Montage L'Orient-Le Jour
Avec la fin d’année vient le temps des rétrospectives. L’Orient-Le Jour remonte le fil de l’actualité libanaise et régionale de ces douze derniers mois et vous propose de relire quelques articles ayant raconté les moments marquants de l’information en 2025.
Au Liban
Cette année aura été (un peu) moins tumultueuse que la précédente au Liban, 2024 ayant été particulièrement marquée par la guerre entre le Hezbollah et Israël.

L'an 2025 s’est ainsi tout d’abord ouvert sur l’élection à la présidence du général Joseph Aoun, le 9 janvier, mettant fin à une vacance présidentielle de plus de deux ans.
Le président nomme par la suite Nawaf Salam, alors président de la Cour internationale de justice, comme Premier ministre, le 13 janvier, qui est investi avec son gouvernement dès le 8 février.
Ce même mois se tiennent les funérailles de l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué dans un bombardement israélien massif sur la banlieue sud de Beyrouth le 27 septembre 2024. Le 24 février, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent aux alentours de la Cité sportive de la capitale pour assister aux obsèques.
Côté institutionnel, les nominations vont bon train pour écrire la nouvelle page qui s’ouvre pour le Liban. Après le long règne de Riad Salamé, roi déchu de la finance libanaise suite à un mandat quatre fois renouvelé, Karim Souhaid devient le 27 mars le sixième gouverneur de la Banque du Liban. Sa candidature pour l’un des postes les plus convoités de la République, portée par Joseph Aoun, s'est faite contre la volonté du Premier ministre.
Avril a marqué cette année les 50 ans du déclenchement de la guerre civile libanaise. Quand commence-t-elle ? Quand s’arrête-t-elle ? Qu’en disent ceux qui y ont pris part ou ceux qui sont nés après ? Pour l’occasion, L’OLJ a consacré un dossier thématique de ce conflit et des « événements » ayant façonné l’histoire contemporaine du pays et de la région, en mots, en images et en son.

Cible de toutes les tractations politiques et des rumeurs de report, les élections municipales ont eu lieu dans tout le pays courant mai. Cette échéance avait été reportée d’année en année depuis 2022 par le Parlement à cause de la crise socio-économique, puis par la guerre en 2024. Même si toutes les régions ont été particulièrement suivies, le scrutin tenu à Beyrouth avait suscité quelques crispations…
Alors que l’été suivait son cours ensoleillé, l’artiste Ziad Rahbani disparaissait au matin du 26 juillet. Fils de l’icône Feyrouz et du compositeur Assi Rahbani, il était une voix libre et engagée. Deux jours plus tard, le pays entier faisait ses adieux au musicien alors que Feyrouz apparaissait en public, fait particulièrement rare ces dernières années. Quelques mois plus tard, le 21 novembre, la diva fêtait ses 90 ans.
La rentrée, début septembre, était centrée sur le plan de désarmement du Hezbollah en particulier, et plus généralement sur le monopole des armes aux mains de l’État. Le 5 septembre, l’armée présentait ainsi sa feuille de route comprenant cinq étapes, commençant au sud du fleuve Litani, puis au nord, avant de se poursuivre à Beyrouth et sa banlieue, la Békaa et l’ensemble du pays. Ce désarmement était une des conditions imposées par le cessez-le-feu en vigueur depuis le 27 novembre 2024 entre le Hezbollah et Israël, bien que quotidiennement violé par l’État hébreu.
Au Liban, l’année s’est clôturée par un moment suspendu lors de la visite du pape Léon XIV, du 30 novembre au 2 décembre. Ayant pris la suite de François le 8 mai suite à sa mort en avril, Léon XIV, premier pape de nationalité américaine, s’est notamment rendu sur la tombe de saint Charbel au monastère de Annaya. Le pape a également prié sur le site de l’explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020 avant de mener une grand-messe sur le front de mer de la capitale.

À « L'OLJ »
Au Liban toujours, mais cette fois-ci au sein de L’OLJ, l’année 2025 aura été riche en nouveautés. La rédaction a lancé en août son mini-site consacré à la cuisine libanaise, nommé « À table », où l’on retrouve recettes, entretiens de chefs et belles histoires gourmandes. En septembre s’est tenu le premier festival du journal, initialement prévu en 2024 pour fêter son centenaire. L’événement, véritable succès, a permis de réunir des figures politiques, artistiques et engagées. Enfin, le 10 novembre, Rima Abdul Malak a pris ses fonctions en tant que directrice exécutive du groupe, succédant à Fouad Khoury-Hélou.
Dans la région
Avec l’investiture de Donald Trump à la présidence américaine le 20 janvier, l’actualité régionale a rapidement bouillonné cette année. Le 27 février en Turquie, le chef du PKK, Abdullah Öcalan, appelait son parti à déposer les armes et à se dissoudre. L’appel, historique, a eu des conséquences de taille pour toute la région.
Du 13 au 24 juin, l’Iran et Israël se faisaient directement face au cours de la guerre ouverte des douze jours. Déclenché par des frappes israéliennes sans précédent contre des sites militaires et nucléaires iraniens, le conflit a pris fin sous la pression de Donald Trump. Le 22 juin à l’aube, celui-ci avait ordonné des frappes avec des bombes souterraines GBU-57 sur les trois principaux sites d’enrichissement d’uranium du programme nucléaire iranien, à Ispahan, Natanz et Fordo, que seule l’aviation américaine était capable d’atteindre.
Le 21 septembre, le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada et le Portugal reconnaissaient officiellement l’État de Palestine, à la veille d'une Assemblée générale des Nations unies, durant laquelle la France, le Luxembourg, Malte, Monaco, Saint-Marin et Andorre sautaient également le pas. Pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son allié américain Donald Trump, cette reconnaissance était « une récompense pour le Hamas ».
Dans la nuit du 8 au 9 octobre, deux ans et deux jours après le début de la guerre à Gaza qualifiée de « génocidaire » par une commission de l’ONU, Israël et le Hamas parvenaient à un accord sur la première phase du plan de Donald Trump pour ramener la paix dans l’enclave palestinienne. Pendant 733 jours, 67 000 personnes ont perdu la vie et 78 % du bâti a été détruit. Le Qatar avait même été ciblé au cours du conflit par des frappes israéliennes à Doha visant des responsables du Hamas, le 9 septembre. À l’occasion du cessez-le-feu dans l’enclave palestinienne, L’OLJ avait recueilli les témoignages de Gazaouis.
Le 8 décembre, la nouvelle Syrie fêtait son premier anniversaire : un an sans le régime Assad depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmad el-Chareh. Plus d’une dizaine de journalistes de L’OLJ sont allés en Syrie au cours de l’année pour couvrir les changements d’un pays encore morcelé et instable. Pour les minorités, sur le plan géopolitique ou encore en économie, tout est à rebâtir. Les signaux positifs sont visibles : la loi César, paquet de sanctions contre le régime Assad, est en passe de disparaître complètement ; Ahmad el-Chareh a rencontré Donald Trump à la Maison-Blanche à Washington en novembre, étant désormais rayé de la liste noire américaine des terroristes. Mais les défis restent nombreux et les dossiers entre le Liban et son voisin brûlants, à l'image de celui des détenus et disparus libanais en Syrie.














Wow... quelle année !!
15 h 04, le 01 janvier 2026