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Liban - Liban

« C'est un jour sacré » : les célébrations de l'anniversaire de la chute d'Assad s'étendent jusqu'au Liban

Plusieurs centaines de Syriens et de Libanais se sont rassemblés dans une ambiance festive dans le centre de Tripoli.

« C'est un jour sacré » : les célébrations de l'anniversaire de la chute d'Assad s'étendent jusqu'au Liban

Libanais et Syriens se rassemblent sur la place el-Nour à Tripoli pour fêter le premier anniversaire de la chute du régime Assad, le 8 décembre 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

« Tripoli et la Syrie ne font qu’un. » Alors que la fête a battu son plein dans la majeure partie de la Syrie ce lundi, plusieurs régions du Liban, en particulier celles à majorité sunnite, ont célébré à l'unisson le premier anniversaire de la chute du régime de Bachar el-Assad.

À Tripoli, capitale du Liban-Nord, les manifestations de joie entamées dimanche soir se sont prolongées tout au long de la journée ce lundi. Comme l'an dernier, la place al-Nour, dans le centre-ville, s'est drapée aux couleurs de l'étendard de la révolution syrienne, brandi par des dizaines, puis des centaines de Libanais et de Syriens rassemblés pour commémorer le renversement « du tyran ».

« Les Tripolitains sont aussi heureux que les Syriens »

« Ce jour est sacré, le plus beau de notre vie. Bachar, cet animal, est tombé », s'exclame Mohammad, 31 ans, originaire de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, arrivé au Liban en 2013. À l'image de nombre de ses compatriotes, il évoque naturellement ses innombrables proches morts ou disparus dans les geôles du parti Baas. « Chareh nous a aidés à panser nos plaies, nous sommes derrière lui à 1 000 %. Si Dieu le veut, il arrivera à nous unifier, toutes communautés confondues, et la Syrie sera reconstruite », poursuit-il, à propos du nouveau président syrien, dont un portrait est dressé sur la grande place de la ville.

« Il y a beaucoup de joie chez tous les Syriens. Personne ne peut décrire ce que l’on ressent », abonde Ibrahim, autre réfugié originaire de Deraa et venu de Beyrouth pour se joindre à la fête. « Nous sommes tellement heureux que les gens célèbrent avec nous à Tripoli. Cette ville a une place spéciale pour les Syriens, c'est comme s'il n’y avait pas de communautés », dit-il. « Tripoli, c’est une partie de nous, c’est notre deuxième pays. Les Tripolitains sont aussi heureux que les Syriens, car eux aussi ont souffert du régime », ajoute Fatmé, d'Alep, dont les parents ont été tués dans des bombardements pendant la guerre.

Un portrait de Ahmad el-Chareh, le nouveau président syrien, a été érigé dans le centre de Tripoli. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Un portrait de Ahmad el-Chareh, le nouveau président syrien, a été érigé dans le centre de Tripoli. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Comme beaucoup de Syriens encore présents au pays du Cèdre, la trentenaire confie être toujours dans l'attente de rentrer définitivement dans son pays d'origine, faute de certitude d'y trouver un toit dans l'immédiat. « Nous attendons la fin de l'hiver pour rentrer, car notre maison est à terre. Nous louerons quelque chose avant de pouvoir la reconstruire », explique-t-elle. « Nous sommes revenus à Tripoli il y a trois mois car notre maison est détruite et il y a très peu de travail. Ma famille est là, j’ai deux enfants, nous espérons bientôt pouvoir rentrer », renchérit Mohannad, d'Idleb, alors que plus de 400 000 réfugiés syriens ont quitté le pays du Cèdre sur l'année écoulée, selon les estimations du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Au milieu de la foule qui n'a cessé de s’épaissir au fil de la journée, quelques locaux se sont mêlés aux festivités. « Cela fait 14 ans qu’ils ont vécu la guerre. On est deux pays différents, mais on vit tous ensemble », raconte Hazar, 25 ans, originaire de Halba dans le Akkar, qui dit avoir séché les cours pour l'occasion. « Dans ma famille, nous avons grandi avec les histoires des souffrances subies pendant l’occupation syrienne (de 1976 à 2005, NDLR). Nous avons souffert avec eux de la cruauté des Assad. »

Autre trait d'union entre les sunnites des deux pays : Ahmad el-Chareh, qui fait aussi l'unanimité chez de nombreux Libanais. « Chareh a redonné de l’espoir aux Syriens et aux Libanais. C’est un leader qui a sauvé son peuple », enchaîne Dalal. « Nous sommes une seule famille, la plupart de mes amis sont syriens. Il y a des Libanais qui les ont maltraités. Nous présentons nos excuses au nom des Libanais qui n’avaient pas de principes », poursuit la jeune femme, résidant à Batroun.

Un couple de Libanais, vivant en Norvège, passe devant la foule. L’homme lâche : « La chute d'Assad, c'est comme le jour où Hitler est tombé. C'est un jour de gloire. »

« Tripoli et la Syrie ne font qu’un. » Alors que la fête a battu son plein dans la majeure partie de la Syrie ce lundi, plusieurs régions du Liban, en particulier celles à majorité sunnite, ont célébré à l'unisson le premier anniversaire de la chute du régime de Bachar el-Assad.À Tripoli, capitale du Liban-Nord, les manifestations de joie entamées dimanche soir se sont prolongées tout au long de la journée ce lundi. Comme l'an dernier, la place al-Nour, dans le centre-ville, s'est drapée aux couleurs de l'étendard de la révolution syrienne, brandi par des dizaines, puis des centaines de Libanais et de Syriens rassemblés pour commémorer le renversement « du tyran ».« Les Tripolitains sont aussi heureux que les Syriens »« Ce jour est sacré, le plus beau de notre vie. Bachar, cet animal, est...
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