande « fête de quartier », avec retransmissions sur écrans géants, musiques et performances le long de Broadway.
Elu le 4 novembre sur un programme d'opposition franche au président américain, notamment sur l'économie et l'immigration, Zohran Mamdani s'est depuis lors rendu à la Maison Blanche pour un échange étonnamment chaleureux entre les deux hommes, qui ont fait assaut d'amabilités.
Gel de loyers
Donald Trump a-t-il pour autant remisé ses menaces, faites pendant la campagne, d'envoyer la Garde nationale à New York ou de couper les subventions fédérales à la ville ?
« Si demain Stephen Miller (proche conseiller de Donald Trump) ou JD Vance (...) suggèrent au président d'envoyer plus de policiers de l'immigration à New York, il le fera », estime auprès de l'AFP Lincoln Mitchell, professeur de sciences politiques à l'université Columbia.
En outre, les électeurs du nouveau maire « attendent réellement » que ce dernier s'oppose fermement à la Maison Blanche.
Jeune élu local de l'arrondissement du Queens sans longue expérience politique, Zohran Mamdani aura par ailleurs fort à faire pour mettre en oeuvre ses promesses de campagne, qui ont suscité une grande attente.
Membre de la petite formation des Socialistes démocrates d'Amérique (DSA), il a bâti l'essentiel de son programme autour du coût de la vie, devenu prohibitif pour une partie des 8,5 millions d'habitants de New York, notamment le logement.
Son prédécesseur Eric Adams, dont le bilan a été entaché par des accusations de corruption, s'est employé à en compliquer une mesure phare, le gel des loyers de plus d'un million d'appartements, en nommant ou renommant plusieurs proches au comité chargé d'en décider.
Les modalités des autres promesses de Zohran Mamdani - construction de 200.000 logements abordables, garde d'enfants accessible à tous, supermarchés publics à bas prix, gratuité des bus - ne sont pas encore connues. Mais il devra sans tarder faire des annonces pour les lancer.
Premier maire musulman de New York et soutien de longue date de la cause palestinienne, extrêmement critique sur Israël, l'élu se sait étroitement surveillé sur la question de l'antisémitisme.
Depuis son élection, une de ses recrues a démissionné après la découverte de tweets antisémites qu'elle avait postés dans sa jeunesse.


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