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Politique - Cessez-Le-Feu Au Liban

Visite du Conseil de sécurité : l'inclusion du « Liban civil » au Mécanisme saluée, Berry dénonce des « négociations sous le feu »

Aoun appelle devant la délégation onusienne à soutenir l'armée libanaise, qui « protégera les citoyens dans toutes les régions et en particulier dans le Sud ».

Visite du Conseil de sécurité : l'inclusion du « Liban civil » au Mécanisme saluée, Berry dénonce des « négociations sous le feu »

Le président libanais, Joseph Aoun, recevant une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU, à Baabda, le 5 décembre 2025. Photo X / @LBPresidency

Une délégation de 15 représentants des pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, à laquelle s'est greffée l'émissaire américaine Morgan Ortagus, s'est entretenue vendredi avec les responsables libanais et a salué l'inclusion du « Liban civil » dans le comité de supervision du cessez-le-feu, après la nomination au sein de ce « mécanisme » de l'ambassadeur Simon Karam.

Commentant cette décision libanaise, Mme Ortagus a, elle, estimé que la réunion du mécanisme à Naqoura a été «meilleure» que les précédentes grâce aux civils libanais et israélien qui y ont participé. Le président de la Chambre, Nabih Berry, allié du Hezbollah, a pour sa part estimé qu'il est « inacceptable de négocier sous le feu » avec l'État hébreu, qui a bombardé à plus de quatre reprises jeudi le Liban-Sud.

Lors de son étape à Baabda, au premier jour de sa visite au Liban, la délégation onusienne, accompagnée du commandant de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), Diodato Abagnara, a exprimé son « soutien à la stabilité au Liban à travers l’application des résolutions internationales » et affirmé la « disponibilité des pays membres à aider au renforcement de l’armée libanaise, afin qu'elle complète son déploiement et fasse respecter le monopole des armes ». L’ambassadeur Samuel Žbogar, président en exercice du Conseil de sécurité, a indiqué que la visite constitue une « confirmation supplémentaire » de l'engagement des Nations unies envers Beyrouth et qu'elle a lieu au moment opportun, au vu de la situation dans le pays et la région. Il a dans ce cadre dit soutenir les « efforts diplomatiques » pour résoudre le conflit avec Israël, et a salué l'inclusion du «Liban civil» dans les discussions du Mécanisme.

Les remerciements de Aoun à Ortagus

De son côté, M. Aoun a informé la délégation que le choix des « négociations » avec Israël a été pris pour éviter « une nouvelle vague de violences », et non pour « satisfaire la communauté internationale ». Cette décision « répond avant tout à l'intérêt du Liban », a-t-il insisté, affirmant qu'il n'y aura pas de retour en arrière. Saluant le soutien de Morgan Ortagus dans cette démarche, il a souligné que les négociations visent à « mettre fin aux attaques israéliennes sur le territoire libanais, obtenir la libération des prisonniers en Israël, organiser le retrait des positions occupées et traiter des points litigieux le long de la Ligne bleue. » La réussite de ces discussions « dépend fondamentalement de la position d’Israël », a-t-il encore dit.

Le chef de l'État a ajouté que l'armée libanaise poursuit ses missions, dans le Sud et dans tout le pays, mais que l'occupation par Israël d'au moins cinq positions en territoire libanais l'empêche de poursuivre son déploiement. « Cela ne l’a toutefois pas empêchée de poursuivre ses missions et d’appliquer la résolution 1701 dans de vastes zones géographiques difficiles d’accès, ce qui exige du temps et des efforts importants », a-t-il ajouté.

La résolution 1701 du Conseil de sécurité avait mis un terme à la guerre de juillet 2006 entre le Hezbollah et Israël. C'est sur ce texte qu'est également basé l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024, après 13 mois de guerre entre les deux belligérants. À travers cet accord et la 1701, Beyrouth s'était engagé en août à récupérer le monopole de la force, et l'armée libanaise mène depuis septembre des opérations pour démanteler les infrastructures militaires du parti chiite au sud du Litani, sans que le principal concerné ne s'y oppose. Le Hezbollah refuse par contre de remettre son arsenal à la troupe dans le reste du territoire libanais tant qu'Israël n'a pas respecté sa part des modalités de la trêve.

Le soutien à l'armée nécessaire pour éviter un « retour au chaos »

Joseph Aoun a encore souligné que les missions de la troupe nécessitent un « soutien accru » pour éviter le « retour au chaos ». « Nous ne voulons pas revivre la guerre », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que « l'armée protégera les citoyens dans toutes les régions, en particulier dans le Sud ». Et de déclarer que l'armée et les habitants du Sud ont une « profonde relation » basée sur la confiance, et que le monopole des armes est un objectif « fondamental » et inéluctable, « même s'il demande du temps ». Le président libanais a en outre dit accueillir favorablement toute initiative d'un pays ou d'un autre qui souhaiterait maintenir tout ou partie de ses troupes dans le Sud après le retrait de la Finul prévu fin 2026.


Après cette réunion à Baabda, la délégation a été reçue à Aïn el-Tiné par le président de la Chambre Nabih Berry, qui a estimé qu'il « n’est pas permis et qu'il est inacceptable de négocier sous le feu ». Il a averti que la poursuite des attaques israéliennes risque de « raviver la guerre ». « La stabilité dans le Sud exige qu'Israël se conforme à la résolution 1701 et à l’accord de cessez-le-feu, en mettant fin à ses violations quotidiennes et en se retirant » du territoire libanais, a-t-il affirmé.

Une force sous l'égide de l'ONU après le retrait de la Finul ?

La délégation onusienne a en outre été reçue à déjeuner au Grand sérail par le Premier ministre, qui a à son tour insisté sur la nécessité de faire pression sur Israël pour qu'il respecte ses engagements au vu de l'accord de cessez-le-feu, selon un communiqué sur X de la présidence du Conseil des ministres. M. Salam a encore souligné l'engagement du Liban à étendre l'autorité de l'État sur l'ensemble de son territoire, avec « ses propres forces ». Nawaf Salam a en outre estimé que le Liban a besoin de disposer d'une « force de soutien des Nations unies, après l'expiration du mandat de la Finul, afin de combler tout vide éventuel et de contribuer au renforcement de la stabilité dans le Sud ». Il a suggéré que cette force pourrait opérer sous l'égide de l'ONUST, l'organisme onusien chargé de la surveillance de la trêve, ou bien être constituée d'une force de maintien de la paix, similaire par son mandat et son contrôle des frontières à la FNUOD déployée sur le plateau du Golan.

Le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a pour sa part exprimé sa reconnaissance pour le soutien constant au Liban de l’ONU et du Conseil de sécurité, ainsi que pour les sacrifices consentis par la Finul et ses soldats au cours des dernières années. Il a ajouté que « des discussions sont en cours pour définir l’avenir de la mission de l'ONU dans le pays ». Le ministre a par ailleurs insisté sur la nécessité pour Israël « de mettre fin à ses agressions contre le Liban » et de « se retirer immédiatement et sans condition des territoires occupés ». Il a insisté sur le fait que le gouvernement libanais reste « déterminé à exercer son autorité sur l’ensemble du territoire national et qu’il est le seul responsable de la défense du pays ».

Concernant les armes du Hezbollah, M. Raggi a précisé que la décision du gouvernement d’exercer son monopole sur les armes « n’a pas pour objectif de satisfaire un acteur extérieur, mais relève de l’intérêt national », afin de construire l’État et de lui permettre de contrôler pleinement son territoire. Il a insisté sur l’importance « de privilégier les solutions diplomatiques », après que les options militaires ont montré leurs limites dans la défense du Liban et la dissuasion des attaques israéliennes.

Simon Karam a « fait bonne impression »

Après sa réunion avec M. Berry, Mme Ortagus, qui ne s'était pas exprimée depuis Baabda, a affirmé que l'ambassadeur Simon Karam, nommé mercredi par le président Joseph Aoun, était « impressionnant » et avait « fait bonne impression ». « La réunion du Mécanisme a été meilleure grâce à l'inclusion de civils », a-t-elle dit.

Le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, a reçu la délégation dans son bureau à Yarzé. Selon l’ANI, « un bref exposé a été présenté sur (...) les moyens de consolider la stabilité au Liban, ainsi que sur le travail de l’armée pour mettre en œuvre la première phase de son plan dans le secteur sud du Litani, conformément au calendrier prévu ».

Outre les réunions prévues avec les responsables libanais, la délégation doit effectuer une visite de terrain au quartier général de la Finul à Naqoura et une série de rencontres auprès des agences onusiennes. Le représentant permanent du Liban à l’ONU, Ahmad Arafa, avait évoqué à L’Orient-Le Jour il y a une semaine une mission « déterminante pour l’avenir du maintien de la paix au Liban ». La délégation s’était rendue jeudi en Syrie, où elle a promis le soutien de la communauté internationale à ce pays ravagé par plusieurs années de guerre.

Commentant pour sa part le dossier libanais, lors d'une conférence à Abou Dhabi et dans des propos repris par SkyNews Arabia, l'envoyé américain en Syrie Tom Barrack a exprimé vendredi sa « profonde inquiétude » quant au risque d'une reprise de la guerre au Liban et estimé « impossible » de désarmer le Hezbollah « par la force ». Il a ajouté que « le nouvel ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, saura orienter le Hezbollah vers un dialogue au niveau des civils ». M. Barrack a été mis à distance du dossier libanais ces derniers mois après plusieurs sorties polémiques et suite à la nomination d'un nouvel ambassadeur américain à Beyrouth.

Le site Jewish Insider avait rapporté il y a deux jours qu’un groupe de membres du Congrès américain, issus des deux partis, républicain et démocrate, avait adressé une lettre au président libanais Joseph Aoun et au Premier ministre Nawaf Salam, les appelant à agir d’urgence pour désarmer le Hezbollah, conformément à l’accord de cessez-le-feu. « L’époque des promesses vides est révolue, écrivaient-ils. Les obligations du Liban au titre du cessez-le-feu sont claires, tout comme les risques d’un nouveau retard… Les États-Unis auront de plus en plus de mal à justifier la poursuite de leur soutien à un gouvernement qui refuse de remplir ses engagements et permet à une organisation terroriste de façonner son avenir. »

Une délégation de 15 représentants des pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, à laquelle s'est greffée l'émissaire américaine Morgan Ortagus, s'est entretenue vendredi avec les responsables libanais et a salué l'inclusion du « Liban civil » dans le comité de supervision du cessez-le-feu, après la nomination au sein de ce « mécanisme » de l'ambassadeur Simon Karam.Commentant cette décision libanaise, Mme Ortagus a, elle, estimé que la réunion du mécanisme à Naqoura a été «meilleure» que les précédentes grâce aux civils libanais et israélien qui y ont participé. Le président de la Chambre, Nabih Berry, allié du Hezbollah, a pour sa part estimé qu'il est « inacceptable de négocier sous le feu » avec l'État hébreu, qui a bombardé à plus de quatre reprises jeudi...
commentaires (7)

Apparemment Berry aurait préféré négocier avec le feu de ses alliés pour continuer de saccager le pays à leur aise. Tout ne va plus comme il veut, alors il monte sur ses grands chevaux à présent éclopés pour montrer qu’il existe encore et qu’il faut compter sur ses roublardises et sa nouvelle amitié avec notre nouveau chef d’état pour aboutir à ses fins mortifères. Non, Berry ne veut des négociations que si elles sont chapeautées et dirigées par lui et lui seul.

Sissi zayyat

14 h 15, le 06 décembre 2025

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Commentaires (7)

  • Apparemment Berry aurait préféré négocier avec le feu de ses alliés pour continuer de saccager le pays à leur aise. Tout ne va plus comme il veut, alors il monte sur ses grands chevaux à présent éclopés pour montrer qu’il existe encore et qu’il faut compter sur ses roublardises et sa nouvelle amitié avec notre nouveau chef d’état pour aboutir à ses fins mortifères. Non, Berry ne veut des négociations que si elles sont chapeautées et dirigées par lui et lui seul.

    Sissi zayyat

    14 h 15, le 06 décembre 2025

  • Berry ne surprend personne dans ses discours contradictoire. Il veut vendre à chacun ce qu’il veut acheter et se positionner à nouveau comme seul interlocuteur. Si les états amis n’ont toujours pas compris qu’il faut le sanctionner pour parvenir à la paix sans tarder c’est qu’ils sont complices de cette milice vendue qui ne donnerait pas chère de leur peau une fois les concessions leur seront accordées. Vous voilà prévenus. C’est n’est pas comme s’ils étaient à leur première tentative de roulage dans la farine de tous ceux qui ont eu la naïveté de croire en leur parole.

    Sissi zayyat

    12 h 02, le 06 décembre 2025

  • Et maintenant on finit de vendre le pays aux intérêts financiers américains, israéliens et que vive la nouvelle ère de corruption avec les mêmes élites, sans aucun contre-pouvoir, et que crève une partie de la population. Et qu’on liquide les millions de Palestiniens dans la région. Vive les États génocidaires et l’Administration Trump!

    Nonsense

    10 h 22, le 06 décembre 2025

  • MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES YOUSSEF RAGGI ..... son absence est plus que notee ! son absence est plus que desolante ! son absence est plus que qu'irritante !

    L’acidulé

    10 h 01, le 06 décembre 2025

  • Le président l’a dit, des négociations pour éviter une nouvelle vague de violence. Ceux qui subissent directement cette vague de violence sont les mêmes qui la suscitent en ne rendant pas leurs armes comme ils se sont engagés. Tout le monde nous le dit maintenant. Le doute n’est plus possible, même pour ceux qui insistent pour faire des concessions stériles aux récalcitrants. Ce n’est pas comme ça qu’on protégera les malheureux sudistes. Les événements l’ont suffisemment démontré.

    Goraieb Nada

    07 h 49, le 06 décembre 2025

  • Le mafieux du perchoir déclare : « n’est pas permis et qu'il est inacceptable de négocier sous le feu », ils ont avec ses amis mafieux choisis et imposé cette guerre à tous les Libanais et contre leur volonté, qu'ils en payent le prix, etv rien ne sert de vociférer comme l'entubant en ce moment ... ils n'ont fait que vendre le Liban à l'Iran en nous racontant leur salade habituelle de résistance, d'absence d'état...

    Zeidan

    16 h 50, le 05 décembre 2025

  • Notre état de fait se concentrer sur le désarmement de ce parti vendu avant d’exiger le retrait d’Israel, puisque tout indique que le parti se réarme pour reprendre le contrôle de notre pays avec des armes étrangères qui continuent de lui être offertes par les mollahs pour finir le travail. Comment compte t-il s’en sortir de ce piège?

    Sissi zayyat

    14 h 30, le 05 décembre 2025

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