L'émissaire américain Tom Barrack à Beyrouth le 26 août 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Tom Barrack, a de nouveau fait parler de lui avec une sortie qui a polarisé les réseaux sociaux. Dans un message à la presse en marge de la rencontre à New York entre le président américain Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, celui qui est également ambassadeur à Ankara a ainsi déclaré qu'il « n’y a pas de Moyen-Orient. Il n'y a que des tribus. »
« Des États-nations ont été créés par les Britanniques et les Français en 1916. Mais le Moyen-Orient ne fonctionne pas ainsi… Tout commence par l’individu, la famille, le village, puis la tribu, la communauté, la religion... enfin, la nation », a ainsi affirmé l'émissaire américain à des journalistes, et ses propos ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, a-t-il ajouté, il est difficile de « rassembler en pays 110 groupes ethniques différents ».
Les internautes étaient divisés sur ces propos, certains allant dans le sens du diplomate, lui-même d'origine libanaise, tandis que d'autres dénonçaient une vision « simpliste », voire « colonialiste ».
M. Barrack n'en est pas à sa première sortie. En août, au cours d'une conférence de presse au palais de Baabda au Liban, il avait suscité la controverse après avoir réprimandé des journalistes qui l’interrogeaient avec insistance. Il avait averti que si la situation tournait au désordre, devenait « bestiale », la délégation quitterait la salle, exhortant la presse à « se comporter de façon civilisée ». « Vous pensez que c’est amusant pour nous… de supporter cette folie », avait-il ajouté. Ses propos avaient entraîné de vives critiques au Liban et avaient été qualifiés, entre autres réactions, par le syndicat des journalistes de « traitement contraire aux règles de la bienséance et de la diplomatie ». Il s'était ensuite excusé et avait estimé que « le mot bestial n’a pas été utilisé par moi dans un sens péjoratif. »
L'émissaire US avait déjà créé du remous en juillet lorsqu’il avait affirmé que « si le Liban ne bouge pas, il retournera au Bilad al-Cham », en référence au terme géographique historique de la Grande Syrie, qui englobait la Syrie actuelle et les pays voisins. Ses propos étaient intervenus alors que perdurait l’impasse autour du désarmement du Hezbollah.



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