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Lifestyle - Mode

Entre humour et fierté libanaise, des sweats qui soignent de l’exil

C’est l’histoire d’un adolescent qui a compris l’envie de ses compatriotes expatriés d’être reconnus en tant que libanais. De sa chambre de collégien, à Boston, il crée un produit qui essaime désormais à travers le globe.

Entre humour et fierté libanaise, des sweats qui soignent de l’exil

Elias Audy présentant un sweat-shirt où l'on voit le slogan « 10452 km2, pas un de moins ». Photo tirée de son compte Instagram

Le mal du pays n’est pas une coquetterie. Les expatriés vous le diront : c’est une vraie maladie que même des retours fréquents peinent à guérir. Porter le Liban dans son cœur ne suffit pas. Un collégien libanais de Boston, Elias Audy, 17 ans, l’a compris : il faut que le pays natal vous enveloppe, vous prenne dans ses bras, vous réchauffe, vous raconte. Il faut qu’il vous signe, qu’il vous dise, s’inscrive sur votre dos, sur votre poitrine. Et voilà, vous vous autorisez ce frisson de fierté quand on vous reconnaît libanais et vous vous sentez un peu mieux. D’où son idée de créer une petite entreprise maison : Lebanon Apparel, dans l’esprit d’American Apparel, cette marque de vêtements informels inspirée de l’art de vivre à Los Angeles.

Découpés dans un coton épais, les sweats affichent une qualité supérieure. Photo tirée du compte instagram @eliasaudy
Découpés dans un coton épais, les sweats affichent une qualité supérieure. Photo tirée du compte instagram @eliasaudy

Le jeune homme ne cherchait pas à créer une marque internationale de street-wear. Il voulait apporter un supplément de reconnaissance aux étudiants et autres expatriés de la communauté libanaise, une visibilité qui rapproche les uns des autres des gens qui ont du mal à parler de leur nostalgie commune. Ni atelier, ni magasin, ni même connaissance du design, du marketing ou du service de vente. Il va tout apprendre seul et opérer à partir de sa chambre d’étudiant. « Je n'avais aucune expérience dans la mode ou les affaires. Je voulais simplement créer quelque chose qui rende les Libanais du monde entier fiers de leurs origines », explique-t-il à la journaliste Adella Beaini dans une interview publiée sur sa page Instagram. « J'aimerais que les gens sachent à quel point les Libanais sont chaleureux et aimants. J'aimerais qu'ils voient toute la beauté que recèle encore ce pays, malgré toutes les difficultés qu'il traverse. Le Liban ne se résume pas aux gros titres. C'est un pays plein de vie, de fierté et de force », ajoute-t-il.

« République libanaise », lit-on, en français, anglais et arabe sur un sweat-shirt à capuche estampillé du cèdre officiel rainuré comme une empreinte digitale, dans une mise en page imitant la couverture du passeport libanais. « Beirut », lit-on sur la poitrine, et nul n’ignore l’effet que produit le nom de la ville, la force et la magie qu’il évoque. Sur un autre modèle, on lit en anglais : « Elle a dit, ce sera moi ou le Liban. Parfois, elle me manque ». Ailleurs, le vêtement affiche un chiffre que tout Libanais connaît par cœur : « 10 452 km2, pas un de moins ». « Be proud » (sois fier), lit-on encore sur une silhouette de la carte du Liban. Découpés dans un coton épais, les sweats affichent une qualité supérieure.

« J'aimerais que les gens sachent à quel point les Libanais sont chaleureux et affectueux. J'aimerais qu'ils voient toute la beauté que le pays recèle encore, malgré tous les défis. Le Liban est plus que les gros titres. Il est plein de vie, de fierté et de force », dit celui dont la foi en son pays est contagieuse. Si contagieuse, d’ailleurs, qu’elle porte sa petite entreprise aux confins de la terre. Trente-trois pays sont déjà atteints de la Lebanon Apparel mania qui, à ce stade, n’est plus une simple marque de vêtements mais un véritable cri de ralliement. Elias Audy voulait « célébrer son héritage ». Mais le voilà qui l’incarne, toujours ému, lors des visites universitaires auxquelles il participe, de voir des étudiants porter ses créations. Ce sentiment d’irréalité le pousse à développer son initiative pour mieux la consolider, mais son concept, lui, est bien concret et rallie toute une génération de Libanais fiers de leur identité et heureux de l’afficher.

Le mal du pays n’est pas une coquetterie. Les expatriés vous le diront : c’est une vraie maladie que même des retours fréquents peinent à guérir. Porter le Liban dans son cœur ne suffit pas. Un collégien libanais de Boston, Elias Audy, 17 ans, l’a compris : il faut que le pays natal vous enveloppe, vous prenne dans ses bras, vous réchauffe, vous raconte. Il faut qu’il vous signe, qu’il vous dise, s’inscrive sur votre dos, sur votre poitrine. Et voilà, vous vous autorisez ce frisson de fierté quand on vous reconnaît libanais et vous vous sentez un peu mieux. D’où son idée de créer une petite entreprise maison : Lebanon Apparel, dans l’esprit d’American Apparel, cette marque de vêtements informels inspirée de l’art de vivre à Los Angeles.Découpés dans un coton épais, les sweats affichent une qualité...
commentaires (1)

Bravoooo grâce à vous tous jeunes libanais expatriés ou non notre cher Liban se remettra de tous ses maux. Faut seulement qu’un maximum de jeunes rentrent au pays et soient capables de déloger la pourriture de nos dirigeants au pouvoir et enfin d’assurer la continuité avec des gens de valeur et intègres. Tout est possible faut y croire !

Khoury-Haddad Viviane

18 h 25, le 26 décembre 2025

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Commentaires (1)

  • Bravoooo grâce à vous tous jeunes libanais expatriés ou non notre cher Liban se remettra de tous ses maux. Faut seulement qu’un maximum de jeunes rentrent au pays et soient capables de déloger la pourriture de nos dirigeants au pouvoir et enfin d’assurer la continuité avec des gens de valeur et intègres. Tout est possible faut y croire !

    Khoury-Haddad Viviane

    18 h 25, le 26 décembre 2025

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