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Moyen-Orient - Conflit

Quelques avancées en coulisses vers la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza

L'administration américaine tient à passer rapidement à la prochaine étape du plan Trump dans l'enclave palestinienne.

Quelques avancées en coulisses vers la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza

Un immeuble résidentiel partiellement détruit durant la guerre, à Gaza-ville, le 14 décembre 2025. Dawoud Abu Alkas/Reuters

La deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza, telle que présentée dans le plan Trump, devrait débuter en janvier, probablement dans la première ou deuxième semaine du mois, a affirmé Bishara Bahbah au quotidien saoudien Asharq Al-Awsat. Fondateur de l’organisation « Arabo-Américains pour la paix », l’homme est un fervent soutien de Donald Trump et a officieusement servi de médiateur entre Washington et le Hamas. Alors qu’un otage israélien mort doit encore être rendu par le mouvement islamiste en échange de 15 corps de Palestiniens, les discussions sur la deuxième phase se heurtent à des difficultés d’application. La cinquième visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington le 29 décembre, devrait être décisive pour permettre d’aplanir les différences, alors que s’accentue la pression américaine pour passer à la suite.

Le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre dernier a certes vu les troupes israéliennes se retirer de l’ouest de l’enclave - pour en contrôler encore plus de la moitié. Mais la phase qui suit prévoit un nouveau retrait israélien le long d’un périmètre de sécurité, alors que les forces de l’État hébreu jouent avec la Ligne jaune censée délimiter leur présence et contrôle sur le territoire palestinien. À leur place, une Force de stabilisation internationale (ISF) devrait se déployer, pour garantir l’ordre, la sécurité, voire le désarmement du Hamas. De quoi créer des réticences parmi les pays approchés pour y participer. La bande de terre devrait en outre être dirigée par un comité technocratique palestinien, lui-même supervisé par un conseil d’administration international, lui-même au-dessous du « Conseil de la Paix », que présiderait le président américain Donald Trump en personne.

Une structure de gestion en place

Selon Bishara Bahbah, les préparations pour gérer Gaza seraient presque terminées, le ministre palestinien de la Santé, Majed Abu Ramadan, émergeant d'après lui comme la personne qui pourrait diriger le comité palestinien, dont 42 candidats auraient été approuvés par le Hamas, le Fateh et l’Egypte. En ce qui concerne le conseil d’administration international, l’envoyé américain Steve Witkoff, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, et l’ancien directeur du renseignement national Richard Grenell, devraient y siéger aux côtés également de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, et du diplomate bulgare Nickolay Mladenov, pressenti pour diriger l’organe. Pour le « Conseil de la Paix », le chef de l’État américain aurait parlé à de nombreux dirigeants susceptibles de l’y rejoindre, insistant sur l’engagement nécessaire à démontrer, sous la forme de financement, de fourniture de forces de sécurité, ou autre, d’après le médiateur palestinien-américain. Selon le Times of Israel, l’administration Trump aurait déjà assuré la participation des dirigeants égyptien, qatari, émirati, britannique, italien et allemand, sans que cela ne garantisse pour le moment un soutien supplémentaire.

Washington tenterait encore d’y inclure plus de leaders, notamment le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane (MBS), et le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Dans le quotidien Asharq Al-Awsat, Bishara Bahbah a en effet souligné, aux yeux des États-Unis, l'importance de la Turquie dans le dispositif d’après-guerre à Gaza pour assurer la stabilité de l’enclave, alors que le pays est le plus proche du Hamas et le plus capable d’engager le groupe sur la question de ses armes. Reste que Tel-Aviv s’oppose avec force à l’inclusion d'éléments turcs au sein de la Force de stabilisation internationale, Ankara ayant été très critique de la guerre génocidaire à Gaza et accueillant des dirigeants du Hamas. Les deux pays s’opposent par ailleurs sur de nombreux dossiers régionaux, notamment la Syrie. Selon un responsable israélien cité par le Times of Israel, la pression américaine devrait s’intensifier dans les prochaines semaines afin de lever le véto de l’Etat hébreu à l’implication de la Turquie dans le dossier gazaoui, pour accepter que Recep Tayyip Erdogan siège au « Conseil de la Paix » ou qu’Ankara fasse au moins partie de la structure de commandement de l’ISF, même sans troupes au sol.

L'épineux problème des soldats sur place

Sur la question de la force internationale à déployer dans l’enclave, une réunion s’est notamment tenue à Doha mardi 16 décembre sous l’égide du Centcom américain. Le but était entre autres de déterminer quels pays entendent contribuer, en termes de soldats, de forces de sécurité, d’entraînement des policiers palestiniens, de soutien logistique et technique, mais aussi comment s’effectuerait la coordination, un commandant américain pouvant prendre la tête de l’ISF, et où les forces seraient déployées. La plupart des pays prêts à participer refusent néanmoins tout rôle dans un processus de désarmement, visant surtout à assurer le retrait israélien de l’enclave en jouant le rôle de tampon entre les civils palestiniens et les forces israéliennes, a affirmé Bishara Bahbah. Ce dernier a laissé entendre que les dirigeants du Hamas avaient exprimé leur volonté de négocier leur désarmement, alors que certains leaders se sont dits prêts au gel de leurs armes. Si les pourparlers en ce sens entre le mouvement islamiste et les médiateurs arabes en sont à leurs débuts, les États-Unis ont souhaité rassuré leurs interlocuteurs, affirmant qu’il ne leur serait initialement pas demandé de se déployer dans la zone ouest de Gaza, encore sous le contrôle du Hamas, mais le long de la Ligne jaune.

Une réunion de suivi est prévue à Washington mi-janvier. Certains diplomates arabes et un responsable israélien cités par le Times of Israel ont néanmoins exprimé leur scepticisme face au désir de l’administration Trump de déployer l’ISF le même mois.

La deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza, telle que présentée dans le plan Trump, devrait débuter en janvier, probablement dans la première ou deuxième semaine du mois, a affirmé Bishara Bahbah au quotidien saoudien Asharq Al-Awsat. Fondateur de l’organisation « Arabo-Américains pour la paix », l’homme est un fervent soutien de Donald Trump et a officieusement servi de médiateur entre Washington et le Hamas. Alors qu’un otage israélien mort doit encore être rendu par le mouvement islamiste en échange de 15 corps de Palestiniens, les discussions sur la deuxième phase se heurtent à des difficultés d’application. La cinquième visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington le 29 décembre, devrait être décisive pour permettre d’aplanir les différences, alors que s’accentue la...
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